Le Blog Tibet du Comptoir des Soleils d'Argent

 Les dernières informations concernant le Tibet et le Peuple Tibétain

Dans ce "Blog Tibet", nous mettons à jour les dernières nouvelles concernant le Tibet, que ces informations concernent l'Europe, le Tibet ou d'autres pays ou réside une communauté Tibétaine. L'origine de nos informations sont: Le Bureau du Tibet  (équivalent d'une ambassade ou d'un consulat pour les nations qui ont un Pays), le CTA (Central Tibetan Administration) à Dharamsala (lieu d'exil du gouvernement tibétain), le Kashag (Cabinet des ministres) leTYC (Tibetan Youth Congress), International Campaign for Tibet (ONG Américaine, président Richard Gere),.., les médias occidentaux... Nous avons classé les informations de la plus récente à la plus ancienne. Bonne lecture...Et bonnes actions pour le Tibet et le peuple Tibétain si vous vous sentez invités à le faire!

 

 

                                                                                            Droits de l'Homme au Sichuan Mars 2019

 

 Les Tibétains doivent faire face à un block out total à YACHEN GAR à Dzamthang 

  
Tourists walk in the Barkor in the center of Tibet's regional capital Lhasa in a file photo.

 

Les autorités de la province du Sichuan dans l’Ouest de la Chine ont resserré les contrôles concernant les résidants de ce comté largement peuplé de Tibétains lors du 60éme anniversaire du 10 Mars 1959 qui commémore le soulèvement du peuple tibétain contre la mainmise chinoise.

Les restrictions dans le comté de Dzamthang au Sichuan,Ngaba (chi Aba)dans la préfecture autonome du Tibet ont pris effet au début du mois avec des policiers chinois en arme et des officiels maintenant déployés dans les villages du comté afin d’en assurer la surveillance, a rapporté un résident au service tibétain de RFA le 7 Mars.

« Les officiels chinois ont également fait des visites impromptues et préventives dans les monastères de Dzamthang où les Tibétains du lieu sont tenus d’aviser les autorités ainsi que de fournir leurs photos avant tout déplacement. » source RFA (sous anonymat)

« Similairement, les personnes venant à Dzamthang de l’extérieur sont également tenus de s’enregistrer en précisant leur heure et date d’arrivée et de départ ainsi que les motifs de leur visite » et notre source d’ajouter « Les boutiques du village ont été dévalisées et les Tibétains interdit de vendre de l’essence ou du kérosène.»

Le monastère de Jonang à Dzamthang a été le lieu de plusieurs immolations en protestation contre la loi de Pékin appliquée aux zones tibétaines ce qui a entraîné l’accroissement des sévères restrictions déjà appliquées par les autorités chinoises dans la région. (Source : au cours de précédents rapports)

La police armée parade maintenant dans les villes et villages du comté afin de montrer leur force a rapporté un second tibétain à la RFA le même jour.

« Les officiels chinois ont été priés de garder les habitants sous stricte surveillance jour et nuit dans le comté, les cantons et même les sous districts »rapport de la même source toujours sous condition d’anonymat.

« Les officiels se sont arrêtés à plusieurs reprises dans le monastère aujourd’hui »

« Ils ont dit que le bonheur du peuple dépendaient directement de la sécurité de la nation et que donc il était demandé à tous d’être patriote et de respecter la loi. »

En attendant, une notice a été produite par les autorités chinoises dans le complexe tentaculaire de Yachen Gar au Sichuan, dans le comté de Palyul dans la région autonome du Tibet, à Kardze (ch Ganzi) appelant les résidents à obéir à la loi et de se plier aux contrôles d’identité.

Au cours des 30 dernières années, des milliers de moines et de nonnes « étaient totalement dévoués à leur pratique spirituelle et religieuse » à Yachen Gar, lieu où les autorités chinoises ont détruit, il y a deux ans, des centaines de cellules dans le but d’en réduire la taille.

« Cette année, la production de cette notice par les autorités chinoises ont jeté les dévots et les fidèles dans un grand désespoir en interférant dans leur liberté de culte.

https://www.rfa.org/english/news/tibet/clampdown-03072019151212.html

 

La Chine installe un nouveau type de surveillance au Tibet avant l’anniversaire de 1959

 

Des caméras de reconnaissance faciale installées dans les taxis à Lhassa avant le 10 Mars

Les autorités chinoises ont organisé l’installation de caméras de reconnaissance faciale dans 200 nouveaux taxis de la capital tibétaine Lhassa et ce, avant la commémoration du soulèvement du 10 Mars 1959. En provenance de Tibet Watch et de l’organisation chinoise d’état de l’actualité, rapporté par The Global Times.

Une compagnie de bus et de taxis à Lhassa ont lancé un nouveau type de voitures équipées de camera avec l’aide du Gouvernement chinois de Lhassa et du bureau de la circulation.

Ces caméras utilisent la reconnaissance biologique et un big data pour reconnaitre les conducteurs et vérifier leurs informations biologiques.

Le scan du visage de ces conducteurs de taxis est vérifié avant chaque voyage autorisant le démarrage de la voiture si la connexion entre le véhicule et le conducteur est parfaite. En cas contraire, une alarme se met en route.

Ces voitures équipées à la fois de reconnaissance faciale et de GPS permettent aux autorités de surveiller de près chaque conducteur. Cette surveillance inclus le repérage de conduite illégale ou d’autre activité comprenant la location de la voiture à quelqu’un d’autre ou de la tenue de conversations téléphoniques en conduisant.

« Si le conducteur s’avère ne pas être celui de la voiture concernée, nous retirerons la voiture du circuit, critiquerons et éduquerons ce conducteur coupable de location illégale. En cas de circonstances sérieuses, nous pourrons lui interdire la conduite ou même mettre fin à son contrat. »Cui Shaoyou, Vice Manager de la compagnie de transport au Global Times.

Le Global Time affirme que ces caméras qui ont été introduites avant le 10 Mars rendent les voyages plus sûrs et plus agréable pour les passagers.

Ces rajouts à la grille de système de surveillance et de sécurité déjà en activité à Lhassa, où préexistait déjà un large réseau de postes de police, accentuent les restrictions de voyage et les communications.

La Chine a également introduit un peu plus tôt dans l’année une nouvelle législation pour le réseau Internet qui en banni les courts métrages de discussions qui concerneraient par exemple l’indépendance du Tibet .Il existe une centaine de règles interdisant toute référence tel que les drapeaux réactionnaires, l’éclatement de la chine, l’indépendance de Taïwan, Xinjiang et Hong Kong, en plus du bannissement de certain matériel (Source : en partie de Tibet Watch.).

Source : https:/www.freetibet.org/news-media/na/china-installed-new-surveillance-tibet-ahead-1959-anniversary


 

Un ancien détenu politique tibétain a été secrètement condamné à 18 ans de prison et sa femme à 2 ans

 


 

Dharamsala : des nouvelles en provenance du Tibet font état de la condamnation à 18 ans de prison de Lodoe Gyatso, un ancien prisonnier politique de 57 ans ainsi que sa femme Gakiy condamnée à 2 ans l’année dernière, le 28 janvier, Lodoe Gyatso, alias Sogkhar Lodoe, après qu’il eut entamé une manifestation solitaire et non violente en face du Potala à Lhassa (Tibet) en proférant des slogans contre le gouvernement chinois.

Des nouvelles de la condamnation secrète de ce couple ont été révélées un an après que les autorités chinoises l’aient arrêté immédiatement après cette manifestation qui a entrainé sa détention arbitraire dans le Comté de Sog, préfecture de Nagchu.

Gakiy, sa femme, a quant à elle été condamnée à 2 ans de prison sous le prétexte d’avoir tourné une courte vidéo juste avant l’incident. Dans celle-ci, Lodoe Gyatso parle de son engagement envers la paix dans le monde et de la non-violence sous l’impulsion de Sa Sainteté le Dalaï Lama ; cette vidéo, ainsi que la nouvelle de son arrestation ont été connues par les Tibétains en exil en début 2018 et largement partagée sur les réseaux sociaux. Les informations de sa détention ne furent pas connues jusqu’à ce jour. C’est la troisième fois que Sogkhar Lodoe, prisonnier politique renommé, est condamné par les autorités chinoises ; il fut emprisonné pour la première fois en 1993 et condamné à 15 ans de prison sous l’accusation de crime « prémédité » à laquelle furent ajoutées 6 ans supplémentaires après qu’il eut manifesté dans la prison de Drapchi en 1995 en appelant à l’indépendance du Tibet et souhaitant longue vie à Sa Sainteté le Dalaï Lama, après quoi, les autorités locales ont tenté de le condamner à mort, mais grâce à l’intervention internationale, elles n’ont simplement pu que prolonger sa peine.

Il a été en prison pendant 21 ans à Drapchi (Lhassa), puis dans celle de Chushur, à l’extérieur de Lhassa. En prison, il a été régulièrement sujet à des tortures ; puis relâché pour des problèmes de santé en 2013, mais immédiatement condamné à résidence pendant 4 ans, jusqu’en mai 2017.

Lodoe Gyatso et Gakiy sont originaires du village de Sogkhar dans le Canton de Tsadog, Comté de Sog, Préfecture de Nagchu, dans la RAT (République Autonome du Tibet).

Source : https://tibet.net/2019/03/detained-former-tibetan-political-prisoner-secretly-sentenced-to-18-years-wife-10-2-years/

 

Dhondup Wangchen a obtenu le prestigieux trophée 2019 du courage au Sommet de Genève

 

Une coalition de 25 organisations des Droits de l’Homme au niveau planétaire a décidé de décerner ce prestigieux trophée international à Wangchen « pour avoir inspiré le monde par son courage dans sa défense de la liberté, la démocratie et les droits universels de l’Homme ».

Tourné juste avant les J.O. de Pékin en 2008, son documentaire appelé « Laissons la peur derrière nous », a donné au monde un précieux aperçu de la vie des Tibétains sous la brutale répression du parti communiste chinois.

Il a été condamné à 6 ans de prison lors desquelles il a été soumis à la torture, au travail forcé, à la discrimination systématique ainsi qu’au déni de tout traitement médical et de visites de sa famille.

Yang Jianli, dissident chinois et Président de « Initiative pour la Chine », a remis ce prix à Wangchen lors du Sommet annuel pour les Droits de l’Homme et de la Démocratie à Genève.

Les lauréats précédents de ce prix incluent le dissident Chen Guangchen, le blogger saoudien emprisonné Raif Badawi, le dissident russe Vladimir Kara-Murza et le leader d’opposition vénézuélien Antonio Ledezma.

« C’est grâce à votre soutien que je suis là aujourd’hui. Je n’avais jamais imaginé qu’un jour comme aujourd’hui puisse arriver lors duquel je pourrai finalement parler librement, respirer un air de liberté dans un monde libre. Cela me semble surnaturel de pouvoir me tenir là, en face de vous, d’accepter cet honneur et de partager avec vous tous mon expérience » a dit Wangchen lors de son discours.

Il a également exprimé sa profonde reconnaissance aux nombreuses ONG, aux groupes de soutien, aux divers gouvernements et aux individus qui ont sans relâche appelé à sa libération.

Wangchen en a appelé à la communauté internationale afin qu’elle soutienne la lutte des Tibétains. « Le courage dont vous avez fait montre hier a changé mon présent et le courage dont nous faisons montre aujourd’hui changera le futur des Tibétains » a-t-il ajouté.

Avant la cérémonie, Wangchen ainsi que d’autres orateurs, ont rencontré des diplomates Onusiens lors de réunions en petit comité, les ont informé de la situation critique des prisonniers politiques tibétains et demandé à ces derniers d’aborder le cas de prisonniers politiques spécifiques lors de leurs futures rencontres avec les représentant chinois.

Le Bureau du Tibet de Genève remercie ceux de Washington DC et d’Australie pour l’aide apportée à Dondhup Wangchen afin de faciliter sa visite à Genève.

Source : https://tibet.net/2019/03/dondhup-wangchen-wins-geneva-summits-prestigious-courage-award/

 

Le livre blanc chinois : Un autre essai afin de balayer soixante ans de loi anti-démocratique

 


 

Dans ce qui est considéré comme la tentative de balayer la tragique situation des Droits de l’Homme et la grave réalité du Tibet, la Chine a édité hier un « livre blanc » sur le Tibet intitulé « La réforme démocratique au Tibet : 60 ans ». Similaire aux « livres blancs » précédents, celui ci fait également référence à toutes les grandes choses que le parti communiste chinois a fait pour les Tibétains et ses succès dans la RAT lors des 60 années d’occupation illégale du Tibet.

Le Bureau de l’information du Conseil d’Etat chinois a publié ce livre blanc le jour précédent du « jour d’émancipation des serfs »_sandBox ,#sandBox vacances adoptées en 2009_sandBox ,#sandBox l’année exacte du début des immolations des Tibétains et l’année suivante de la vague massive de protestations qui a balayé le Tibet. Ce livre blanc rapporte qu’au cours de ces 60 années_sandBox ,#sandBox d’après la « libération des Tibétains de leur joug féodal »_sandBox ,#sandBox ces derniers dans la RAT_sandBox ,#sandBox sont devenus les « maîtres de leurs affaires »_sandBox ,#sandBox profitant des immenses progrès écologiques et d’infrastructures en plus de la « liberté de religion due à tous les groupes ethniques également respectés et protégés ».

Si la situation était si parfaite_sandBox ,#sandBox alors_sandBox ,#sandBox les Tibétains auraient continué leurs manifestations non-violentes contre la règle oppressive chinoise et n’auraient pas pris ces mesures effroyables d’immolation. Depuis 2009_sandBox ,#sandBox 153 immolations ont été comptabilisées dans différents lieux du Tibet_sandBox ,#sandBox ces immolés en appelaient majoritairement à la liberté pour les Tibétains et au retour de Sa Sainteté le Dalaï Lama au Tibet. Lobsang Sangay_sandBox ,#sandBox Président de l’Administration centrale tibétaine en Inde_sandBox ,#sandBox a fréquemment pointé du doigt le fait que les Tibétains s’immolent par le feu pour protester contre les politiques chinoises de répression_sandBox ,#sandBox d’assimilation culturelle_sandBox ,#sandBox de marginalisation économique ainsi que de destruction environnementale.

De plus_sandBox ,#sandBox certaines préoccupations sont soulevées dans le monde libre par des experts indépendants des Droits de l’Homme et soulignées dans divers rapports internationaux contredisant les déclarations de la Chine contenues dans le livre blanc.

Par exemple_sandBox ,#sandBox la Freedom House_sandBox ,#sandBox dans son rapport sur la « Liberté dans le monde en 2019 »_sandBox ,#sandBox a à nouveau placé le Tibet au dernier rang des régions du monde ne jouissant d’aucune liberté_sandBox ,#sandBox de droit politique ou de liberté civique. Dans la plus pompeuse des mascarades concernant le développement économique du Tibet_sandBox ,#sandBox la Freedom House rappelle que « le programme économique du gouvernement au Tibet a vivement encouragé la migration des chinois d’origine dans la région_sandBox ,#sandBox en privilégiant outrageusement ces derniers tout en exacerbant la marginalisation des Tibétains d’origine après les avoir regroupés au cours de campagnes de déplacements forcés au Tibet ». Cette méthode est similaire à celle conduite par les forces coloniales dans les colonies et indument qualifiée de développement économique. Le prétendu développement économique chinois a ciblé les poches de la RAT largement peuplées par les immigrants chinois dans un but égoïste.

L’importance globale et la fragilité écologique du plateau tibétain_sandBox ,#sandBox « le troisième pôle » et « le robinet de l’Asie » sont constamment soulignées par les environnementalistes_sandBox ,#sandBox chinois inclus. Ils accusent les activités humaines telles que la « déforestation_sandBox ,#sandBox l’expansion urbaine et les infrastructures comme les routes_sandBox ,#sandBox les barrages et les réseaux électriques » des profonds changements constatés en surface de la région. La réponse de l’ACTA au livre blanc de la Chine concernant l’écologie du Tibet en 2018_sandBox ,#sandBox prend en considération la création effective des mines à ciel ouvert et de projets de développement qui ont causé énormément de dommages au fragile éco-système tibétain. Le rapport montre clairement le manque de respect de l’environnement doublé d’un manque de volonté sincère de protection de la part des autorités chinoises. Les attitudes conflictuelles des dirigeants successifs_sandBox ,#sandBox telle la phrase de Mao « L’homme doit conquérir la nature »_sandBox ,#sandBox ont amené plus de dommages et de destruction de l’environnement local.

En 2018_sandBox ,#sandBox le rapport sur l’élimination de toute discrimination raciale publié par le Comité de l’ONU_sandBox ,#sandBox fait état de son inquiétude quant à la discrimination à laquelle doivent faire face les Tibétains_sandBox ,#sandBox concernant les processus d’emploi et de recrutement. Le comité a aussi fait de nombreuses recommandations à la Chine_sandBox ,#sandBox comme celle de « revoir les règles et usages afin de s’assurer qu’aucune discrimination n’intervienne lors des demandes de passeport et de liberté de déplacement des Tibétains à l’intérieur_sandBox ,#sandBox comme à l’extérieur de la RAT ainsi qu’à l’étranger ».

En septembre dernier_sandBox ,#sandBox l’intergroupe du Parlement européen sur « la liberté de religion et de croyance ainsi que de tolérance religieuse » a placé la Chine parmi les pires violateurs avec le respect le plus bas quant à la liberté de religion ou de croyance. L’intergroupe a soulevé un problème spécifique concernant « les sévères restrictions que doivent affronter les bouddhistes tibétains du pays incluant également ceux de l’extérieur de la RAT ».

L’inconvénient majeur à propos du livre blanc est le refus de prendre en considération toutes les autres régions incorporées à la Chine_sandBox ,#sandBox telles que les provinces du Qinghai_sandBox ,#sandBox Sichuan_sandBox ,#sandBox Gansu et Yunnan qui regroupent les deux tiers de la population tibétaine de ces régions.

Le speaker et secrétaire de l’Information et des Relations Internationales_sandBox ,#sandBox Mr Sonam Norbu Dagpo_sandBox ,#sandBox remarque « qu’au nom de la libération_sandBox ,#sandBox la Chine transforme la totalité du Tibet en une zone néocoloniale. La Chine a toujours essayé de justifier son invasion du Tibet et son occupation par des politiques répressives à l’encontre du peuple tibétain. Comme la plupart de ses contemporains asiatiques_sandBox ,#sandBox la société traditionnelle tibétaine ou « Vieux Tibet » comme l’appelle les Chinois_sandBox ,#sandBox était désuète et nécessitait des réformes ; mais il est incorrect de la qualifiée de « féodale »_sandBox ,#sandBox car ce n’était pas le cas ».

Source : https://tibet.net/2019/03/chinas-white-paper-on-tibet-another-attempt-to-whitewash-60-years-of-undemocratic-

rule/

 

L’Aide de l’Etat proportionné à la loyauté exprimée dans le Comté de Markham au Tibet

 

A map showing the location of Markham county in the Tibet Autonomous Region.

Les villageois tibétains pauvres ayant besoin de l’aide d’Etat sont obligés de mémoriser le nom des leaders chinois et prouver ainsi leur loyauté envers le PCC pour obtenir cette aide (source régionale).

Ces villageois doivent également apprendre à chanter l’hymne national chinois (source : RFA – Radio Free Asia), « ceux qui ne réussissent pas ce test n’obtiennent aucune aide ou elle leur sera retirée.

Lancée à Markham en début d’année, cette campagne reliant le programme de réduction de la pauvreté pour les Tibétains à la preuve de leur loyauté envers la Chine, a auparavant débutée dans le Comté de Pashoe et à Chamdo (même source).

La leader d’un groupe local de femmes tibétaines est devenue célèbre en récitant par cœur le nom des cinq précédents leaders nationaux chinois et en expliquant les buts des politiques chinoises menées dans les zones rurales.

« Ce qui a été monté en épingle afin d’en faire un exemple pour les autres Tibétains ; après quoi l’envie de forcer les autres Tibétains à mémoriser le nom de tous les leaders, d’expliquer et de soutenir les politiques chinoises dans la campagne s’est largement répandu ».

Il est très difficile pour des villageois sans instruction de réussir ces tests politiques et que, a ajouté la source, ces derniers sont laissés à l’abandon, sans aucune aide et font face à de lourds problèmes financiers.

Plus de « bouches à nourrir »

Dans une vidéo récemment obtenue par le service tibétain de la RFA, un jeune villageois de Markham décrivait la procédure à suivre afin d’obtenir une aide de l’Etat disant qu’il devait d’abord établir un rapport de ses finances au chef de son village, « le chef de village présentait le cas aux officiels du village qui venaient inspecter sa maison ». Je leur ai dit que je n’avais que quelques grains pour me nourrir, une petite parcelle de terre et pas de bétail et plus de bouches à nourrir que de membres de la famille en état de travailler.

Ce villageois, travaillant au département forestier, fut donc doté de 3 .600 yuans (537 dollars) en 2017 et de 3.500 yuans (522 dollars) l’année dernière.

Dans une autre vidéo, également obtenue par RFA, on peut voir un officiel tibétain travaillant pour la Chin disant aux Tibétains du lieu qu’ils devraient remercier la Chine de sa générosité, de leur procurer de la nourriture, des vêtements et les loger par amour pour le PC et les leaders chinois.

Cette campagne ayant pour but de réduire la pauvreté est rendue nécessaire simplement parce que la Chine a détruit la façon de vivre traditionnelle des Tibétains en confisquant leurs terres (source locale sous anonymat).

« Et ces Tibétains là ne sont pas destinés à recevoir une aide gouvernementale ».

Source : https://www.rfa.org/english/news/tibet/displays-03132019154420.html

 

La police chinoise maintient sa présence sur le monastère tibétain bien que l’anniversaire du soulèvement soit passé

 

Chinese riot police and military stand guard near Rongwo monastery, in China's Qinghai province, Sunday March 16, 2008.

Un monastère tibétain de la province de l’ouest de la Chine, dans le Qinghai, reste sous la surveillance constante de la police en dépit du fait que les deux anniversaires des violentes manifestations contre la règle chinoise soit passés.

La police est de plus en plus présente au monastère de Rongwo dans la ville de Rebgong (ch. Tongren), prête à écraser tout incident qui y interviendrait. Le monastère a été le lieu de plusieurs immolations politiques au cours de ces années.

« Trois véhicules de police sont garés en face du monastère avec des policiers armés qui en surveille l’entrée » (source tibétaine, interview RFA).

« Ils ont installé des caméras de surveillance le long des rues menant au monastère et même dans le hall. Ils peuvent donc surveiller de très près les moines ainsi que tout mouvement populaire. Les chinois veulent essayer de contrecarrer tout incident potentiel et se tiennent prêts à réagir immédiatement à tout prémice de manifestation (même source) ».

La Radio a rapporté que le 15 mars, la surveillance de Rebgong s’est étendue au-delà de la police chinoise. Les professeurs et membres du parti communiste des écoles de Rebgong ont été exhortés à surveiller leurs étudiants et également toute autre personne durant le mois sensible de mars.

« La directive officielle du gouvernement chinois fait état de ce que les enseignants doivent être licenciés en cas d’un quelconque incident tel que, hisser le drapeau tibétain dans l’école ».

Une autre source a rapporté que les officiels chinois et les membres du PC dans chaque district en ville ont été obligés de dénoncer immédiatement les immolations, les manifestations, les réunions politiques et même l’organisation de rituels religieux en public.

Un mois redouté

En Mars, durant le mois d’anniversaire sensible, la Chine augmente régulièrement la sécurité au Tibet en restreignant les voyages des Tibétains vivant dans les provinces de l’ouest de la Chine vers la capitale Lhassa.

Le 10 Mars 1959, les Tibétains à Lhassa se sont soulevés en protestation aux restrictions politiques et au contrôle militaire de la région précédemment gouvernée par les Tibétains eux-mêmes, protestation qui s’est muée en rébellion et au cours de laquelle des milliers d’entre eux ont été massacrés.

Le 14 mars 2008, une émeute a éclaté à Lhassa suite à la suppression par la police chinoise de quatre jours de protestation non-violente qui ont amené la destruction des boutiques des Hans de la ville ainsi que des attaques meurtrières de ces derniers.

Ces émeutes se sont répandues en vagues de protestations à travers le Tibet et les régions peuplées par les Tibétains pour la plupart non-violents contre la règle chinoise dans les provinces de l’ouest.

Des centaines de Tibétains ont été emprisonnés, battus ou tués quand les forces de sécurité chinoises ont étouffé les manifestations.

Source : https://www.rfa.org/english/news/tibet/rongwo-police-03252019162052.html

 

Traduction française : Anne Gianni

 

 

Droits de l’Homme au Tibet Février 2019

La Chine ferme le Tibet central pour le 60ème anniversaire du soulèvement national tibétain

Source : ONU, Union Européenne et Bureau des Droits de l’Homme, DIIR, CTA

 

Les visiteurs étrangers sont bannis du Tibet Central pendant deux mois après que la Chine ait décidé de fermer au monde la région du Tibet appelée Région Autonome (TAR). Cette fermeture a précédé l’anniversaire du Soulèvement National Tibétain de 1959 ainsi que ce fut le cas lors des manifestations de masse de 2008. L’annonce de cette fermeture a été relayée par des Agences de Voyage tibétaines alors que les médias chinois n’en faisaient pas mention. D’après ces mêmes agents, la Région Autonome (TAR) est fermée aux étrangers du 30 Janvier au 1er Avril.

2019 est l’année du 60éme anniversaire du soulèvement tibétain contre l’occupation de la capitale du Tibet « Lhassa » par les troupes chinoises, occupation suivie d’une répression brutale tuant des milliers de Tibétains et précédée par l’invasion du Tibet poussant Sa Sainteté le Dalaï Lama ainsi que de nombreux Tibétains à l’exil.

Le rapporteur de l’Administration Centrale Tibétaine chargé du Département des Informations et des Relations Internationales Dagpo Sonam Norbu, fait remarquer que « cette interdiction met en exergue l’instabilité du Tibet sous la loi chinoise ainsi que la constante méfiance des Tibétains à l’encontre de l’occupation chinoise qui proclame la Libération du Tibet après la manifestation pacifique des Tibétains du 10 Mars 1959 »

« En dépit du fait que la Chine se targue d’un énorme développement économique ainsi que des droits et des provisions pour les Tibétains du Tibet, en réalité, les autorités chinoises enfreignent leurs libertés et leurs droits tels que ceux concernant la religion et la liberté d’expression » a expliqué le Secrétaire Dagpo Sonam Norbu.

Plus tard, il a ajouté que « Les diplomates étrangers, les journalistes, les touristes ainsi que les Tibétains en exil sont interdits de visite, alors que les officiels chinois peuvent à tout moment aller aux Etats Unis. Le Congrès a voté une loi de Réciprocité quant à l’accès au Tibet, mais son application est maintenant devenue cruciale. Nous devons nous engager activement afin d’être sûrs qu’elle soit réellement appliquée »

Cette fermeture est devenue récurrente chaque année et ce, depuis les manifestations massives de 2008 qui ont balayé le Tibet dans son ensemble ainsi que la région du TAR. L’année dernière, cette même fermeture a été maintenue du 10 au 31 Mars.

La Chine reçoit en retour, des réactions négatives de la communauté internationale ainsi que des experts des Droits de l’Homme concernant la détérioration des Droits de l’Homme au Tibet et en Chine.

Plus tôt, ce mois-ci, dans le rapport sur la liberté dans le monde en 2019, le Tibet est à nouveau relégué à l’avant dernière place, pire que la Corée du Nord. Plus d’une douzaine de pays ont manifesté leurs inquiétudes et posé des questions à la Chine quant à la situation du Tibet lors de la troisième Revue Périodique Universelle à l’ONU en Novembre dernier.

La fermeture du TAR sera maintenue jusqu’en Avril, sans parler de l’éternelle obsession de paralysie de la région qui sera absolue, un total black-out sans aucun accès à la région ni à aucune sorte d’information et augmente légitimement la préoccupation concernant les Tibétains.

Pourquoi la Chine construit-elle de nouveaux Goulags au Tibet ?

Un rapport alarmant en provenance de « The Print » a révélé, au vu d’images satellites, qu’au moins trois nouveaux goulags étaient en construction au Tibet. Le nom de Goulag est généralement utilisé pour les camps de travail forcé sous l’ère soviétique que les Chinois appellent « Centre de Rééducation par le travail » (RTL) aussi connu sous le nom laojiao.

Les camps de rééducation étaient initialement destinés à se débarrasser des contrerévolutionnaires, des propriétaires terriens et des conservateurs s’opposant au Gouvernement communiste nouvellement installé. Mais avec l’évolution, ces camps deviennent le moyen d‘écraser toute velléité de révolte en utilisant la détention et la torture pour toute personne suspectée d’être impliquée dans l’exercice de ses droits comme la liberté d’expression ou l’organisation de manifestation pacifique etc…Le Ministère de la Sécurité publique Chinois exerce le pouvoir de choisir qui doit être envoyé en camps et pour quelle durée sans aucun procès ou action légale. Très souvent, certaines d’entre elles finissent par passer vingt ans en prison dans ces camps.

D’innombrable moines, nonnes et laïques opposés aux violations des droits sont envoyés là et torturés, ce depuis 1955 bien avant que leur existence soit enfin officiellement reconnue par la Chine. En 2012, il y avait 250.000 détenus officiels dans toute la Chine.

Après le tollé international provoqué par le non-respect des Droits de l’Homme dans ces camps et leur demande de démantèlement, le Congrès National du Peuple ainsi que le Parti Communiste Chinois ont officiellement aboli les RTL lors de leur décision plénière en 2013, mais tout cela n’a été que de la poudre aux yeux.

Les Goulags ou établissement de « Rééducation par le travail » ont continué à fonctionner sous des appellations différentes comme présupposé par le Centre Tibétain des Droits de l’Homme et de la Démocratie (TCHRD) dans son rapport spécial nommé « Goulags au Tibet » publié en 2014. 

L’influence de l’architecture moderne chinoise dans les monastères 

Le dernier rapport mentionnant la construction de nouveaux Goulags récemment construits est très alarmant, spécialement après la révélation de ces camps que la Chine appelle dorénavant « Centres Professionnels » dans le Xinjiang. « L’existence de tels camps ou Goulags au Tibet est connue depuis longtemps. Cela n’est une surprise pour personne que ce système ait été d’abord introduit dans l’Est du Turkestan (ch : Xinjiang) par le même secrétaire du Parti communiste, Chen Quanguo qui a perfectionné le système au Tibet lorsqu’il était Secrétaire du Parti de la Région Autonome du Tibet. Le plus inquiétant dans ce rapport, est que certains monastères soient dorénavant transformés en Goulags et que de nouveaux Goulags soient construits avec comme unique destination, les nonnes et les moines du Tibet. Comment la Chine peut-elle se déclarer « Terre du Bouddhisme » quand son but est l’élimination des prêcheurs et des pratiquants ? a fait remarquer Sonam Dagpo.

Les images satellites ont été analysées par le Colonel Vinayak Bhat (Retd) qui a travaillé comme analyste sur celles-ci pendant plus de vingt ans dans l’armée indienne. Lors de sa présentation à l’Institut Politique du Tibet, il a fait remarquer que ceux-là étaient des Goulags et non pas des « Centres Professionnels » ou des « Camps de rééducation » construits dans le seul but d’endoctriner les nonnes, les moines et les laïques. Ils sont construits dans des endroits retirés et isolés et dans un style d’influence architecturale moderne chinoise avec des murs de cinq mètres d’épaisseur. Le niveau de sécurité dans ces centres est digne de celui d’une installation nucléaire. »

Dukthen Kyi à la tête du bureau des Droits de l’Homme de l’ONU et de l’Europe était directement concerné par ce rapport et a remarqué que « La question est de savoir pourquoi la chine construit de telle quartiers de sécurité haut de gamme au Tibet. Devons-nous nous préparer à une paralysie totale du Tibet spécialement cette année qui est celle 60ème anniversaire du jour du soulèvement tibétain ! ».

La Chine interdit l’accès des classes de tibétain à des centaines d’étudiants

Des étudiants tibétains à Nangchen au Kham dans la préfecture de Yushul (Ch Yushu) incorporée à la province chinoise du Qinghai, ont été empêchés de rejoindre les classes de tibétain organisées par des monastères pendant leurs vacances d’hiver. Les autorités chinoises, le Département du travail du Parti Communiste Chinois a publié un ordre daté du 25 Décembre 2018 interdisant aux monastères de donner des cours de langue tibétaine lors des vacances d’hiver.

Durant ces deux mois de vacances, les monastères de la région de Nangchen donnaient des cours informels et gratuits de plus en plus populaires ces dernières années auprès des étudiants allant dans des écoles chinoises. Mais cette année, les autorités ont donc émis une « notice urgente » interdisant aux monastères d’organiser ces « cours illégaux » avant même qu’ils soient organisés.

Les années précédentes, d’après notre source, c’étaient 1.000 à 1.500 étudiants tibétains qui, dans le comté de Nangchen, se rendaient à ces cours donnés par des moines bénévoles des monastères du lieu ainsi que par des professeurs retraités qui enseignaient la langue tibétaine, la poésie, etc. Ces cours informels n’abordaient pas la politique. !! »

En dehors de Nangchen, dans presque tous les comtés de la TAR, la même interdiction a été imposée. La politique appliquée par les décideurs ne fait pas que violer les droits du peuple Tibétain, mais indique clairement le choix des Chinois d’annihiler la langue et la culture tibétaine.                                                                                                                        

La pression mise sur ces cours de tibétain organisés lors des vacances scolaires d’hiver à Yushu s’est aggravée depuis 2015 lorsque des restrictions plus nombreuses se sont appliquées à freiner l’apprentissage du tibétain. Le 27 janvier 2016, Tashi Wangchuk a été emprisonné pour avoir réclamé l’application du droit d’accès des Tibétains à leur langue ; deux ans plus tard, le 22 mai, la Cour intermédiaire du peuple de Yushu a condamné Tashi Wanggchuk à cinq ans d’emprisonnement. Cette année, les cours de tibétain sont totalement interdits. 

Les classes informelles et leurs étudiants

La plupart des étudiants qui suivent les cours non officiels de Tibétain donnés par des moines ou d’autres volontaires sont de jeunes adolescents dont certains sont originaires de villages nomades. Ces cours inclus également des étudiants qui « ont été envoyés dans des régions chinoises éloignées telles que Guangxi », distantes de pratiquement trois mille kilomètres après le tremblement de terre dévastateur de 2010 à Yushu.

« Ayant passé quelques années en Chine, ces enfants tibétains qui retournent chez eux lors des vacances d’hiver, parlent un tibétain appauvri. Ils vont donc se joindre à ces cours afin d’apprendre la poésie tibétaine ainsi que la grammaire dispensée par des moines et autres érudits. Ces classes sont devenues très populaires car les participants y prennent plaisir. Quelquefois, ils organisent des goûters, mais il n’est dorénavant plus possible d’organiser quoi que ce soit, ne serait-ce qu’avec dix et vingt personnes ».

L’année dernière, dans le RAT (Région Autonome du Tibet), une annonce faite par les écoles interdisait aux enfants Tibétains de prendre part à une quelconque activité religieuse. Il est signifiant de remarquer que c’est la première fois que le Front Uni du Département du Travail (UFWD) assume officiellement un tel ordre.

Le 18 Janvier de cette année, les dirigeants du UFWD se sont réunis à Pékin. Le porte-parole d’Etat Xinhua, rapporte que les officiels ont été appelés à « renforcer leurs efforts » et à « créer un sentiment renforcé d’appartenance à la nation chinoise ». Cette instance est appelée à gérer les dissidents politiques, cultiver leur loyauté et supprimer tout « séparatisme » avec l’aide de bureaux spécifiquement créés pour le Tibet, le Xinjiang, Hong Kong, Macao et Taïwan ainsi qu’un autre concernant « l’éthique et le religieux ».

Un nouveau camp d’entraînement pour les cadres du parti au Tibet montre la mise en place d’une approche et de challenges plus rigides afin de s’assurer de leur loyauté

  • Des informations inquiétantes nous indiquent que le but de Xi Jiping est l’aggravation des pressions et un contrôle idéologique total au Tibet. Les médias d’Etat chinois annoncent l’ouverture d’un nouveau centre d’entraînement au Tibet, supervisé par les forces paramilitaires, dans le but de « corriger » et de « recadrer » la façon de penser des cadres du parti chargés de s’occuper de « l’éducation » politique de la société tibétaine au sens large.
  • La création d’un nouvel établissement à Shigatsé (Ch. Rikaze) dans la Région autonome a été annoncée par l’intermédiaire des médias d’Etat le 22 janvier 2019, création d’un important « palais de la jeunesse tibétaine » à Lhassa afin de renforcer « l’éducation patriotique des jeunes » et qui ouvrira en mai 2019.
  • Cet établissement prouve l’approfondissement institutionnel du modèle politique actuel pratiqué au Tibet et au Xinjiang qui combine la sécurisation coercitive ainsi que la militarisation en vue d’accélérer leur transformation politique et culturelle. Au Tibet, la traduction de ces choix montre le dessein des autorités chinoises d’annihiler toute loyauté envers le Dalaï Lama et le remplacer par une allégeance totale au parti communiste chinois ainsi que de siniser le bouddhisme tibétain.

Le nouveau « camps d’éducation politique » de Shigatsé a été créé pour fournir un entraînement idéologique à destination d’un millier de cadres du parti qui ont été déployés au Tibet dans des maisons particulières, des monastères et directement concernés par l’agenda du leader Xi Jiping de renforcer les contrôles.

Le rapport des médias d’Etat chinois se focalise sur l’importance pour les cadres du parti de changer d’attitude, non seulement au niveau superficiel en récitant des slogans du parti, mais de parachever un changement idéologique complet. Ce qui reflète le choix actuel de sécurisation à outrance envers les Ouighours et les Tibétains, du but officiellement reconnu « d’assainissement » de la pensée politique de ces derniers, de les couper de leurs racines et de leurs ancêtres, de toute connexion à autrui, enfin de tout ce qui fait d’eux des Tibétains. Au Xinjiang, dans une horrifique stratégie sans précédent, un système extensif de camps a été créé dans lesquels plus d’un million de Ouighours et de Kazakhs sont retenus.

Le nouveau camp d’entraînement de Shigatsé établit l’année de la fondation du parti communiste chinois, le 1er octobre, avait pour but l’adaptation « à un environnement terrien pour les cadres du parti destinés à officier dans des zones pastorales et rurales » dans la droite ligne de la méthodologie des membres du parti dans ce que Xi Jiping appelle une « nouvelle ère » annoncée lors du 9ème congrès du parti en octobre 2017.

Récapitulant les activités journalières incluant la levée du drapeau rouge du parti ainsi que le chant de l’hymne national, la fonction idéologique de ce centre, qualifié de centre spécialisé dans la lutte contre le « séparatisme », est soulignée dans l’article du média d’Etat. La nature répressive de l’établissement est claire avec cette référence à la discipline « paramilitaire » et le management qui implique l’assurance de la conformité et menace « d’auto-critique » publique et de la nécessité de « corriger la pensée du peuple ». Cet entraînement ne se focalise pas seulement sur les croyances politiques individuelles et sur la conformité à la politique du parti mais concerne également leurs vies personnelles avec l’imposition la plus prégnante et systématique de la stratégie « d’éducation patriotique » pratiquée au Tibet ces dernières années.

Cet article fait également état de l’inclusion au cours de cet entraînement de « simulation d’élection et de la convocation des membres du parti à des réunions destinées à leur éducation, probablement suite au constat de leur manque de confiance en les structures du parti.

Plus loin, dans un exemple d’une institularisation du procédé de « rééducation », le média d’Etat fait également référence à l’établissement d’un « grand palais tibétain pour la jeunesse » à Lhassa qui sera ouvert en mai 2019. Un article dans la presse officielle confirme que ce sera un « endroit important pour les activités extra-scolaires » comme l’héritage culturel traditionnel et le renforcement de l’éducation patriotique et qui, de plus, fournit un espace scientifique, culturel et artistique avec des caractéristiques ethniques à destination des jeunes dans toute la région sud-ouest du TAR.

La référence à la « culture traditionnelle » signifie exactement l’opposé, les autorités chinoises criminalisant de plus en plus toute expression de la culture tibétaine authentique dans le but de siniser la pratique de la religion bouddhiste. Le but prépondérant de cette campagne est d’éradiquer l’influence de Sa Sainteté le Dalaï Lama qui s’est renforcée ces dernières semaines probablement en liaison avec le 60ème anniversaire du soulèvement de 1959 qui a précédé sa fuite en exil et correspond également à la création du PCC en octobre 1949

Les autorités amplifient la lutte contre le Dalaï Lama

Le leadership chinois a souligné que la bataille contre le Dalaï Lama était en marche avec la référence récente à une bataille qualifiée de « œil pour œil et dent pour dent » avec le Dalaï Lama et son groupe et que cette dernière était payante. L’officiel anonyme de la commission régionale de l’inspection de discipline a été cité par le Global Times, le 1er février 2019, « si un membre quelconque du PCC adopte une mauvaise attitude sur le sujet, ce sera un problème majeur ». Le même média fait état de la menace officielle à peine voilée sur le danger qui consisterait pour les membres du parti à maintenir une proximité avec la culture bouddhiste et le Dalaï Lama révélant que trois officiels du parti ont été renvoyé pour leur culte envers des « objets illicites » au Tibet qui pourraient être des icones ou des photos du leader religieux tibétain. Le Global Times a déclaré que « à part ces êtres aux deux visages, il y a également d’autres membres et des officiels du PCC qui font des erreurs dues à un manque de sensibilité et de conscience politique » !

Les membres de ce nouvel institut à Shigatsé sont conscients qu’au niveau le plus élevé du parti, ils ne recueillent pas l’allégeance totale pas plus que celle de la majorité des Tibétains.

Des moines tibétains contraint à mener la rééducation

Les mêmes méthodologies d’intensification de l’entrainement à la sécurisation et à l’idéologie sont développées avec une rigueur accrue dans le système monastique tibétain. Il n’est plus suffisant que des groupes de travail fournissent un enseignement aux moines et aux nonnes, à l’heure actuelle, des moines sont individuellement obligés d’adopter des rôles lors de ces entrainements pour les aider à devenir « politiquement fiables ».

Au cours des derniers développements, la presse d’état a révélé que les moines bouddhistes tibétains ainsi que les nonnes sont obligés à « faciliter » l’entrainement politique des autres. Le Global Times faisant allusion à ces « cours d’entrainement « à Lhassa l’été dernier a détaillé ce qui était demandé à ces moines et nonnes pour   « renforcer leur croyance politique ».Une nouvelle façon d’être liée aux « Quatre Normes »a été introduite par rapport à quoi les moines doivent « se positionner clairement « en terme de fiabilité politique »ce qui peut se traduire par une conformité au PCC ainsi qu’à une connaissance religieuse étendue, convaincante au sujet de la moralité et capable de jouer un rôle actif dans des moments critiques ».

Cette campagne de propagande s’étend à tout le TAR et ces mêmes médias ont produit un certain nombre d’articles déclarant que c’est en s’efforçant d’intégrer les « Quatre Standards » qu’un moine peut progresser et que les autorités tendent vers la « stabilité sociale », qui signifie en fait conformité à la politique du parti, pourra s’accomplir. Un des articles affirme que c’est à travers la pratique des « Quatre Normes » que « la vaste majorité des religieux pourra se sentir plus concernée quant aux sentiments et à l’expérience afin de pouvoir transmettre le sentiment de patriotisme, d’éducation et de respect des lois.

Contexte : L’organisation du parti se crée des racines paysannes comme une forteresse en ordre de bataille

En dépit des mesures oppressives déjà en place, les dirigeants du Tibet ont imposé des changements encore plus coercitifs à l’aide de ses organisations « paysannes »et menacent de les transformer en des « forteresses en ordre de bataille ».

Le gouvernement chinois a adopté la stratégie de la présence du Parti dans les zones rurales en réponse à « l’instabilité » qui a suivi les manifestations pacifiques qui ont submergé les zones tibétaines juste avant les jeux olympiques de Pékin. Ce qui a amené une approche plus envahissante et plus systématique de « l’éducation patriotique » ainsi que l’accroissement dramatique des groupes de travail et des cadres du Parti dans les zones rurales du TAR comme des initiatives disposant de ressources considérables au niveau des sphères culturelles et sociales.

Juste un mois après ces manifestations et ces émeutes à Lhassa du 14 Mars 2008, le lancement « d’une campagne d’éducation politique de masse a été annoncé dans le TAR, les deux groupes visés en priorité étaient les membres du parti des « quatre rangs » (Ceux impliqués dans la Direction du TAR, préfectures, comtés et townships) ainsi que les Tibétains ordinaires qui sans appartenir au Parti faisaient partie des monastères, des nonneries et plus largement de la société civile.

Un mois après que cette campagne ait été annoncée, en Mai 2008, les médias officiels ont reconnu que, lors des événements du 14 Mars 2008 appelés « incidents du 3/14 », les officiels des « quatre rangs » avaient manqué à leur devoir. Le 17 Mai 2008, lors de la diffusion des nouvelles, la télévision Xizang a rapporté que : « Il y a 224,000 membres du Parti bien payés dans le TAR. Il est bien évident que les membres du Parti concernés n’ont pas pu gérer le mouvement de masse ni de construire un lien quelconque avec le peuple de façon à protéger et maintenir la sécurité publique. »

L’annonce de nouveaux centres de rééducation pour les cadres et ses buts indique que ces incertitudes sont toujours présentes dans le Parti aux niveaux les plus élevés.

La nouvelle campagne a commencé, en plus du transfert massif de Cadres du Parti particulièrement dans les zones rurales.

En 2009, faisant également partie de cette campagne, le gouvernement du TAR a fait un essai «   un membre du Parti doit rester en contact avec cinq familles » dans des communautés comme au Barkhor dans la région de Lhassa. Tibet Daily rapporte que « La responsabilité d’un membre du Parti est de transmettre aux membres des cinq familles en même temps tout important message en provenance du Parti pour s’assurer qu’ils comprennent parfaitement sa politique afin de les aider et de les observer et de comprendre pleinement les pensées politiques et les concepts qui dirigent leur vie (Tibet Daily 26 Mai 2009).

Le dirigeant précédent du TAR partisan d’une ligne dure Chen Quanguo qui a été muté en 2016 au Xinjiang, a présidé au transfert de milliers de cadres au Tibet de 2011 à nos jours. Durant sa gouvernance, Chen Quanguo a été très clair au sujet des enjeux, la procédure de rééducation exige une loyauté absolue et le contrôle les pensées privées et quand il a annoncé la punition appliquée à des officiels pour raisons politiques liées à la lutte « anti-séparatiste », déclarant en2014 que : » ceux qui ont des fantasmes au sujet de la clique du 14ème Dalaï Lama, ceux qui suivent cette même clique et ces cadres du Parti qui soutiennent qui soutiennent les infiltrations séparatistes et les activités de sabotage seront disciplinés et sévèrement punis en accord avec les lois « . Deux ans après, à Xinjiang, Chen Quanguo lançait sa campagne à l’encontre des officiels aux « deux visages » qui faisait montre de déloyauté politique et qui a amené l’arrestation d’un nombre important d’officiels et d’intellectuels Ouighours.

La pratique de faire des villageois des délateurs et de monter les voisins les uns contre les autres a été reproduite au Xinjiang où ce système de cadres vivant chez l’habitant est maintenant bien rodé. Plus d’un million de civils Chinois (d’origine chinoise) ont été mobilisé pour venir en aide aux militaires et à la police dans leur campagne d’occupation des maisons des Ouighours et autres minorités musulmanes en entreprenant un programme de surveillance et d’endoctrinement et en se présentant comme des grands frères des hommes et des femmes qu’ils pourraient éventuellement envoyer en camps.

Source https//www.savetibet.org/new-training-camp-for-party-cadres-in-tibet-demonstrate-tougher-approach-and-challenges-in-insuring-loyalty/ 

Les diplômés tibétains sur la touche pour cause de concurrence déloyale concernant les postes au Tibet.

Les diplômés tibétains doivent faire face à des difficultés grandissantes dans leur quête de postes concernant les régions tibétaines de la Chine, avec l’afflux de chinois Han sur le marché du travail et des examens pour intégrer l’Administration qui favorisent les impétrants Han.

Ce ne sont plus que quelques Tibétains qui peuvent actuellement accéder aux postes gouvernementaux convoités dans ces régions (source originaire de la préfecture de l’Amdo et rapporté au département tibétain de la RFA)

« En 2018, dans la seule Région Autonome du Tibet, on comptait 40.000 candidats qui se présentaient à l’examen d’entrée de l’Administration chinoise (information sous condition d’anonymat).

« Et ce ne sont que 3.000 d’entre eux qui après des examens réussis ont pu être considérés comme éligibles à ces postes gouvernementaux ».

Avec de plus en plus de diplômés Chinois arrivant dans les zones tibétaines et entrant en compétition avec les autochtones, il ne reste plus à ces derniers que de moins en moins d’opportunités et leur compétitivité est émoussée. « La majorité des Tibétains diplômés sont restés sans emploi ».

A la RFA, un Tibétain habitant la région de Yushu dans la TAR, province du Qinghai, a dit que 20.000 à 30.000 diplômés tibétains et chinois ont participé aux examens de l’Administration l’année dernière.

« L’obtention d’un poste gouvernemental qui est payé de 6.000 à 7.000 yuans (893 à 1.042 US Dollars) par mois et l’augmentation du nombre de candidats chaque année, doublé de celui des candidats chinois atteint maintenant un nombre astronomique. »

« Des candidats en provenance des régions du Quinghai et de l’Amdo viennent également y participer. »

Des opportunités perdues

La grande majorité des candidats tibétains ne peut pas obtenir un poste dans des compagnies privées ou des corporations incluant les usines et industries « high tech » au Tibet, et de toute façon, pour la plupart de ces diplômés, l’obtention d’un poste gouvernemental reste leur priorité première. »

« Mais, étant donné le nombre impressionnant de candidats chinois qui s’y présentent au Tibet, une majorité de tibétains perdent l’opportunité d’obtenir ces postes gouvernementaux, et leur nombre n’a fait qu’augmenter ces dernières années et, « de plus » ajoute un étudiant de la région de Nagchu « les questions sont de plus en plus ardues. »

En plus, la nécessité d’être titulaire du « Proficiency » en Mandarin étant la condition sine qua non, elle désavantage encore les étudiants tibétains étant donné que la Chine promeut la prédominance de la culture chinoise et de sa langue dans les régions tibétaines.

« Le Droit à leur langue » est devenu le focus primordial dans les efforts faits par les Tibétains afin d’asseoir leur identité nationale ces dernières années avec l’organisation de cours informels de langue qualifiés par les Autorités « d’association illégale »et d’enseignants menacés d’arrestation et de détention. 

Source : https : www.rfa.org/english/news/tibet/jobs-02222019171537.html

Traduction française : Anne Gianni

 

 DÉVELOPPEMENT DU TOTALITARISME TECHNOLOGIQUE AU TIBET : HIKVISION

Source: International campaign for Tibet- Janvier 2019

 
Hikvision, une société contrôlée par le gouvernement chinois, a installé des systèmes de surveillance dans des mosquées et des camps de rééducation et a également participé directement à un programme de surveillance intégrée à grande échelle, d’une envergure et d’une ampleur terrifiantes, dans la Région autonome ouïghoure du Xinjiang (Turkestan oriental). Les technologies de surveillance fournies par Hikvision ont d’abord été testées au Tibet, où l’ancien chef de la Région autonome du Tibet du Parti communiste chinois, Chen Quanguo – aujourd’hui responsable du Xinjiang –, les a utilisées pour mettre en place l’un des systèmes de police et de sécurité les plus dystopiens et intrusifs au monde - un système de totalitarisme technologique. Chen a mis au point un système de quadrillage des villes et villages tibétains qui, à l’origine, visait à dresser le profil des individus susceptibles de poser problème à l’État chinois – tels que les Tibétains de retour d’Inde, ceux ayant suivi les enseignements du Dalaï-Lama en exil et les anciens prisonniers politiques – pour ensuite les prendre pour cibles. Aujourd’hui, le système a été élargi pour potentiellement cibler tous les Tibétains et tous les Ouïghours – des ethnies entières – à l’aide d’une nouvelle technologie basée sur la reconnaissance faciale, fournie par Hikvision, afin de distinguer les « minorités ethniques » des Hans chinois. Une vidéo publiée par Hikvision montre un individu repéré par une caméra, identifié comme faisant partie d’une « minorité ethnique ». Cette vidéo est tirée d’essais sur les caméras de surveillance d’Hikvision au mont Wutai, une montagne sacrée, lieu de pèlerinage pour les bouddhistes, qui a une forte signification religieuse pour les Tibétains. Les États-Unis envisagent à présent, au titre de la loi Magnitsky, d’imposer des sanctions aux fonctionnaires chinois et aux « entités aidant les autorités [du Xinjiang] à placer massivement en détention les membres de minorités ethniques et à procéder à leur surveillance », telles que Hikvision et Dahua. Depuis 2016, les deux entreprises ont décroché des projets de surveillance à grande échelle pour plus de 1,2 milliard USD dans le Xinjiang, notamment dans des camps de prisonniers. Si elles sont adoptées, ces sanctions gèleront tous les actifs d’Hikvision et de Dahua aux États-Unis et interdiront aux entités américaines de commercer avec les deux sociétés, ce qui mettra de fait un terme à leurs activités sur le sol américain
 
 
NOUVELLE ANALYSE D’ICT: LE « MODÈLE DU XINJIANG » D’ABORD TESTÉ AU TIBET SOUS CHEN QUANGUO
 
Source: International campaign for Tibet- Janvier 2019
 
Au cours des derniers mois, la situation dans la Région autonome ouïghoure du Xinjiang (RAOX) – où, selon certaines informations, les habitants sont de plus en plus surveillés et contrôlés et où au moins un million d’Ouïghours et de Kazakh seraient détenus au sein de camps de rééducation – suscite des inquiétudes croissantes et justifiées de la part de la communauté internationale. Mais pour mieux comprendre ce qui se passe dans la RAOX, les motivations de Chen Quanguo – le secrétaire du Parti responsable de la RAOX – et les politiques du PCC, les observateurs devraient se pencher sur l’histoire récente de la Région autonome du Tibet, où Chen a occupé le poste de secrétaire du Parti d’août 2011 à août 2016. Le Tibet et le Xinjiang présentent en effet de nombreuses similarités. Il s’agit de deux vastes régions inhospitalières, principalement peuplées par des ethnies non Hans aux pratiques culturelles et religieuses différentes. En tant que régions frontalières, leur stabilité et leur sécurité sont importantes pour le pouvoir chinois. Les menaces à la cohésion sociale et à la stabilité, telles que l’existence d’une identité distincte, peuvent être considérées comme des menaces à la sécurité nationale exigeant la prise de mesures extraordinaires, voire militaires. D’abord au Tibet puis au Xinjiang, Chen et l’État chinois ont adopté une nouvelle approche pour la gestion des populations frontalières rétives. Selon cette approche, tous les Tibétains et tous les Ouïghours – en raison de leur sentiment d’appartenance à une ethnie et à une culture distinctes, différentes – représentent une menace pour la stabilité sociale et la sûreté de l’État. Guidé par cette présomption de culpabilité et le souhait de prendre activement des mesures pour garder le Tibet (puis le Xinjiang) sous contrôle, Chen a adopté une double approche pour gérer la menace : il a lancé une campagne visant à gommer les différences ethniques en accélérant l’assimilation des populations, et il a mis en place un solide système de sécurité à l’appui de ce processus. L’analyse d’ICT débute par une présentation de Chen, et de l’historique de ses mandats au Tibet et au Xinjiang. S’ensuit une analyse du principe sur lequel repose l’approche adoptée par Chen pour la gestion du Tibet et du Xinjiang, avec des exemples de sa double politique d’assimilation accélérée et de surveillance et contrôle de masse. Le rapport est disponible ici dans son intégralité (en anglais)
 
 
 
DES TIBÉTAINS SOMMÉS DE SE PROSTERNER DEVANT DES PHOTOS DU PRÉSIDENT CHINOIS
 
Source: International campaign for Tibet- Janvier 2019 
 
Au Tibet oriental, des Tibétains du comté de Serthar (en chinois : Seda) dans le Sichuan, qui bénéficient d’aides officielles du gouvernement pour la « réduction de la pauvreté », ont reçu l’ordre d’enlever les images du Dalaï-Lama de leur habitation et de détruire leurs autels, selon des informations communiquées par l’ancien prisonnier politique Golog Jigme. Certaines familles sont même contraintes d’afficher des photos du dirigeant chinois Xi Jinping dans leur maison, de faire des offrandes et de se prosterner devant ces photos. Cette nouvelle survient quelques jours après que le président de la Région autonome du Tibet, Che Dalha, a annoncé dans son rapport au Congrès régional du Parti que les mesures répressives avaient été renforcées. Il avait alors déclaré : « Le Tibet a fermement réfréné et réprimé les activités de sécession, d’infiltration et de sabotage menées par des forces hostiles [un terme politique recouvrant le Dalaï-Lama et les partisans de la cause tibétaine] à l’intérieur du pays et à l’étranger. » Elle fait suite également à la publication, début décembre de l’année dernière, d’un avis des autorités locales du canton de Dzoege (en chinois : Zuigedoma) à Tsoe (en chinois : Hezuo) dans la province du Gansu, exigeant des villageois qu’ils se débarrassent des images du Dalaï-Lama pour les remplacer par des photos de Xi Jinping et d’autres dirigeants chinois. Cet avis mentionnait que ce « nettoyage » avait été effectué avec succès dans les habitations de tous les gardiens de troupeaux de la zone, dans quatre temples bouddhistes et parmi la population de deux monastères. Il y était par ailleurs précisé que cette campagne politique avait aussi été menée dans les résidences de cadres du Parti, ce qui revient à reconnaître l’incapacité des autorités chinoises à éradiquer la loyauté envers le leader religieux en exil, même parmi les membres du Parti. Autre fait marquant, une représentation massive de Mao Zedong a été réalisée dans une région tibétaine sous la forme d’un thangka (peinture religieuse bouddhiste tibétaine). Quelque 12000 personnes ont participé à ce projet, qui a coûté plus de 4 millions de yuans (580000 USD). L’objectif était apparemment d’affirmer la soumission des Tibétains à l’image de Mao. La création du thangka représentant Mao et la campagne de « nettoyage » des images du Dalaï-Lama s’inscrivent dans une tentative – jusqu’à présent en grande partie infructueuse – d’anéantir l’influence du leader spirituel en exil des Tibétains, pour promouvoir à la place la loyauté envers le Parti communiste chinois. Ces initiatives se sont faites plus nombreuses récemment, dans le contexte des anniversaires importants attendus cette année, dont le soixantième anniversaire du soulèvement tibétain de 1959. Une source qui a beaucoup voyagé à travers le Tibet oriental a confié à International Campaign for Tibet que certaines familles pauvres affichaient déjà des images de dirigeants du Parti dans leur maison, par crainte de voir leurs aides supprimées, mais a ajouté que de nombreux monastères et ménages continuaient d’afficher des images du Dalaï-Lama, en dépit du danger.

 

 

PROMULGATION DE LA LOI AMÉRICAINE SUR L’ACCÈS RÉCIPROQUE AU TIBET
Source: International campaign for Tibet- Janvier 2019
 
 
La loi sur l’accès réciproque au Tibet se fonde sur le principe diplomatique de la réciprocité, selon lequel les pays sont censés conférer aux citoyens des autres pays les mêmes droits que ceux dont leurs propres citoyens bénéficient. Ce principe n’est actuellement pas respecté par la Chine : alors que les citoyens chinois peuvent se déplacer librement sur le territoire des États-Unis, les autorités chinoises limitent considérablement la capacité des Américains à accéder au Tibet. Les citoyens américains – y compris les représentants du gouvernement, journalistes et touristes – qui souhaitent pénétrer sur le territoire tibétain sont régulièrement refoulés à la frontière, et les rares Américains parvenant à s’y rendre sont obligés de s’en tenir à des visites guidées officielles strictement contrôlées, au cours desquelles la véritable situation du peuple tibétain leur est cachée. Mais ce sont les Américains d’origine tibétaine qui ont le plus de difficultés à accéder au territoire; ils se voient presque toujours refuser le droit de se rendre en pèlerinage sur la terre de leurs ancêtres et de rendre visite aux membres de leur famille restés au pays. Conformément à cette nouvelle loi, le secrétaire d’État doit, dans les 90 jours suivant la promulgation, évaluer le niveau d’accès des Américains au Tibet. Il devra par la suite présenter un rapport annuel au Congrès, dans lequel seront identifiés les responsables chinois qui empêchent les Américains d’entrer au Tibet. Sur la base de ce rapport, le secrétaire interdira la délivrance de visas américains à ces ressortissants chinois. « Je suis content que le président ait promulgué notre projet de loi sur l’accès réciproque au Tibet. Cela fait trop longtemps que la Chine occulte ses violations des droits de l’homme au Tibet en y limitant l’accès. Mais les actes ont des conséquences, et aujourd’hui, nous avons fait un nouveau pas vers l’imputabilité des responsables chinois qui imposent ces restrictions », a déclaré le représentant Jim McGovern (démocrate, Massachusetts), qui a présenté le projet de loi. Pour les Américains d’origine tibétaine et les partisans de la cause tibétaine, cette loi était attendue depuis longtemps. Des versions précédentes du texte avaient en effet été présentées dès 2014 et 2015, mais n’avaient jamais été soumises au vote. En 2017, le projet de loi a été à nouveau présenté à la Chambre des représentants et au Sénat, qui l’ont respectivement approuvé le 25 septembre et le 11 décembre. Tout au long de ce processus, les Américains d’origine tibétaine et les partisans de la cause tibétaine n’ont pas ménagé leurs efforts pour sensibiliser les membres du Congrès à la question de la limitation de l’accès au Tibet et pour les encourager à soutenir le projet de loi. Ils ont adressé des milliers de lettres à leurs membres du Congrès et personnellement participé à des journées de plaidoyer pour la cause tibétaine (Tibet Lobby Days) à Washington, D.C., en 2017 et 2018, ainsi qu’à une journée spéciale de plaidoyer à travers tout le pays le 17 octobre. Alors que le projet de loi était en passe d’être approuvé, le gouvernement chinois a commencé, sans grande surprise, à se livrer à une propagande mensongère, affirmant que la loi interférait avec les affaires intérieures de la Chine et que les relations et la coopération entre la Chine et les États-Unis dans des domaines majeurs pourraient s’en ressentir. Le président d’ICT, Matteo Mecacci, a rejeté ces affirmations dans une déclaration, dans laquelle il explique que le projet de loi défend les intérêts américains et que c’est la Chine qui s’ingère dans le processus législatif américain. Maintenant que l’accès réciproque au Tibet a été consacré dans une loi, ICT va coopérer avec le Département d’État américain pour veiller à ce que la législation soit pleinement appliquée. ICT a par ailleurs déjà entamé des pourparlers avec des dirigeants politiques du Canada, du Royaume-Uni, de l’Australie et de différents pays d’Europe, afin de les encourager à adopter des textes de loi similaires.
 

 

 

Déclaration du Kashag à l'occasion du 29e anniversaire de la remise du Prix Nobel de la paix à Sa Sainteté le Grand 14e Dalaï Lama du Tibet

Kashag, 10 Décembre 2018

Le 15e Kashag de l'Administration centrale tibétaine exprime sa plus profonde gratitude et s'incline devant notre leader très vénéré, Sa Sainteté le Grand 14e Dalaï Lama du Tibet. Il y a vingt-neuf ans, Sa Sainteté a été récompensée du Prix Nobel de la paix en reconnaissance de la campagne non-violente qu'il a menée pendant près de 40 ans pour rétablir la liberté des Tibétains, au Tibet.

Dans son discours d'acceptation, Sa Sainteté a déclaré : " Peu importe de quelle partie du monde nous venons, nous sommes tous fondamentalement les mêmes êtres humains. Nous cherchons tous le bonheur et essayons d'éviter la souffrance. Nous avons les mêmes préoccupations et les memes besoins humains fondamentaux. Nous tous, les êtres humains, nous aspirons à la liberté et au droit de déterminer notre propre destin, en tant qu'individus et en tant que peuples."

Les mots simples mais puissants de Sa Sainteté résonnent haut et fort dans le discours politique d'aujourd'hui et dans les croyances de nombreuses personnes. Le jeune garçon du village isolé de Taktser, en Amdo, allait toucher le cœur de millions de personnes en raison de sa gentillesse et de son engagement inébranlable en faveur de la non-violence. Des gens ordinaires aux dirigeants les plus influents du monde, les enseignements de Sa Sainteté sont mis en pratique comme un mode de vie et un moyen de parvenir à la paix et à l'harmonie entre tous les êtres humains.

Actuellement, Sa Sainteté consacre une grande partie de ses efforts à la renaissance de l'ancienne tradition indienne de Nalanda. Sa Sainteté s'entretient avec des scientifiques renommés pour comprendre le fonctionnement de l'esprit et des émotions et comment cette compréhensionpourrait être incorporée dans l'éducation moderne afin d’assurer un véritable bonheur aux générations à venir. Sa Sainteté a souligné à maintes reprises l'importance d'étudier la tradition Nalanda, indépendamment des différences de foi. Le gouvernement central et les gouvernements des États de l'Inde ont pleinement soutenu cette initiative et nous leur en sommes reconnaissants.

Ce jour est également célébré comme la Journée des Droits de l'Homme et, cette année, le monde célèbre le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme (DUDH). L'article 1er de la DUDH déclare que "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits". Cependant, les Droits humains fondamentaux consacrés dans ce document historique pour les Droits de l'Homme sur le plan international sont bafoués au Tibet sous le régime oppressif du Parti communiste chinois. Les Tibétains au Tibet sont soumis à la détention arbitraire, à l'emprisonnement, à la torture et à d'autres formes de traitement cruel. Quiconque ose s'exprimer sur les droits et la liberté de religion, de culture et de langue s'expose à de graves conséquences.

La récente circulaire du Bureau de la sécurité publique de la soi-disant Région autonome du Tibet (RAT) intitulée “Signalement des crimes et des violations commis par des forces souterraines”soulignela continuation et l’extension des restrictions au Tibet. Hormis la prétendue Région autonome du Tibet, cette circulaire est aujourd’hui mise en œuvre dans les autres régions tibétaines. La circulaire énumère 22 activités jugées illégales que les autorités chinoises demandent au peuple tibétain de dénoncer, parmi lesquelles la protection de la langue maternelle, la protection de l'environnement et la diffusion d'informations sur la Voie du milieu. Les Tibétains impliqués dans ces 22 activités sont accusés d'être des réactionnaires, des séparatistes et les promoteurs d'une pensée nationaliste étroite. Le gouvernement chinois proclame, d’une part, que la porte des négociations avec Sa Sainteté le Dalaï Lama est toujours ouverte et, d'autre part, il incrimine les Tibétains qui préconisent la Voie du milieu. C'est de l'hypocrisie pure et simple.

Une autre indication de la répression qui prévaut au Tibet reside dans les restrictions de voyage imposées aux Tibétains. Le gouvernement chinois impose advantage encore de restrictions sur les voyages à l'extérieur du Tibet, qu'il s'agisse de rencontres familiales ou de pèlerinages. Le gouvernement annule même les permis de voyage, révoque les passeports déjà délivrés et rend toujours plus difficile l'obtention de ces derniers. Les Tibétains au Tibet sont ainsi confrontés à de sévères restrictions de leur liberté de mouvement, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du Tibet.

Les Tibétains continuent de protester de manière non violente contre le régime répressif du gouvernement chinois. Depuis 2009, 153 Tibétains ont eu recours à l'auto-immolation, sacrifiant leur précieuse vie en appelant unanimement à la liberté au Tibet et au retour de Sa Sainteté le Dalaï Lama. Le 4 novembre 2018, Dopo, un jeune homme de 23 ans originaire de Ngaba, Choejema, Jako Depa, s'est mis à crier : "Que le Dalaï Lama vive longtemps ! Puissions-nous bientôt contempler son visage d'or", faisant ainsi apparaître clairement les aspirations du peuple tibétain. La violation continue des droits fondamentaux et des libertés du peuple tibétain par le gouvernement chinois est bien documentée dans les rapports des Nations Unies et d'autres organisations réputées de défense des droits.

Le 6 novembre dernier, la Chine a fait face à son troisième Examen périodique universel (EPU) au Conseil des Droits de l'Homme, à Genève. Au total, 12 États (Australie, Autriche, Canada, Danemark, France, Allemagne,Japon, Nouvelle-Zélande, Suède, Suisse, Royaume-Uni et États-Unis) se sont déclarés préoccupés par les violations des Droits de l'Homme au Tibet, en particulier la liberté de religion et de conviction, la liberté d'expression et de reunion, et par l'emprisonnement de Tashi Wangchuk, avocat de la langue tibétaine. Un appel a également été lancé en faveur d'un accès sans entrave des diplomates et des représentants de l'ONU au Tibet. La Nouvelle-Zélande a spécialement appelé à la "reprise du dialogue bilatéral sur le Tibet". Le Kashag, au nom de tous les Tibétains, saisit cette occasion pour exprimer sa gratitude à tous les pays qui se sont exprimés en faveur du Tibet lors de cet examen et exhorte tous les peuples épris de liberté et de justice à continuer à être solidaires avec nous.

En septembre de cette année, la Chambre des Représentants des États-Unis a adopté une loi sur l'accès réciproque au Tibet, un projet de loi bipartisan qui empêchera l'entrée aux États-Unis des responsables chinois qui interdisent l'entrée au Tibet aux citoyens américains. Le 28 novembre, la Commission des Affaires étrangères du Sénat américain a approuvé à l'unanimité la présentation de cette loi. La loi exprime son soutien aux Tibétains au Tibet et conteste l'authenticité de la propagande du gouvernement chinois clamant la prospérité du Tibet.

Outre la violation flagrante des Droits de l'Homme, le gouvernement chinois, depuis son occupation du Tibet en 1949, a gravement endommagé le fragile environnement du Tibet par des activités dites de développement. Pour alimenter les villes chinoises en électricité, les autorités chinoises conduisent des activités minières excessives et construisent de nombreux barrages. Ces événements ont déclenché les récents glissements de terrain et des inondations au long du lit de la rivière Drichu, à Jomda et Palyul, à Chamdo, dans l'Est du Tibet, et en conséquence l'évacuation de plus de 30.000 personnes. Nous demandons instamment au gouvernement chinois de cesser immédiatement ces activités dangereuses pour l'environnement.

Cette année marque les 60 ans de l'exil des Tibétains. Les Tibétains devraient réfléchir aux 60 dernières années, être fiers de leurs réalisations et être prudentsface aux déceptions. Nous ne devons jamais oublier la raison pour laquelle nous sommes en exil, ni notre aspiration commune à être unis avec les Tibétains au Tibet. Nous devrions nous souvenir du dévouement, du travail acharné et des engagements de Sa Sainteté le Dalaï Lama et de nos aînés. Nous devrions garder à l'esprit l'âge avancé de Sa Sainteté et, en ce moment critique de notre cause, remplir collectivement nos devoirs envers la cause tibétaine, dans son ensemble, avec le plus grand dévouement et la plus grande sincérité.

Profitant de cette occasion, le Kashag aimerait rappeler l'appui de dirigeants de diverses nations, de parlementaires, d’intellectuels, d’universitaires, d’organisations de défense des Droits de l’Homme et de groupes de soutien aux Tibétains qui, par leur foi inébranlable en la vérité et la justice, ont apporté un soutien constant au peuple tibétain. Nous nous souviendrons toujours, en particulier, de la gentillesse et de la magnanimité du peuple et du gouvernement de l'Inde. L'Inde a joué un rôle crucial en nous permettant de préserver notre identité et d'assurer le bien-être du peuple tibétain en exil. Pour cela, nous lui exprimons notre gratitudesincère.

Enfin, nous prions sincèrement pour la santé et la longévité de notre très estimé chef, Sa Sainteté le Grand Quatorzième Dalaï Lama du Tibet. Que tous ses voeux soient exaucés. Que la question du Tibet soit résolue immédiatemen

Note : Ceci est une traduction de la déclaration en tibétain. En cas de divergence, merci de considérer la version tibétaine comme définitive et faisant seule autorité.

 

LES DROITS DE L’HOMME AU TIBET – Octobre 2018

Sources : Tibet.net – International Campaign for Tibet

DHARAMSALA : Un ancien prisonnier politique, Shonu Palden agé de 41 ans, est décédé le 30 Septembre 2018 après avoir longuement lutté contre les séquelles des tortures infligées lors de sa détention, confirmé par nos sources.

Shonu Palden a été arrêté le 18 Juin 2012 pour sa participation aux manifestations de masse de 2008. Il a été gardé au secret pendant plus de deux mois au centre de détention de Machu, comté de Macho, Kanlho (Chi : Gannan) dans la Région Autonome du Tibet, Province de Gansu, partie traditionnelle de l’Amdo. Il a été ultérieurement condamné à 2 ans et 9 mois d’emprisonnement pour avoir été le fer de lance des manifestations de Mars 2008 dans le comté de Machu mais a été relâché avant la fin de sa peine le 24 Juillet 2013, souffrant de multiples problèmes de santé.

Les problèmes de santé rencontrés par Shonu Palden sont liés aux tortures et aux séquelles consécutives à celles-ci lors de sa détention au secret. Les personnes gardées au secret par les autorités chinoises sont interdites de communiquer avec le monde extérieur et d’informer qui que ce soit de leur détention. Ils n’ont accès ni à un conseiller ni à un médecin et sont souvent sujet à des interrogations rigoureuses et à de tortures sévères.

Shonu Palden a été gardé au secret pendant plus de 2 mois et atrocement torturé ce qui a entrainé des blessures gravissimes. Ces blessures n’ont pas été traitées quand il était en prison. Après sa remise en liberté, il subit 2 opérations majeures et resté cloué au lit pendant très longtemps. Ce traitement tardif n’a pas soulagé sa douleur et il est mort le 30 Septembre 2018 à l’âge de 41 ans.

Sa femme et ses 3 enfants lui ont survécu, 2 filles/Namgyal Dolma 10 ans, Tashi Dolma 5 ans et un fils Tenzin Khunkyab 8 ans

FESTIVAL DE PRIERES ANNULE EN PLEIN REGAIN DE CONTRÔLE DANS L' INSTITUT BOUDDHISTE de LARUNG GAR :

Les officiels chinois ont annulé le festival de prières de Dechen Shedrup à Larung Gar dans l’Est du Tibet, conformément à la déclaration officielle disant qu’aucune réunion religieuse importante ne serait autorisée à Larung Gar. Les Enseignements religieux à Larung Gar, le Centre mondial le plus important d’Etudes de Bouddhisme tibétain réunissait habituellement des milliers de Chinois et de dévots tibétains ainsi que des visiteurs du monde entier. L’annonce de l’interdiction de ces réunions au prétexte que Larung Gar est un lieu consacré aux études religieuses plutôt qu’à la pratique religieuse et, que donc, les dévots concernés par d’autres domaines n’étaient pas les bienvenus.

La sécurité a été accrue et la détresse des moines et des nonnes qui étudiaient à Larung Gar à Serthar est permanente (Chi Seda) Kardze (Ch Ganzi) dans la Région Autonome du Tibet, Sichuan (région tibétaine du Kham) après la mainmise totale du Parti Communiste sur le Monastère en 2017 qui fut suivie d’une vague de démolitions et d’expulsions. De nombreuses nonnes expulsées suite à cette reprise en main n’ont pas été relogées alors que les moines retournés dans leur village ne peuvent plus rejoindre les monastères et font face à de nombreuses restrictions.

Le ton officiel, bien plus sévère, de l’annonce de l’interdiction du festival pour la prière de Dechen  Shedrup qui avait déjà été interdite en 2016 semble être le résultat de la réunion de 200 cadres et officiels qui reprennent la même position clé au sujet de l’Institut annoncée en 2017 et confirme la prise en main du management, des comptes, de la sécurité, des admissions et même du choix des textes étudiés. Ces décisions ont été précédées par la démolition des cellules de moines et nonnes, accompagnée d’expulsions massives.

Seuls les moines résidant actuellement à Larung Gar sont autorisés à dire les prières au moment du festival de Dechen Shedrup d’après une note officielle datée du 16 Octobre 2018.

La note officielle confirme également que la destination du Monastère est l’étude religieuse et l’éducation se référant à une restriction renforcée du contrôle dans un climat  général déjà oppressif concernant la religion. Un ancien moine venant du Tibet ayant lu la note sur internet a dit « l’année dernière les autorités ont inventé des excuses variées pour annuler le festival prétextant des reconstructions et que la sécurité pourrait donc, entre autres, ne pas être assurée. Mais celle de cette année dit simplement qu’étant donné le « niveau moyen » de l’institut Nyingma, référence au fait que Narung Gar ait été fondé plus récemment que des institutions plus anciennes telle que par exemple Samye, aucun rassemblement religieux majeur ne se tiendrait là. La notice officielle réaffirme que la fonction de Larung Gar est l’éducation religieuse.

L’année dernière, le bannissement du festival de Dechen Schedrub coïncidait avec le renforcement de la sécurité et l’accroissement du check point à Larung Gar qui semble s’être intensifié cette année si l’on s’en réfère au rapport reçu par l’ICT. La police a choisi une approche plus stricte quant aux visiteurs de ce site avec des accès fermés pour Larung Gar, la ville de Serthar ainsi que d’autres sites à Kardze (chinois Ganzi) fermés aux étrangers au cours de l’été et des check points de police sur toutes les routes importantes menant à Larung Gar. La plupart des reconstructions du monastère ont été menées dans le but d’attirer les touristes ; le développement touristique dans la région de Serthar, sert d’outil pour contrer l’influence culturelle résiliente et monastique. Mais cette année, il apparaît que le tourisme est une priorité mineure pour les autorités, comparé à la mainmise du parti pour empêcher tout grand rassemblement de moines et de nonnes et imposer des restrictions encore plus contraignantes dans le but pour les autorités chinoises de siniser le bouddhisme tibétain.

Des rapports indiquent la conscience permanente parmi les moines et les nonnes de la présence de la police ainsi que d’officiels de la sécurité en civil, un visiteur a indiqué avoir aperçu un groupe de Chinois en civil dans un bus à l’extérieur du temple principal avec une pile de revolvers visible dans le véhicule. Ce même visiteur, qui avait déjà par le passé visité le monastère, a constaté que « L’endroit est tellement différent d’avant, tellement vide, pas seulement de moines et de nonnes mais également de pèlerins tibétains ainsi que de pèlerins chinois. Je me suis senti triste, brisé ».

Ce même voyageur a dit que les nonnes logées temporairement dans des bâtiments en préfabriqué près d’un nouvel établissement construit pour elles sur la route de Larung Gar n’étaient pas autorisées à retourner au monastère, quelques 200 autres nonnes attendaient dans des tentes sur une colline d’être relogées. Des nouveaux bâtiments pour les nonnes ont été reconstruits cet été mais on ignore en fait à qui ils sont réellement destinés.

Selon cette même source, l’histoire typique d’un moine qui a été expulsé de Larung Gar après avoir étudié au monastère depuis son enfance mais qui, après l’expulsion, a été assigné à rester dans son village et interdit d’étudier où que ce soit. Il leur a été conseillé, à lui et d’autres moines, de se défroquer et d’abandonner leur sacerdoce. D’autres personnes à Larung Gar lui ont dit que des moines et des nonnes en provenance de Lhassa, également expulsés, ont été emprisonnés dès leur retour dans la ville.

Cette année, le festival religieux de Dechen Shedrup tombe le 30 octobre et dure à peu près huit jours. Traditionnellement, un grand nombre de dévôts se retrouvent ensemble pour le festival. Il a déjà été annulé en 2016 pendant le pic des démolitions, une fois encore en 2009 après que les manifestations suivies par une forte répression se soient répandues au Tibet en 2008. L’année dernière, les autorités avaient promis qu’elles autoriseraient le festival et les moines avaient donc commencé les préparations, mais il a été soudainement annulé juste avant le début des prières qui devaient commencer le 6 novembre 2017.

Les photos récentes du complexe religieux qui revitalisait le bouddhisme tibétain dans les zones tibétaines depuis 1980 et attirait des milliers de pratiquants bouddhistes chinois ainsi que des tibétains, montraient trois larges espaces totalement vides après la démolition des maisons de part et d’autre. Des zones de résidences ont été partagées en plusieurs segments et une vaste zone bétonnée a été aménagée afin que les voitures de touristes puissent arriver jusqu’à leur hôtel. De nouveaux espaces destinés au stockage de l’eau et de l’électricité, ont été créés ainsi que des escaliers pour monter sur les collines. D’après un tibétain qui connait le lieu, « les derniers visiteurs ont constaté qu’il restait des infrastructures à construire mais pas au niveau des démolitions qui ont été effectuées et personne ne croit à la justification des autorités quant aux nombres des expulsions, qui sont tellement pénibles pour les tibétains mais montrent quel est l’agenda politique des autorités ».

Une brochure officielle éditée en août 2017 annonçait qu’une partie de Larung Gar serait destinée à être un « Institut ou Académie » avec un maximum de 1500 résidents, qui seraient pour la plupart des moines, ainsi qu’un monastère qui logerait un maximum de 3500 résidents, pour la plupart des nonnes. Ce même document, traduit en anglais par Human Rights Watch, pointe du doigt l’augmentation sévère du contrôle sur les religieux, en appelant à des limites strictes quant au nombre de résidents autorisés, et de la surveillance sans faille de la population du monastère par l’établissement d’un système de « gestion du réseau » à travers toute la cité. Il fait également état que chaque résident et visiteur devront être enregistrés « sous leur nom réel » avec, pour les moines, des symboles rouges ou des étiquettes rouges pour les différencier, tandis que les nonnes auraient des tampons jaunes ; quant aux dévôts, ils auraient des signes distinctifs verts.

Ces nouvelles mesures vont démoraliser la population religieuse de l’académie et affaiblir leur autorité ainsi que l’influence des enseignants religieux de Larung Gar.

Ce qui suit est la traduction d’une notice officielle qui a été publiée en chinois et tibétain :

Comité de Management du Monastère de Larung

Comité de Management de l’Académie des cinq sciences du Bouddhisme de Serthar

Bureau des Affaires Religieuses et Ethniques du Comté de Serthar

 

Notice concernant l’annulation du Festival de Dechen Shedrub en 2018 :

Dans le but de consolider et de promouvoir les résultats de la rectification des prières dans les temples clés en accord avec la nouvelle révision de « l’Ordonnance des Affaires Religieuses » ainsi que de la « Méthode d’administration des Affaires Religieuses » dans la Préfecture tibétaine autonome de Kardze, le monastère de Larung Gar n’organisera pas le festival de Dechen Shedrub en 2018. Seuls les moines résidents pourront lire les écritures et aucun moine, membre des masses de croyants de l’extérieur du monastère ou d’un quelconque institut, ne sera autorisé à y participer. Les comités et gouvernements du parti doivent diriger la masse en lui donnant une bonne orientation idéologique et décourager les moines des alentours ainsi que les nombreux croyants à venir à Larung Gar.

D’après le Département Uni du Travail, l’installation de l’Institut bouddhiste des Cinq Sciences du Comté de Sertar à Larung, ainsi que le monastère lui-même, ont été chacun séparément approuvés par le Bureau National des Affaires Religieuses en tant que « Institut Bouddhiste des Cinq Sciences de Sertar ». Etant donné que cet Institut est l’un des centres d’entraînement de niveau moyen de l’école Nygma de la Préfecture de Kardze, responsable pour les travaux en langue tibétaine concernant le bouddhisme tibétain, ce n’est pas le seul acteur principal à pouvoir s’occuper des activités bouddhistes. Quelle que soit la communication, en ligne ou non, proclamant que l’Institut Bouddhiste des Cinq Sciences de Sertar puisse organiser n’importe quel type de festival bouddhique, est faux. Nous demandons respectueusement à ce que toutes les villes et villages guident correctement les masses de moines et de croyants.

(Sceau du Comité de Management du Monastère de Larung)

(Sceau du Comité de Management de l’Académie des Cinq Sciences du Monastère de Larung)

(Sceau du Bureau des Affaires Religieuses et Ethniques du Comté de Sertar)

LES TIBETAINS DE GANSU PROTESTENT CONTRE LE MANQUE DE COMPENSATION POUR LA PERTE DE LEUR CHEPTEL

Des douzaines de tibétains habitants de la Province chinoise de Gansu protestent en face des bureaux gouvernementaux dans le Comté de Chone afin de demander les compensations promises pour la restriction du bétail appliquée il y a trois ans sur ordre gouvernemental (de source tibétaine). Les manifestations ont été lancées le 13 octobre dans le village de Chone’s Nyipa et en appelaient aux autorités à fournir les subsides gouvernementaux promis ainsi que d’autres bénéfices pour une centaine de familles ayant réduit leur cheptel comme  imposé.

S’ex primant sur une vidéo obtenue par Radio Free Asia/Département Tibétain, un villageois rapporte que les promesses faites par les officiels en 2015 n’ont toujours pas été honorées.

« Le gouvernement a failli, en ne délivrant pas comme promis une assistance aux familles », vidéo qui a largement circulé dans les médias sociaux tibétains. « Donc, comme ils n’ont pas reçu l’assistance promise par le gouvernement, les tibétains habitant le village de Nyipa élèvent une protestation ». Les efforts gouvernementaux pour limiter le nombre de troupeaux d’animaux appartenant à des familles tibétaines, ont été guidés par leurs préoccupations quant au surpâturage des prairies vulnérables. Mais, ce frein apporté au nombre d’animaux a eu l’impact inverse sur les moyens de subsistance locaux disent les villageois.

« Les villageois pensent qu’ils ont été bernés par le gouvernement. »

Les tibétains qui prennent part aux protestations  incluent des villageois âgés qui dorment actuellement à même le sol depuis quelques nuits car les officiels ne tiennent aucun compte de leurs plaintes. 

Lorsque Golog Jigme, ancien prisonnier politique vivant en Suisse, a parlé au Département tibétain de Radio Free Asia le 17 octobre, il a rapporté qu’à peu près soixante ou soixante-dix des cent familles du village de Nyipa n’ont  plus du tout de bétail.

« Les trente familles restantes ont maintenant vendu tous leurs animaux, vaches, yaks, moutons » a dit Jigme, citant ses contacts dans la région. Il a réitéré des demandes aux officiels du Comté de Chone à ce sujet, sans réponse à ce jour.

Rapporté par Dorjee Tso et Sonam Lhamo pour RFA/Dpt Tibétain.
Traduit par Dorjee Damdu. Rédigé en anglais par Richard Finney ;

 LES PROTESTATAIRES TIBETAINS AU SUJET DE LEUR TERRE ATTAQUES ET BATTUS A QINGHAI

Des travailleurs chinois installant un panneau solaire dans la province de Qinghai la semaine dernière, ont attaqué un groupe de tibétains protestant de leur intrusion dans une zone de pâturage, traînant l’un des tibétains blessé sur leur camion et l’abandonnant ensuite sur le sol (source tibétaine).

Cette agression est survenue le 11 octobre lorsque des groupes de travailleurs sont arrivés dans le village de Cheoje dans le Tsolo (ch : Hainan) dans la Préfecture tibétaine autonome de Chabcha, a rapporté une source locale au Département tibétain du RFA.

« Les entrepreneurs chinois devaient amener de lourdes machines ainsi que d’autres véhicules en traversant des prairies appartenant à des tibétaine afin d’atteindre le site et les tibétains locaux leur demandaient de leur verser une compensation ou de signer un accord avec eux » (source tibétaine sous condition d’anonymat). « Quand les chinois ont refusé, il y a eu une confrontation » rapporte la source.

Dans une vidéo concernant cet événement et envoyée au RFA, un protestataire tibétain tentant d’arrêter le travail est percuté par le camion d’un ouvrier chinois, le véhicule accélère et s’enfuit avec le tibétain toujours accroché au pare-choc. Un peu plus tard, un travailleur chinois s’approche de l’homme qui git inconscient sur le sol et lui donne des coups de pieds dans la tête, tandis que les autres ouvriers attaquent à coups de pelle et battent les tibétains venus secourir le blessé.

« Quand d’autres tibétains arrivèrent pour se battre contre les ouvriers, la police chinoise est arrivée. Pour le moment, le projet d’installation du panneau solaire est temporairement abandonné ».

S’exprimant aussi à la RFA, une deuxième source locale a rapporté que deux tibétains avaient été blessés lors de la rixe et la police avait emmené plusieurs des ouvriers chinois en prison. « Des détails sur leur statut actuel demeurent inconnus » a-t-il ajouté.

Les projets de développement chinois dans les zones tibétaines ont conduit à de nombreux affrontements avec les tibétains qui accusent les entreprises chinoises et les officiels locaux de se saisir de territoires leur appartenant et de perturber la vie des populations autochtones. Ce qui mène à des actes violents, à la détention des organisateurs des protestations et à une répression intense sur la population locale afin de complaire aux vœux du gouvernement.

Rapport par Lhuboom pour RFA/Département Tibétain. Traduit par Dorjee Damdul. Rédigé en anglais par Richard Finney.

DES VILLAGEOIS TIBETAINS EXPULSES DE LEURS MAISONS DANS LE COMTE DE CONJO A CHAMDO

Les autorités chinoises ont ordonné à des villageois tibétains vivant dans un Comté du Tibet de l’est, riche en ressources diverses, de se reloger ailleurs afin de laisser la place pour des projets d’extraction de minerais et de développement, d’après une source locale. Ces déplacements forcés affectent neuf villages à Chamdo (Ch : Changdu) dans la Préfecture de Gonjo, et doivent être finalisés fin 2018. (Rapporté par un résident sous couvert d’anonymat).

 Les villages devant être évacués incluent Chaka, Pallo, Yasha, les hauts et bas de Deb, Chulsum et Garnyi (RFA) ajoutant que les résidents seront relogés à Meldro Gongkar et Toelung dans la municipalité de Lhassa et dans la région de Lhoka, plus à l’ouest.

Les tibétains de ces villages croient que les autorités chinoises locales de Gonjo veulent construire une centrale électrique ainsi qu’effectuer de l’extraction minière dans la région et que c’est pour ces raisons qu’ils sont expulsés de leurs terres ancestrales.

« Les tibétains du village de Gonjo vendent leur bétail ou les amènent chez le boucher afin de préparer leur migration forcée ». Le Comté de Gonjo est connu pour ses ressources naturelles ainsi que pour l’abondance du yartsa gunbu (ou Cordyceps) atteignant des prix faramineux et qui sont des champignons médicaux renommés.

Le nombre de villageois concernés par cet ordre n’est pas clair. Le Comté de Gonjo compte une population d’environ quarante mille personnes si l’on en croit le recensement conduit en 2010.

« Dans les termes de l’ordre d’expulsion chinois, durant la cueillette du yartsa gunbu, les villageois seront autorisés à revenir dans la région pendant les vingt prochaines années.

Ces dernières expulsions vont partie d’une série d’autres concernant Gonjo ainsi que d’autres régions  comme plusieurs villages ont été forcés de s’y soumettre, à Nyingtri dans la Préfecture de Kongpo il y a environ dix ans.

En mai 2015, les autorités chinoises ont sévi sur des villageois protestant contre la construction d’une route menant à un site d’extraction de minerai concernant une montagne sacrée à Gonjo, détenant un nombre indéterminé de personnes et laissant derrière eux de nombreux blessés graves (source RFA).

La construction de la route menant à la montagne Mini proche du village d’Awong s’est terminée vers le 2 avril après avoir été bloquée l’année précédente par des opposants au projet.

Certaines régions tibétaines sont devenues pour la croissance économique chinoise une importante source de minerais et les opérations minières ont fréquemment menées à l’affrontement avec les tibétains qui accusent les entrepreneurs chinois de la destruction de sites à caractère spirituel reconnu tout en polluant l’environnement lors de leur extraction.

Rapport de Dawa Dolma pour RFA/Département Tibétain. Traduit par Dorjee Damdul. Rédigé en anglais par Richard Finney. Traduction française Anne Gianni

 

Foot - Les Tibétains qualifiés pour la Coupe du monde CONIFA 

ACT - Central Tibetan Administration - 1er septembre 2017 - 

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DHARAMSHALA - L'équipe du football national du Tibet doit participer à la Coupe du monde de football 2018 à Londres l'été prochain.

La coupe du football mondial est organisée par la Confédération des associations indépendantes de football (CONIFA), l'organe directeur international des associations affiliées non-FIFA pour le football.

Au moins 16 équipes de 4 continents participeront à l'édition 2018, ce qui en fait le plus grand tournoi jamais joué en dehors de la FIFA.  Les équipes comprennent l'une de l'Océanie, l'une de l'Amérique du Nord, deux d'Afrique et d'Asie, et cinq d'Europe. Les autres sont automatiquement qualifiés en tant qu'équipes hôtes et champions en titre.

L'équipe nationale de football du Tibet A est officiellement qualifiée pour la Coupe du monde de football 2018 grâce à un billet de wild card accordé par CONIFA. La CONIFA World Football Cup est le plus grand et le plus connu tournoi de football des équipes nationales de football qui ne jouissent pas de l'adhésion à la FIFA.

Le tournoi débutera officiellement le 31 mai 2018 et le match final est prévu pour le 9 juin 2018.

 

Le Dalai Lama

La vraie beauté d'un être humain se trouve dans son sourire

ACT - Central Tibetan Administration - 6 septembre 2017 - 

 

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Sa Sainteté le Dalaï Lama parlant à sa résidence à Dharamshala, HP, Inde, le 6 septembre 2017. Photo de Tenzin Choejor / OHHDL

Dharamshala - Sa Sainteté le 14ème Dalai Lama a interagi avec les étudiants et les membres du corps professoral de l'Université de Californie San Diego et une poignée de participants de Mumbai, à sa résidence à Tsuglagkhang à Dharamshala aujourd'hui.

Sa Sainteté a commencé son discours en communiquant, en bref, des connaissances basées sur l'histoire du Tibet. Il a mentionné les liens culturels partagés entre l'Inde et le Tibet qui remontent au septième siècle.

"L'empereur tibétain du septième siècle s'est marié avec une princesse chinoise, mais en ce qui concerne la culture, il préférait l'Inde. Afin d'améliorer la langue et le script tibétains, il a copié le script Devnagri de l'Inde ".

 "Plus tard au VIIIe siècle, Trisong Detsen, qui était lui-même le fils d'une princesse chinoise, voulait introduire le bouddhisme à plus grande échelle. Il a donc invité le grand érudit de Nalanda, Shantarakshita, qui a introduit le bouddhisme au Tibet en fonction de la tradition Nalanda. Nous avons suivi et préservé cette tradition. "

 "Lorsque je suis arrivé en Inde après avoir été envoyé à l'exil, j'ai constaté que le bouddhisme Nalanda introduit par Shantarakshita était très utile. Il nous enseigne des façons de promouvoir la force intérieure et la confiance en soi. L'essence de toutes les traditions religieuses porte le même message, le message d'amour, de pardon et de tolérance. Cependant, la tradition de Nalanda nous enseigne à utiliser largement notre intelligence pour promouvoir et renforcer ces valeurs intérieures ".

"Alors spirituellement parlant, l'Inde est notre foyer. Donc, maintenant, l'un de mes engagements est d'essayer de relancer cette ancienne connaissance indienne en Inde. Cette connaissance ancienne est également pertinente dans le monde d'aujourd'hui. Beaucoup de crise auxquelles nous sommes confrontés est en fait notre propre création. Les catastrophes naturelles sont différentes.  Toute la violence dans le monde d'aujourd'hui est finalement liée aux émotions. Le manque de tranquillité d'esprit, le manque d'esprit compatissant et le manque de tolérance spirituelle entraînent de tels problèmes. Nous devons réfléchir à la façon de développer notre force intérieure (éthique laïque, principes moraux). La chaleur intérieure mène à des conditions physiques plus saines qui, à son tour, entraînent une tranquillité d'esprit. Trop d'attitude autocentrée conduit à la peur et à la méfiance ".

 Il a dit: "La vraie beauté d'un être humain réside dans son sourire, son sourire qui exprime la chaleur, l'amour et le respect".

"Les émotions telles que la colère et la haine font partie de notre esprit et donc le remède de ces émotions destructrices doit se développer dans notre esprit. L'émotion destructrice comme la colère provient de la peur et de la méfiance.  Aider les autres et diffuser le message d'amour et de compassion est l'antidote aux émotions destructrices. "

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 Sa Sainteté le Dalaï Lama a parlé à des groupes de Mumbai et de l'Université de Californie à San Diego à sa résidence à Dharamshala, HP, en Inde, le 6 septembre 2017. Photo de Tenzin Choejor / OHHDL

Sa Sainteté a mentionné que la laïcité signifiait non seulement le respect de toutes les religions, mais aussi le respect des non-croyants.

"D'un article que j'ai récemment lu, sur sept milliards d'êtres humains, un milliard est non-croyant. Franchement, parmi les six milliards de croyants, certains utilisent leur foi pour la non-violence. Par conséquent, selon leurs actions, ils sont en fait des non-croyants et non des croyants. Cela montre le manque de conviction pour les valeurs intérieures. S'il y a une pleine conviction, toutes les traditions religieuses ont le même potentiel pour promouvoir ces valeurs plus profondes ".

"Selon certaines traditions religieuses, il n'y a pas de vie antérieure.  Cette même vie est créée par Dieu. Tout comme notre père, nous sommes tous des enfants de Dieu. Personne ne dit que Dieu est plein de colère. Nous sommes des enfants d'un Dieu aussi merveilleux que notre père.  Nous devrions montrer plus de conviction, plus de foi à notre créateur qui aura un impact positif dans nos esprits qui nous aidera à être une personne plus compatissante et plus aimante ".

"Samkhya, Jainisme et Bouddhisme, ces trois traditions religieuses de l'Inde n'ont aucun concept de Dieu, mais plutôt de création de soi, donc il n'y a pas de commencement. Tout dépend de vos propres mains et de vos propres actions et mentalité. Si vous êtes compatissant et faites des actes de compassion, votre vie future sera plus heureuse. Si vous nuisez à d'autres, vous obtenez des conséquences négatives. Cela aussi, pour certaines personnes, est très efficace et puissant ".

"Par conséquent, différentes religions à travers différentes méthodes d'approche philosophiques ont le même but.  Amour, gentillesse et compassion et tolérance ".

"La promotion de valeurs humaines profondes et de l'amour devrait commencer par l'éducation, du niveau de la maternelle au niveau universitaire, sur les valeurs intérieures basées entièrement sur les découvertes scientifiques, le bon sens et l'expérience commune.  Cela reste l'un de mes principaux engagements que je voulais partager aujourd'hui avec vous, mes amis."

En conclusion Sa Sainteté, a déclaré: "Être indifférent est immoral. En ce qui concerne l'humanité, en tant qu'êtres humains, nous devons travailler ensemble pour atteindre l'objectif de la paix mondiale."

Après son discours, Sa Sainteté s'est engagée dans une séance de questions-réponses avec les étudiants de l'Université. 

 

A Mexico, Lobsang Sangay parle de l'environnement du Tibet

 ACT - Central Tibetan Administration - 8 septembre 2017 - 

 

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Président Dr Lobsang Sangay présentant un souvenir au vice-recteur d'Alejandro Guevara de l'Université Iberoamérica

 

Mexico City - Le 7 septembre, dernier jour de sa visite de quatre jours à la ville de Mexico, le président de l'administration centrale tibétaine, le Dr Lobsang Sangay a fait une apparition dans Prime Time Morning News du réseau télévisé Televisa avec l'ancêtre Carlos Loret de Mola. 

Dans l'interview télévisée, le Dr Sangay a souligné la répression religieuse au Tibet, citant le cas de Larung Gar et Yarchen Gar.  Il a également abordé la politique fondamentale du CTA consistant à résoudre le problème du Tibet - en cherchant une autonomie significative - plutôt que de se séparer de la Chine. À cet égard, le Dr Sangay a exhorté le soutien du gouvernement mexicain.

À la suite de l'entrevue télévisée, le Dr Sangay a visité l'Université d'Iberoamérica, une Société de Jésus a financé l'une des universités les plus prestigieuses du Mexique, situé dans le quartier de Santa Fe, dans la ville de Mexico.

Sur le campus universitaire, le Dr Sangay a été cordialement reçu par le vice-recteur académique Dr. Alejandro Guevara Sanginés.  Il a ensuite été accueilli au bureau du recteur David Fernández Dávalo.  S'adressant aux étudiants de l'université, le Dr Lobsang Sangay les a initialement introduit dans le paysage géographique du Tibet et ses caractéristiques uniques: le plus haut plateau sur la terre ; tour d'eau du continent asiatique et refroidisseur d'air de la planète entière en retirant le dioxyde de carbone hors de l'atmosphère.

Cependant, le Dr Sangay a déclaré que cela a changé au cours des dernières années avec la fonte des glaciers à un rythme rapide, principalement affecté par les opérations minières chinoises implacables sur le toit du monde.  Il a déclaré que la température sur le plateau tibétain augmente beaucoup plus rapidement que le reste du monde.  "Étant donné que Pékin n'est pas signataire des accords internationaux sur le partage de l'eau, les stratèges géopolitiques craignent que la prochaine guerre soit à propos de l'eau", at-il déclaré.

Le président Dr Sangay a également parlé des répressions religieuses au Tibet, en particulier à la plus grande académie bouddhiste de Larung Gar et à Yarchen Gar. Il a déclaré que dans les deux centres, le gouvernement chinois a récemment démoli les quartiers résidentiels des moines et des religieuses et a expulsé les religieuses et les moines avec des interdictions de ne pas y revenir dans le futur.

Avec la suppression continue de la religion, de la culture et des langues tibétaines par les autorités chinoises, le Président a déclaré que de plus en plus de Tibétains sont angoissés et forcés d'entreprendre l'action radicale de se suicider eux-mêmes pour protester contre les politiques répressives.

Le Dr Sangay a déclaré que, bien que la situation au Tibet soit déprimante, elle n'attire pas l'attention des médias internationaux comme celui de la Syrie, de la Corée du Nord, de l'Afghanistan, parce que les médias suivent toujours des informations sensationnelles. Malgré tous les défis, le Dr Sangay a déclaré que les Tibétains veulent prouver que la non-violence est juste;  que la vérité est juste et prouver que les droits de l'homme et la démocratie sont la voie de la raison.

Après le discours, beaucoup de temps a été consacré aux questions-réponses avec de nombreux étudiants et membres du corps enseignant. Le Dr Sangay a également donné une brève interview radio à la radio de l'université Ibero 90.9 suite à son discours à l'université.

Avant de quitter le campus universitaire, le vice-recteur Dr. Alejandro Guevara a offert une réception en l'honneur du président du CTA.  Le déjeuner a été rejoint par les membres de la faculté.  Le président Dr Lobsang Sangay a quitté la ville de Mexico ce matin, le 7 septembre, pour Washington DC, après avoir conclu avec succès sa visite.

 

Larung Gar

La Chine déchire la ville tibétaine dans le ciel

ACT - Central Tibetan Administration - 4 août 2017

 

Steve Shaw, The Diplomat, 3 août 2017

À l'extrémité orientale du vaste plateau tibétain se trouve un vaste monastère appelé Larung Gar, le plus grand institut bouddhiste tibétain du monde et un monument historique de la culture, de la religion et de l'histoire tibétaines.

Il abrite entre 10 000 et 40 000 habitants, y compris les moines, les religieuses et les étudiants invités. Parce que Larung Gar se trouve à une altitude de plus de 13 000 pieds (3 962 m), il est devenu une «ville dans le ciel».

Mais en juin 2016, le gouvernement chinois à Pékin a publié une ordonnance indiquant que le site était devenu surpeuplé et que sa population devait être réduite à un maximum de 5.000 d'ici octobre 2017.

En quelques semaines, les équipes de travail sont descendues sur la communauté pacifique et ont commencé à détruire les maisons des gens, réduisant les cabines à rien de plus que du bois éclaté et du verre cassé. Les propriétaires ont été forcés de signer des documents acceptant de ne pas revenir dans la région et de "maintenir l'unité de la nation". Ils ont ensuite été forcés de monter à bord des bus et ont été emmenés.

L'année dernière, environ 3.730 résidents ont été forcés de partir et 172 résidences de moines et 1.328 résidences de nonnes ont été détruites - un total de 1 500 résidences démolies. D'autres démolitions ont commencé plus tôt cette année.

«L'ensemble du processus - de l'expulsion à la démolition et finalement au déménagement forcé par autobus - est opaque», a déclaré un porte-parole de l'organisation de plaidoyer Free Tibet.  "Les autorités de la région n'ont partagé aucune information sur le sort de ceux qui sont chassés, les gens disant que les familles sont forcées de loger des proches qui ont été retirés de Larung Gar".

À mesure que les images ont commencé à émerger de la destruction, les groupes de défense des droits de l'homme et les organisations internationales ont dénoncé la répression des libertés religieuses et la tentative du gouvernement chinois de détruire une icône de la culture tibétaine.

Mais avec des voyages dans la région sévèrement restreints pour les voyageurs internationaux, les médias et les organisations d'aide, il était presque impossible de voir de première main ce qui se passait.  Cependant, un jeune Canadien-Chinois a pu rejoindre Larung Gar en raison de ses origines chinoises et de sa capacité à parler couramment le mandarin.

La vérité cachée

Au début de 2017, David Chan a voyagé à Chengdu, la capitale de la province chinoise du Sichuan et la ville la plus proche de Larung Gar, où il a rejoint un groupe de touristes chinois.  Les citoyens chinois sont autorisés à visiter le Tibet dans le cadre de la poussée de la Chine pour faire de la région une destination attrayante pour le tourisme et la réinstallation.

"J'ai rencontré quelques touristes chinois qui voulaient partir; Je ne les connaissais pas au préalable ", a déclaré Chan.   "Nous avons ensuite rejoint l'un des nombreux très petits tours. Les conducteurs prennent des groupes de peut-être trois à cinq en SUV et vous avez besoin de la connaissance du conducteur pour atteindre Larung Gar. Sans ces groupes, il aurait été très difficile d'y arriver."

"C'était un très long voyage de Chengdu et, en voyageant, nous nous sommes tous connus. Quand j'ai demandé à mes compagnons au sujet du Tibet, ils m'ont donné le récit des choses par les médias d'Etat. On m'a dit que le peuple tibétain est très prospère, que le gouvernement chinois s'occupe bien d'eux, que le gouvernement lui donne de l'argent pour ses terres et que leur bétail peut être vendu au gouvernement chinois à un prix très élevé et ils ont de grands subventions fiscales, beaucoup de choses comme ça."  "Ils m'ont dit que les Tibétains n'avaient aucune raison de s'opposer au gouvernement chinois parce que leur vie était très bonne. Ils m'ont dit que ceux qui protestaient n'étaient que des fauteurs de troubles."

Les Tibétains ont fait campagne pour la liberté depuis que les forces chinoises ont commencé à occuper leur pays en 1950. Le gouvernement chinois prétend que les accusations d'oppression au Tibet sont un mythe et disent que le Tibet devenant partie de la République populaire de Chine est extrêmement bon pour la population.  En regardant le développement économique du Tibet aujourd'hui, on peut affirmer que la Chine est correcte en disant qu'elle a amélioré la région en introduisant des choses telles que les autoroutes, les chemins de fer, les hôtels et l'électricité, mais ce n'est que si vous regardez la situation en surface.

En réalité, la discrimination sociale et ethnique est répandue, les Chinois Han étant les principaux bénéficiaires du développement. En 2016, le chien de garde indépendant Freedom House a noté : "En vertu de la constitution chinoise, les zones autonomes ont le droit de formuler leurs propres règlements et d'appliquer une législation nationale conformément aux conditions locales. Dans la pratique, cependant, le pouvoir décisionnel est concentré entre les mains des hauts responsables ethniques [Han] chinois du PCC [Parti communiste chinois] ".

"Peu de Tibétains occupent des postes supérieurs et servent surtout de figurines et d'écho de la doctrine officielle. "  Les emplois du tourisme, de l'infrastructure et des projets de construction sont également primordialement accordés aux migrants chinois Han et, dans certaines régions, la migration chinoise Han a été si étendue que les Tibétains sont devenus une minorité de leur propre pays. Les gens sont confrontés à une arrestation et à une peine pour «crimes» aussi simples que d'avoir un drapeau tibétain ou de protester publiquement.

Il a fallu deux jours pour Chan pour atteindre Larung Gar de Chengdu et il a dû traverser deux blocs routiers qui ont été surveillés par des sentinelles armées. Tout au long du voyage, il a été considéré comme un touriste domestique. Le groupe de touristes est arrivé à une période de l'année où les démolitions n'ont pas repris complètement après la saison/ "Le niveau et l'ampleur des démolitions variaient selon différentes parties du complexe du monastère. Dans certaines parties, il semblait que des bandes de résidences étaient défrichées, et à d'autres endroits, j'ai vu de nombreuses maisons peintes avec des nombres et destinées à la démolition. Il y avait aussi des débris allongés. Je pense que j'en ai vu beaucoup. Des bulldozers aussi ", a déclaré Chan.  "Les démolitions étaient vastes mais pas répandues. En disant cela, je veux dire que ce ne sont pas toutes les résidences qui ont été détruites. Certaines étaient détruites et d'autres pas. Il y avait aussi des résidences en béton modernes construites par le gouvernement, aux côtés des maisons d'origine. Ces démolitions semblent être plus sur la réduction du nombre de moines et de religieuses".

Contrairement aux touristes qui l'accompagnaient, Chan était désireux de faire plus que de prendre des photos. Pour en savoir plus sur ce qui se passait, il voulait parler directement aux moines et aux religieuses.

Je me suis séparé du reste du groupe en allant dans une allée étroite et j'ai dû essayer de parler à au moins 20 personnes différentes, mais personne ne me parlait. Ensuite, j'ai rappelé que dans le film de Brad Pitt Seven Years au Tibet, deux alpinistes européens ont réussi à se rendre à un chef du village tibétain parce qu'ils leur ont montré une image du Dalai Lama. J'ai donc une photo de lui sur mon téléphone. C'est par cette méthode que j'ai finalement rencontré une nonne qui voulait parler avec moi."  "Cette religieuse pouvait converser en mandarin. Elle m'a dit que les dévots avaient vu ce problème [les démolitions] qu'ils ne pouvaient pas arrêter parce que la Chine était trop puissante. Elle a précisé que dire qu'il y avait un surpeuplement n'était pas juste car ils vivaient bien eux-mêmes. J'ai vu que si le surpeuplement était un problème, alors le gouvernement pourrait facilement construire plus de maisons sur le flanc de la montagne sans démolir quoi que ce soit.  Il y a tellement de terrain que ça serait si simple. "

Le Tibet libre [Free Tibet] ne rejette pas entièrement la notion que Larung Gar peut avoir été surpeuplé mais dit que la façon dont la Chine a agi constitue le problème. Le groupe fait valoir que l'expulsion de personnes et leur transfert à des milliers de kilomètres avant de détruire leur maison par la force ne semblent pas commandés par des impératifs de sécurité et ne sont pas non plus une politique que l'on retrouve ailleurs dans les principales villes chinoises également confrontées à des problèmes de surpeuplement.

Larung-Gar1

L'agenda réel

Sur la base de ce qu'il a vu de première main, Chan croit que le problème porte sur un développement à base de sensibilité culturelle et historique.  "Cela semblait être plus sur le rejigging de la zone pour le tourisme et l'activité économique. L'impact de la vie choisie par les moines et les religieuses est apparu accidentellement. Je n'ai pas vu cela comme un effacement absolu des pratiques des moines et des religieuses. Mais c'est encore une injustice parce que leurs voix n'ont apparemment pas été jugées et considérées équitablement par le gouvernement chinois."

 "Le groupe et mon conducteur chinois m'ont dit que le gouvernement voulait rendre l'endroit populaire pour les touristes. Le gouvernement semble reconnaître que l'endroit est tout à fait unique au monde et qu'ils veulent réduire les problèmes politiques avec le Tibet."  "Ils veulent aussi garder une grande partie de l'architecture tibétaine de base, alors quand les touristes viennent, ils peuvent voir tous ces beaux bâtiments et l'histoire. Maintenant, tout va bien, mais le coût culturel énorme est que, finalement, ce ne sera plus un endroit académique bouddhiste pur, il deviendra une attraction touristique. C'est encore plus évident avec les hôtels, à environ cinq minutes en voiture de Larung Gar, dans le canton appelé Serthar. Notre chauffeur nous a amenés à l'un des nombreux nouveaux hôtels qui ont été construits ici par des entreprises chinoises.

"L'endroit où nous avons été emmenés avait au moins la même finition intérieure que dans un hôtel international de trois ou quatre étoiles. Vous aviez un sol en marbre dans le hall, vous aviez des lits superbes et très confortables, et cet endroit se trouvant à environ 4 000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Cet hôtel possédait même des pompes à oxygène individuelles dans chaque chambre. Si vous tombez avec des maladies d'altitude - quand les gens atteignent souvent entre 4 000 et 5 000 mètres - cet hôtel a eu une pompe et vous pouvez simplement attacher un masque et vous pouvez ensuite respirer de l'oxygène pur.

"J'avais été sur des randonnées en haute altitude dans le passé et je n'avais jamais rien vu de ce genre. J'étais tellement surpris d'aller dans la pièce. J'ai réfléchi que ce genre de chose n'est probablement trouvé que dans les meilleurs hôtels par exemple, dans les alpes suisses. "

Les hôtels font partie d'un projet beaucoup plus vaste, selon la Campagne internationale pour le Tibet (TIC) basée à Washington, qui a publié un rapport en mars intitulé «L'ombre de la poussière à travers le soleil: comment le tourisme est utilisé pour lutter contre la résilience culturelle tibétaine». Ce rapport affirme que les démolitions dans Larung Gar et Yachen Gar - un autre complexe bouddhiste dans la province du Sichuan - visent à transformer deux des instituts bouddhistes les plus célèbres au monde en destinations touristiques.

Matteo Mecacci, président des TIC, a déclaré dans un communiqué : "Les preuves présentées dans ce rapport remettent en question toute la base de la démolition des maisons et de l'expulsion des religieuses et des moines qui ont causé une telle détresse. Il ne peut pas être possible pour les autorités chinoises de prétendre qu'il y a surpeuplement et pas assez d'espace pour les vrais pratiquants religieux compte tenu de l'étendue de la construction sur une vaste zone dans cette vallée éloignée ".

Chan a estimé que ce travail de développement semblait non seulement être préjudiciable à d'importants sites historiques et culturels au Tibet, mais, comme effet secondaire, a également menacé de diluer progressivement la culture tibétaine.   "J'ai remarqué que Serthar était probablement très tibétain, mais ces hôtels étaient construits par des gens qui ne parlent pas tibétain.  Et vous trouvez également des stands qui commencent à apparaître en vendant des produits chinois.  "J'ai parlé à mon chauffeur à ce sujet et il a déclaré que le gouvernement chinois dirait aux gens de se rendre au Tibet, de créer une vie là-bas, de créer une ferme, d'exploiter leurs propres récoltes. Si vous choisissez de vivre loin des villes, vous pouvez avoir une bonne vie.

"Par exemple, il y a maintenant des milliers et des milliers de citoyens chinois Han vivant dans la province de Qinghai. Ils y vont, construisent une maison et s'y installent. Au fil du temps, cela conduit à l'apparition de plus de Han que de Tibétains.  Il y a peut-être beaucoup d'années, il s'agissait de 10 pour cent de Han, mais il passe à 20 pour cent, 40 pour cent, 60 pour cent. Je pense que le gouvernement veut convertir le Tibet oriental pour faire de la population Han la majorité. Ne pas éliminer les Tibétains mais peut-être faire de l'est du Tibet 60 pour cent Han chinois et 40 pour cent tibétain.

 "Il est important que les gens s'en soucient parce que les tibétains locaux ne semblent pas avoir voix au chapitre. Beaucoup ne parlent pas anglais ou mandarin et, comme le gouvernement fait toutes ces choses, il a un impact très important sur leur vie. Je peux apprécier les intentions du gouvernement chinois de vouloir développer la région, mais le coût énorme et irréparable en termes de patrimoine culturel semble être quelque chose que les fonctionnaires n'apprécient pas pleinement."

 "Quelque chose de très précieux est perdu ici. Mais personne ne parle de ça et rien n'est fait à ce sujet. "

Steve Shaw est un journaliste basé au Royaume-Uni. Son travail a été publié dans New Internationalist, Global Comment, The Tibet Post International et le magazine Warscapes. Il est actuellement journaliste des médias d'Archant, éditeur du journal régional le plus vendu du Royaume-Uni, Eastern Daily Press.

 

Les Tibétains reconnaissants à leur ami Liu Xiaobo pour son soutien au Tibet

 ACT - Central Tibetan Administration - 21 juillet 2017

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Dharamshala - L'Administration tibétaine centrale a organisé aujourd'hui une réunion de prière pour le Prix Nobel de la paix, Liu Xiaobo, militant démocratique de premier plan et fervent partisan des aspirations tibétaines.

Parlant lors de cette cérémonie de prière, le président Dr Lobsang Sangay a déclaré qu'il regrettait la perte d'un des plus grands champions pour la démocratie, la protection des droits de l'homme et la liberté en Chine." Liu Xiaobo a été le premier citoyen chinois à recevoir un prix Nobel tout en vivant en Chine. Surtout, il a été parmi les premiers intellectuels chinois à soutenir ouvertement une véritable autonomie pour le Tibet."

" Liu Xiaobo est un intellectuel chinois rare qui a déclaré que Sa Sainteté le Dalaï Lama est l'âme du Tibet et que le meilleur moyen pour le gouvernement chinois de faire preuve de respect envers les Tibétains est de permettre à l'âme de la terre de neige de retourner au Tibet ". 

 " Il était peut-être le premier intellectuel chinois à être condamné pour avoir prononcé son discours à propos du Tibet. En 1996, il a été condamné à trois ans de camp de travail pour avoir rédigé une lettre collective, à l'ex-président chinois Jiang Zemin, en soutenant le principe de l'autodétermination et du dialogue avec Sa Sainteté le Dalaï Lama et le Tibétains.En mars 2008, après le soulèvement tibétain, il a co-écrit et signé les «Douze Suggestions pour traiter la situation tibétaine»".

" La Charte 08 dont il a été co-auteur dès l'origine avec 300 autres défenseurs des droits de l'homme , est un manifeste préconisant la réforme, la liberté et la démocratie en Chine, dont la signature est un acte de courage et de sacrifices inégalés ", a déclaré le président Dr Sangay, se souvenant du dissident le plus en vue de Chine.

" Le mouvement tibétain a perdu un ami très cher. Mais je crois que les idées et les efforts inlassables de Liu Xiaobo continueront à inspirer, bien après sa mort."

" Pour nous, le rêve de Liu pour une Chine démocratique est encore vivant; Sa vision d'une Chine véritablement démocratique se concrétisera ", a conclu le président Sangay.

La réunion de prière a réunie des centaines de Tibétains à Dharamshala, dans l'expression du respect et de la reconnaissance envers leur ami chinois.

Liu Xiaobo, 61 ans, a été arrêté en 2008 après avoir rédigé un manifeste pro-démocratie appelé Charte 08, dans lequel il a appelé à la fin de la règle du parti unique et à l'amélioration des droits de l'Homme.Après une année de détention et un procès de deux heures, il a été condamné à 11 ans le jour de Noël en décembre 2009 pour "incitation à la subversion du pouvoir de l'État". Le 26 juin 2017, on lui a accordé une libération conditionnelle médicale après avoir été diagnostiqué atteint d'un cancer du foie en phase terminale. Il est décédé le 13 juillet, devenant le deuxième lauréat du prix Nobel à périr en prison (Carl von Ossietzky, pacifiste anti-nazi, décédé en 1938).

Inquiétude sur le sort de Liu Xia après la mort de Liu Xiaobo

Les proches de la poétesse Liu Xia sont sans nouvelles depuis les funérailles du dissident.

LE MONDE - 17/07/17 - Par Harold Thibault (Pékin, envoyé spécial)

LIU XIA ET SON MARI

Les amis de l’artiste Liu Xia étaient toujours sans contact direct avec elle quatre jours après le décès de son époux, le Prix Nobel de la paix Liu Xiaobo. Ils s’inquiètent de son état après avoir vu les photos de Mme Liu, diffusées par les autorités, lors des funérailles de l’intellectuel dissident, organisées samedi 15 juillet à huis clos et sous haute surveillance.

Les Etats-Unis, l’Union européenne ou encore l’Australie ont appelé la Chine à laisser la poète et photographe, qui a perdu son père en 2016 et sa mère en avril, quitter le territoire. Le comité Nobel norvégien s’est dit « profondément inquiet » du sort de Madame Liu.

Samedi, un responsable du bureau de la propagande de la ville de Shenyang, où M. Liu était hospitalisé, Zhang Qingyang, a soutenu sans vergogne : « Autant que je sache, Liu Xia est libre. » Il a ajouté qu’en période de deuil, « elle n’accepterait plus les perturbations extérieures ». « Le gouvernement chinois protégera ses droits légitimes en tant que citoyenne chinoise », a ajouté M. Zhang. Or Liu Xia, qui n’a jamais été condamnée, a été maintenue en résidence surveillée à l’isolement depuis l’arrestation de son mari fin 2008.

Les images des funérailles montrent la veuve, avec des lunettes noires, réconfortée au crématorium par son frère, à côté de l’aîné de son mari et de trois autres personnes. Les cendres de l’intellectuel ont ensuite été dispersées en mer près de la ville de Dalian. Aux yeux du régime, une tombe aurait risqué de devenir un lieu de pèlerinage pour les militants des droits de l’Homme. « Inhumain, une insulte, une honte, dégoûtant », a dénoncé l’artiste star chinois Ai Weiwei sur Twitter.

« L’attention du Parti »

La conférence de presse qui a suivi a ulcéré les activistes chinois. Liu Xiaoguang, l’aîné de l’intellectuel mort jeudi d’un cancer du foie, a consacré la vingtaine de minutes devant les caméras à faire l’éloge du Parti communiste chinois (PCC), le même PCC que Liu Xiaobo a dénoncé toute sa vie et qui le jeta en prison pour « subversion » après qu’il eut rédigé en 2008 un manifeste en faveur de la démocratisation de la Chine. Sans que l’on sache quel moyen de pression l’a convaincu de défendre ainsi le « système socialiste » que son cadet a dénoncé sans relâche au prix de sa liberté.

« Tout du long pour mon troisième frère Liu Xiaobo, du traitement à la crémation et à la dispersion en mer, tout le procédé a été une illustration et un symbole du souci humaniste et de l’attention du Parti et du gouvernement », a ainsi déclaré le frère du critique du régime, ajoutant qu’enterrer les restes du défunt « occuperait du terrain » et qu’il « faudrait des travaux », et précisant à propos de cette méthode : « On ne peut pas dire que ce soit mauvais, mais ça ne se conforme pas bien à la conception de l’environnement du XXIe siècle. »

Une fois dites les louanges du parti unique, le frère a pu disposer. «Liu Xiaoguang est en grande peine, a dit l’interprète. Maintenant nous voudrions lui demander de se reposer. » Le frère a alors quitté la salle, une cigarette déjà à la bouche. Quelques journalistes ont tenté des questions : « Etes-vous libre ? » « Où se trouve actuellement Liu Xia ? » – toutes questions restées sans réponse.

 

Le Président du CTA, Lobsang Sangay félicite Emmanuel Macron

ACT - Central Tibetan Administration - 8 mai 2017 – 

E.M et HH

Emmanuel Macron, President-elect of France with His Holiness the Dalai Lama in September 2016. (file pic)

Emmanuel Macron, Président élu de France avec Sa Sainteté le Dalaï Lama en septembre 2016. (Photo de dossier)

DHARAMSHALA : Le Président de l'Administration centrale tibétaine le Dr Lobsang Sangay a félicité aujourd'hui M. Emmanuel Macron pour sa victoire retentissante lors de l'élection présidentielle française.

 "Au nom de l'Administration centrale tibétaine, je vous félicite vivement pour avoir remporté l'élection présidentielle française", a déclaré Sikyong Dr Lobsang Sangay. "Votre victoire décisive lors de l'élection française reflète la foi profondément enracinée du peuple français dans l'esprit de réconciliation et d'intégration que vous avez préconisé dans le cadre de votre campagne En Marche ;  "C'est un témoignage de la force et de la résonance des trois principes fondateurs de la France - Liberté, Fraternité et Égalité - dans ces temps divisés".

"La France est aussi l'un des partisans les plus solides du Tibet dans l'Union européenneEn fait, Paris, la capitale de la France, a accordé une citoyenneté d'honneur à Sa Sainteté le Dalaï-lama dans une expression de soutien et de solidarité importante avec le Tibet et le mouvement tibétain en 2008. "

"Vous avez personnellement rencontré Sa Sainteté le Dalaï Lama en septembre 2016 et exprimé votre soutien à la question du Tibet à de nombreuses reprises. Par conséquent, alors que vous assumez votre responsabilité en tant que nouveau président de la France, nous restons optimistes quant à votre soutien continu à la résolution de la question du Tibet basée sur l'Approche Middle Way".

"En tant que président le plus jeune de France, nous espérons l'impulsion nouvelle que vous allez injecter dans la politique mondiale et la culture du patriotisme démocratique", a déclaré Sikyong.

Emmanuel Macron, un candidat pro européen a remporté une victoire décisive lors de l'élection présidentielle française en ayant battu Mme Marine Le Pen du Front national.

E.Macron et sa sainteté le Dalaï Lama

Emmanuel Macron, President-elect of France with His Holiness the Dalai Lama in September 2016. (file pic)

Emmanuel Macron, Président élu de France avec Sa Sainteté le Dalaï Lama en septembre 2016. (Photo de dossier)

 

Record des violations des Droits de l'Homme par la Chine, à nouveau soulevé lors du 34ème Conseil des Droits de l'Homme de l'O.N.U.

16 mars 2017,

Genève: La 34ème session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU a entamé hier la discussion sur la situation des droits de l'homme qui nécessitent l'attention du conseil.

 

Plusieurs gouvernements, dont les États-Unis d'Amérique, l'Union européenne, le Canada, la France et l'Allemagne ont une fois de plus soulevé le mépris de la Chine à l'égard de la norme internationale des droits de l'homme et des cas largement répandus de violation des droits en Chine, y compris le Tibet et le Xinjang.

La délégation de l'Union européenne a exprimé sa profonde préoccupation au sujet de l'arrestation, de la détention et de la condamnation des défenseurs des droits de l'homme et des avocats ainsi que du harcèlement dont pâtissent leurs familles.

L'UE a appelé à la libération immédiate de défenseurs des droits de l'homme détenus dont Tashi Wangchuk, un défenseur de la langue tibétaine de 31 ans qui avait été arbitrairement détenu par les autorités chinoises après être apparu dans un documentaire du New York Times et un article sur la langue tibétaine.

L'UE a également exhorté la Chine à appliquer sa loi sur la gestion des activités des ONG étrangères de manière à ne pas entraver le développement d'une société civile indépendante. L'UE a également appelé la Chine à respecter « la diversité culturelle et la liberté de religion, notamment au Tibet et au Xinjiang ».

Dawa Tsultrim, représentant de la Société auprés des personnes menacées, a fait une déclaration sur la répression religieuse au Tibet au Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies, le 15 mars 2017.

La délégation allemande s'est déclarée profondément préoccupée par la situation des droits de l'homme en Chine, y compris le Tibet et le Xinjiang. Les violations des droits de l'homme en Chine, en particulier dans " les régions occidentales du Tibet et du Xinjiang " restent " répandues ".

L'Allemagne suit de plus près un nombre croissant de cas, dont celui deTashi Wangchuk. L'Allemagne a exhorté la Chine à respecter les droits fondamentaux et l'état de droit et à libérer immédiatement tous les défenseurs des droits humains détenus.

Le délégué des États-Unis d'Amérique a réitéré sa préoccupation au sujet des informations concernant la détention arbitraire et la torture des avocats et des militants chinois ainsi que ses efforts généraux visant à faire taire les critiques, à contraindre indûment la société civile et les pratiques religieuses et à refuser les droits aux Tibétains et aux Ouïghours.

Le délégué du gouvernement canadien a exprimé ses préoccupations concernant la détention et la condamnation des défenseurs des droits de la personne en Chine.

Dawa Tsultrim, représentant de la Société pour les personnes menacées, a prononcé une déclaration orale de deux minutes sur la répression religieuse au Tibet. Il a appelé l'attention urgente du conseil sur les démolitions à grande échelle en cours et la destruction de Larung gar et Yachen gar.

Lors de la 34e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, le Haut Commissaire aux droits de l'homme, le Prince Zeid Ra'ad Zeid Al-Hussein, a exprimé sa préoccupation au sujet des « restrictions culturelles et religieuses » dans la présentation du rapport annuel du Conseil le 8 mars Tibet. Et un engagement manifeste à engager avec la Chine un « dialogue efficace sur l'importance des droits de l'homme ».

 

Mélenchon toujours aussi ami avec la Chine

                                                                                               Avril 2017
 
L'Obs - par Ursula Gauthier, ancienne correspondante permanente
du Nouvel Observateur en Chine -
Version longue de la parution L’Obs 23 mars 2016 — N° 2733
 melanchon
 
Sur le web, la galaxie de la mouvance Mao-nostalgique salue avec enthousiasme « le candidat maoïste à la présidence française ».
 
Le candidat de La France insoumise l’affirme : la Chine est un modèle dont la France et le monde doivent s’inspirer. Une interview reprise par les médias officiels à Pékin continue de circuler sur des milliers de sites chinois.
Jean-Luc Mélenchon aime ceux qui résistent à l’oppression. Mais à une condition : que l’oppresseur appartienne à ce qu’il appelle le « camp atlantiste » (les États-Unis et leurs alliés). Toute protestation contre la galaxie de« l’empire nord-américain » est entièrement justifiée, qu’il s’agisse de la révolution chaviste ou de la résistance palestinienne. En revanche, la moindre contestation visant la Russie ou la Chine est frappée d’illégitimité. Le candidat de La France insoumise s’aligne alors sans états d’âme du côté du plus fort et n’hésite pas à dépeindre les révoltés comme des agents du grand méchant ogre américain.
Exemple : les Tibétains. En 2008, à la veille des JO de Pékin, des manifestants pro-tibétains perturbent la parade de la torche olympique à Paris. L’occasion pour Mélenchon d’exprimer publiquement son soutien au régime de Pékin et son aversion pour la cause tibétaine. Ses diatribes contre le Dalaï Lama, inspirées des fascicules de propagande en différentes langues disponibles dans des lieux publics comme les salles d’attente des aéroports, enfoncent même les accusations chinoises par la verdeur des formules – « chef religieux obscurantiste », « défenseur de la charia bouddhique », « indépendantiste ethniciste qui veut expulser 100 millions de Chinois du Tibet »…

Un ami de la Chine

Peu importe que ces chiffres absurdes ne figurent pas même dans la propagande chinoise la plus échevelée. Peu importe que le Dalaï Lama ait explicitement renoncé à toute revendication d’indépendance. Ces philippiques sont tellement appréciées que des vidéos de ses interventions circulent sur les réseaux avec des sous-titres chinois.
Depuis, l’ex-sénateur de l’Essonne fait partie de la petite liste des personnalités occidentales « amies de la Chine ». Les médias d’État ne manquent jamais de reproduire ses déclarations qui vantent les réussites du régime sans souffler mot de ses abus.
La campagne présidentielle lui donne de nouvelles occasions de faire plaisir à Pékin. Ainsi, dans sa vidéo du 13 janvier, il commente le coup de fil donné par Trump à la présidente de Taïwan qui avait déclenché les foudres de Pékin. Bien décidé à justifier la colère chinoise, le candidat n’hésite pas à faire un parallèle absurde entre la présidente, icône de la démocratie taïwanaise et… Marine Le Pen.
Jean-Luc Mélenchon en est persuadé : il est un fin connaisseur de la Chine. Dans son livre récent, « Le Choix de l’insoumission » (publié au Seuil en 2016) il répète qu’il se « sent connaisseur » et fait remonter l’origine de sa fascination à la Révolution culturelle. À l’époque où cette gigantesque convulsion sanglante battait son plein en Chine, de nombreux intellectuels européens, hypnotisés, chantaient les louanges du Grand Timonier sans se soucier de la foule de ses victimes.
Le jeune Jean-Luc échappe à cette cécité grâce à l’auteur qui lui sert de guide : l’universitaire belge Simon Leys, grand nom de la sinologie, qui vivait en Chine pendant ces années sombres. Mélenchon note avec raison que le sinologue s’est battu à contre-courant de son temps, démystifiant la maolâtrie générale dans des ouvrages étincelants d’intelligence et d’érudition, dont le plus connu est « Les Habits neufs du président Mao ».

« Mon point de vue a changé »

Comment Mélenchon a-t-il pu troquer la lucidité aiguë de Simon Leys contre la posture inverse, celle d’ami du régime ? Le livre en donne une explication laconique : « Mon point de vue a changé quand j’ai travaillé en tant que ministre [de l’Éducation professionnelle sous le gouvernement Jospin, NDLR]avec mes homologues chinois. » Que s’est-il donc passé lors de ces échanges ?
melanchon et journalistes de nouvelles de lEurope
Pour en savoir plus, il faut lire la longue interview que le candidat de la France insoumise a donnée en septembre dernier à « Nouvelles d’Europe » (média « français » basé à Paris mais contrôlé par Pékin), interview publiée en chinois. Mentionnant ses rencontres avec la ministre de l’Éducation et le vice-ministre du Tourisme, Jean-Luc Mélenchon conclut : « Vous voyez que ce n’est pas seulement sur le papier, que ce sont des échanges substantiels que j’ai eus avec la Chine. Je connais vraiment ce pays. »
 
Jean-Luc Mélenchon en septembre 2016 à Paris face aux journalistes de « Nouvelles d’Europe ».
L’ennui, c’est qu’il semble ignorer que la ministre de l’Éducation en question, Mme Chen Zhili, dont il cite le nom avec précision et respect, est une figure très controversée de l’appareil du Parti. En tant que directrice de la propagande à Shanghai, elle avait sévi contre des journaux trop « libres » qu’elle avait fait fermer. À la tête du ministère de l’Éducation de 1998 à 2003, elle avait lancé l’ensemble du système éducatif dans une désastreuse course mercantiliste dans laquelle il reste englué à ce jour, déclenchant ainsi une énorme vague de corruption à tous les étages et infligeant aux familles une augmentation insupportable des frais de scolarité.

L’interview a enchanté Pékin

L’interview, qui passe sous silence tout aspect déplaisant, a enchanté Pékin et continue à tourner sur des milliers de sites chinois. Jean-Luc Mélenchon y fait preuve d’une constance remarquable en persistant à présenter le Dalaï Lama comme un boutefeu acharné à« amputer la Chine du quart de son territoire »et à« déclencher une gigantesque guerre absurde ».C’est en revanche un message extrêmement flatteur qu’il adresse à la Chine :« Les choix de la civilisation chinoise valent pour la planète entière. La Chine devrait être le partenaire privilégié de la France, car son industrie, sa technologie, ses sciences, son développement culturel ont atteint un niveau extraordinairement avancé. »
« Les élites politiques et intellectuelles chinoises, ajoute-t-il,ont une bonne connaissance de l’histoire des autres pays. Nous pouvons coopérer facilement avec les Chinois, qui savent négocier, là où les Nord-Américains brutalisent. »
Grâce à son économie planifiée, la Chine a pu surmonter tous les problèmes. L’Europe en revanche pèche par son « rejet idéologique » de toute planification. Les Allemands avec leur« ordolibéralisme »maintiennent l’Europe dans la paralysie, et l’économie française est un « échec sans fin »« Nous attendons énormément de la Chine, de son leadership sur la scène internationale. Je sais bien que les Chinois n’aiment pas dominer, ce n’est pas dans leur culture, affirme bizarrement le champion des insoumis,mais ils ont désormais les moyens de changer le cours des choses. »
Les Chinois n’aiment pas dominer ? L’assertion est à coup sûr simplificatrice au vu de l’histoire millénaire de l’empire du Milieu, tour à tour envahi et conquérant. Il suffirait de poser la question aux peuples voisins – Vietnamiens, Mongols, Coréens, etc. – qui ont longtemps subi l’imperium chinois, qui en ont gardé un souvenir cuisant et qui observent avec inquiétude la ré-émergence de l’ancienne puissance hégémonique… Mais Jean-Luc Mélenchon s’en tient à ses certitudes de « connaisseur » et déroule un portrait flatteur de la Chine.

Mélenchon sur fond rouge

Musique céleste pour les oreilles des mandarins rouges ! L’interview est reprise sur tous les sites gouvernementaux, ceux du China Daily, du Global Times (porte-voix de l’aile dure, nationaliste et virulente, du Parti), duTakungpao, canal de la propagande d’État en direction de Hongkong. Elle est illustrée d’un montage imitant une affiche révolutionnaire.
On y voit le candidat, cravaté de rouge sur fond rouge, en héritier de toute la lignée des pères de la révolution – Mao, Staline, Lénine, Engels et Marx. Son slogan électoral « Prenez le pouvoir » est complété par un mot d’ordre de la Révolution culturelle en caractères chinois : « Vive l’invincible marxisme-léninisme-pensée Mao Zedong ! » Sur le web, la galaxie de la mouvance Mao-nostalgique salue avec enthousiasme « le rouge », « le candidat maoïste à la présidence française », « le Français qui fait rayonner la pensée-Mao Zedong ». Club.china.com titre avec soulagement :« Enfin une personne intelligente en Europe ! »
Contacté par « l’Obs », M. Mélenchon n’a pas souhaité faire de commentaire.
Version longue de la parution L’Obs 23 mars 2016 — N° 2733
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Titre de la version courte de cet article (RP du 30 mars)
Mélenchon, ce "Français qui fait rayonner la pensée Mao"
L'Obs - Ursula Gauthier - 23 mars 2017 - Extraits 
 

Bouddhisme tibétain La religion la plus réprimée en Chine 

Central Tibetan Administration 3 mars 2017 

 

DHARAMSHALA : Un nouveau rapport inquiétant de Freedom House montre comment les contrôles religieux se sont intensifiés à travers la Chine, avec l'actuel président chinois, Xi Jinping.

Le rapport intitulé"La bataille pour l'Esprit delaChine : Répression et Résistance sous Xi Jinping"a analysé le statut des sept groupes religieux représentant quelque 350 millions de personnes - le bouddhisme chinois, le taoïsme, le catholicisme, le protestantisme, l'islam, le bouddhisme tibétain et Falun Gong (interdit en Chine depuis 1999).

Selon lui, au moins 100 millions de personnes - près d'un tiers des croyants estimés en Chine - appartiennent à des groupes religieux confrontés à des «hauts» ou «très hauts» niveaux de persécution, parmi lesquels les chrétiens protestants, les bouddhistes tibétains, les musulmans ouïghours et le Falun Gong.

Selon le rapport, Xi a présidé à une augmentation globale de la persécution religieuse.Depuis que Xi Jinping a pris la barre du Parti communiste chinois (PCC) en novembre 2012, les autorités ont intensifié beaucoup de leurs restrictions, entraînant une augmentation générale de la persécution religieuse.

Les autorités chinoises ont interdit les célébrations de fêtes, profané les lieux de culte, et utilisé la violence létale. Les forces de sécurité à travers le pays ont détenu, torturé ou tué des croyants de diverses religions sur une base quotidienne.La façon dont un groupe ou un individu est traité dépend en grande partie du niveau de perception de la menace ou du bénéfice pour les intérêts des parties, ainsi que de la discrétion des fonctionnaires locaux.

Un disciple taoïste respecte l'ordre sans savoir quand il sera admis à la prêtrise.Des dizaines de chrétiens sont interdits de célébrer Noël ensemble.Les moines tibétains sont obligés d'apprendre des réinterprétations de la doctrine bouddhiste lors de sessions de «rééducation patriotique».Un fermier musulman ouïgour est condamné à neuf ans de prison pour avoir prié dans un champ.Et un père de 45 ans dans le nord-est de la Chine meurt en garde à vue après avoir été détenu pour avoir pratiqué le Falun Gong.

Selon Freedom House, l'oppression religieuse en Chine peut aller d'une ingérence «profondément offensante», comme «vérifier les responsables religieux pour leur fiabilité politique», surveiller de manière approfondie et politiser le contenu des cultes, le vandalisme, la détention et la mort.

Trajectoire de la persécution religieuse en Chine à travers les communautés de foi

Bouddhistes tibétains

Le président Xi Jinping a largement continué les politiques répressives et les campagnes de son prédécesseur, Hu Jintao, tout en approfondissant et en élargissant certains contrôles.Les nouvelles mesures comprennent la punition de l'aide aux immolateurs, l'annulation des festivals précédemment autorisés, l'augmentation des restrictions intrusives sur la pratique religieuse privée et une manipulation plus proactive de la doctrine bouddhiste tibétaine et la sélection des chefs religieux.

Bouddhistes chinois

Le président Xi a poursuivi les politiques de l'époque Hu, créant un environnement de persécution relativement faible pour la pratique bouddhiste chinoise.Ses actions et sa rhétorique décrivent le bouddhisme chinois comme un canal de plus en plus important pour réaliser les objectifs politiques et économiques du parti à la maison et à l'étranger.Dans un cas rare, un moine bouddhiste chinois a été condamné à la prison en 2016 pour des motifs politiques.

Musulmans ouïghours

Les contrôles sur la religion se sont approfondis et se sont développés dans la région autonome ouïghour du Xinjiang, où réside la majorité des musulmans ouïghours.Auparavant, les restrictions informelles ou locales dans le Xinjiang - sur des questions telles que les robes religieuses - ont été codifiées aux niveaux régional et national. Les autorités ont lancé de nouvelles campagnes pour surveiller de plus près l'utilisation des smartphones et forcer les entreprises à vendre de l'alcool, tandis que les incidents des forces de sécurité qui ouvrent le feu sur les civils ouïghours sont devenus plus courants.

Pratiquants de Falun Gong

Les pratiquants de Falun Gong à travers la Chine continuent d'être soumis à de vastes et graves violations des droits de l'Homme.Néanmoins, la répression semble avoir diminué dans certains endroits.Le président Xi n'a pas offert d'indication explicite sur un plan visant à renverser la politique du PCC envers le Falun Gong.Mais l'arrestation de Zhou Yongkang et d'autres responsables de la campagne dans le cadre de la lutte anti-corruption de Xi, ainsi que les efforts des adhérents du Falun Gong pour éduquer et décourager la police de les persécuter ont eu un impact.

Le rapport résume quatre éléments fondamentaux de la politique religieuse du Parti communiste chinois:

  • Exploitation opportuniste : Exploiter les avantages delareligion pour faire avancerdesduPCC delapolitique économique, culturelle et étrangère
  • Règle parlaloi : Développerlesinstruments juridiques et bureaucratiques pour contrôlerlapratique etlesinstitutions religieuses
  • Élimination sélective : suppression farouche des groupes religieux,descroyances etdespersonnes jugées susceptibles de menacer les règles ou politiques faisant partiedespriorités, souvent pardesmoyens extralégaux
  • Asphyxieàlong terme :L'adoptiondemesures visant à freiner l'expansion delareligion etd'accélérer son extinction pourlesgénérations futures

La situation des droits de l'Homme au Tibet a considérablement diminué au cours des dernières années, les droits fondamentaux à la liberté d'expression, à l'assemblée pacifique, à la religion et à la vie privée étant très restreints. Cela est énoncé dans divers rapports internationaux.Le rapport annuel 2016 de la Commission exécutive du Congrès américain a redéfini la Chine parmi les pays particulièrement préoccupants (CPC) par la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) dans laquelle neuf pays ont été inclus.L'aggravation de la liberté religieuse par rapport à l'année dernière a également été notée.De même, le rapport 2015/2016 d'Amnesty International a souligné les restrictions croissantes imposées aux monastères tibétains par le gouvernement chinois.Le rapport 2016 Freedom House a classé le Tibet dans le deuxième degré « pire des pires » en matière de liberté politique et civile, la Syrie seule ayant obtenu un score plus bas.La semaine dernière, les graves restrictions des droits de l'Homme au Tibet ont suscité de vives inquiétudes auprès des spécialistes des droits de l'Homme des Nations Unies.

Dans la dernière enquête annuelle de Freedom House,dans le Rapport mondial 2017de lalibertépublié en Janvier, le Tibet sous l'occupation chinoise a été déclaré être le pays le moins libre au monde, avec une situation juste un peu meilleure que la Syrie en guerre.

Le rapport a mis le niveau de répression au Tibet en termes encore plus prononcés en notant chaque pays / territoire sur 100, en fonction de la façon dont ils ont traversé 25 indicateurs sur la participation politique, la liberté de la presse et les droits individuels.Le Tibet a obtenu 1, avec seulement la seule Syrie avec un classement inférieur (-1).Dans le classement général de la liberté, ainsi que pour les droits politiques et les libertés civiles, le Tibet occupé par la Chine a obtenu 7. (Sur une échelle de 1 à 7, 1 étant le plus libre et 7 le moins libre

 

Février 2017 - Droits de l'Homme au Tibet

Transmis par le Bureau du Tibet à Paris

 Les passeports des pèlerins tibétains ont été détruits

 Le gouvernement chinois a imposé des restrictions de voyage aux Tibétains au Tibet pendant la 34ème l'Initiation de Kalachakra menée par Sa Sainteté le Dalai Lama à Bod Gaya en Inde. Les autorités chinoises ont demandé aux Tibétains de retourner au Tibet, les menaçant d'arrêter leurs subventions gouvernementales, de leur faire perdre leurs emplois et de conséquences sévères s'ils ne rentraient pas chez eux. Plusieurs pèlerins ont dû partir. Cependant, quelques centaines sont restées, en risquant tout. Selon les sources, les officiels chinois étaient sévères avec les Tibétains qui sont arrivés aux aéroports à Pékin et à Chengdu. Les sources ont raconté aussi que les officiels ont déchiré les passeports de quelques voyageurs quand ils sont arrivés, les rendant non valables.

Prisonniers politiques tibétains libérés

Le 2 février, un chanteur tibétain connu, Amchok Phuljung a été libéré après avoir été retenu quatre ans en prison. Il avait été arrêté après avoir chanté des paroles louant les leaders en exil incluant Sa Sainteté le Dalai Lama. Les autorités chinoises lui ont interdit de présenter ses chansons en public ainsi que de divulguer aucun enregistrement de sa musique.

Dans un autre cas, le 25 novembre 2016, Sherpal, un habitant tibétain du département de Serthar a été libéré. Les nouvelles de sa libération ont mis du temps pour à parvenir du fait d’une répression des médias en Chine.  Sherpal a été détenu le 24 janvier 2012 car soupçonné d'avoir des liens avec des auto-immolations tibétaines.

La présence des forces de sécurité chinoises pendant le Festival de Prières Tibétaines

Un grand nombre des forces de sécurité chinoises a été déployé lors d’une réunion annuelle pour des prières tibétaines, « monlam », au monastère de Kumbum dans la préfecture tibétaine autonome de Tsoshar dans la province de Qinghai. Le 11 février, le gouvernement chinois a envoyé un grand nombre de forces paramilitaires en uniformes à Kumbum, qui a rendu anxieux les pèlerins tibétains.

Un militant Tibétain solitaire détenu dans un endroit inconnu

Le 5 janvier dernier, un jeune militant Tibétain nommé Sonam Tashi a été arrêté par la police dans le département de Serthar, dans la province du Sichuan après avoir manifesté en solitaire. On ne connaît pas l'endroit où il se trouve. Il a été vu pour la dernière fois en train de défiler et de distribuer des dépliants demandant la liberté pour le Tibet et souhaitant longue vie à Sa Sainteté le Dalai-Lama

 

Le Dalaï Lama: Le temps est venu pour les femmes tibétaines d'exprimer leur capacité pour la paix 

CTA 23 février 2017

 

"Le temps est venu pour les femmes tibétaines qui en ont à la fois le potentiel et la possibilité, d'exprimer leur capacité de leadership pour contribuer à la paix et à l'harmonie mondiales", a déclaré le Dalaï Lama  à Dharamsala  à l'occasion de la première conférence pour l'autonomisation des femmes tibétaines.

 dalai lama

His Holiness the Dalai Lama speaking to the participants and organisers of the Tibetan Women's Empowerment Conference during the special meeting held at His Holiness' residence on 23 February 2017. Photo/Tenzin Choejor/OHHDL

Sa Sainteté le Dalaï Lama s'adressant aux participants et aux organisateurs de la Conférence tibétaine sur l'autonomisation des femmes lors de la réunion spéciale tenue à la résidence de Sa Sainteté le 23 février 2017. Photo / Tenzin Choejor / OHHDL

Dharamsala : Les participants à la première Conférence pour l'autonomisation des femmes tibétaines ont participé ce matin à une audience spéciale de Sa Sainteté le Dalaï Lama.

Au cours d'une heure d'audience, Sa Sainteté a loué les efforts du Kashag pour présenter une version révisée de la «Politique d'autonomisation des femmes» et avoir organisé la conférence pour sensibiliser le public à la politique et pour solliciter des suggestions afin d'en assurer la mise en œuvre effective. Sa Sainteté a indiqué que la conclusion c'est la mise en œuvre, qui peut être réalisée par la volonté politique et un engagement ferme de chaque citoyen devant exercer un mandat.

Sa Sainteté a déploré l'état général où la violence et les conflits sont la norme et a cité le manque d'éducation compatissante et de disposition mentale éthique comme causes de la perpétuation de la violence.

Le Dalaï Lama a exprimé sa conviction dans la possibilité d'un monde pacifique avec des femmes détenant un leadership."Il est scientifiquement prouvé que les femmes sont naturellement plus sensibles, émotionnellement résistantes, compatissantes et altruistes et que de telles qualités de leadership engendrent la paix, la sécurité et la stabilité dans le monde."

Il a encore a encore commenté le fait que les femmes tibétaines ont la capacité émotionnelle et intellectuelle de contribuer à la paix mondiale par le leadership compatissant, qui peut être renforcée en exploitant le potentiel des riches enseignements de notre culture et de notre religion."Le temps est venu pour les femmes tibétaines qui en ont à la fois le potentiel et la possibilité, d'exprimer leur capacité de leadership pour contribuer à la paix et à l'harmonie mondiales", a déclaré Sa Sainteté.

Après l'audience, une courte cérémonie a été organisée à l'Institut médical tibétain pour marquer la conclusion heureuse de cette toute première Conférence tibétaine d'autonomisation des femmes.

Invité d'honneur de la cérémonie de clôture, Sikyong Dr Lobsang Sangay, a réitéré l'engagement du Kashag à faire des femmes tibétaines des partenaires égales dans tous les aspects de la société tibétaine.

Sikyong a observé que l'empowerment des femmes ne deviendra une réalité que s'il y avait un changement dans l'attitude et l'habitude de chaque individu comprenant femmes et hommes. "Partout dans le monde, plus de femmes commencent à percer en politique et en leadership;  Les jeunes filles et les femmes dans nos écoles et dans notre société font des progrès encourageants."Réaffirmant le leadership et le plaidoyer de Sa Sainteté pour promouvoir le rôle des femmes dans le leadership mondial, Sikyong espère que davantage de femmes tibétaines seront inspirées pour contribuer de manière importante aux écoles, aux monastères et couvents tibétains, aux hôpitaux, aux bureaux administratifs et aux entreprises tibétaines.

Kalon Karma Yeshi du ministère des Finances (CTA) a prononcé une allocution spéciale sur la délibération de la conférence, indiquant que les recommandations formulées sur les sept points de "Femmes Politique Empowerment" seront discutées pour approbation lors de la prochaine et troisième session du 16ème Parlement tibétain au mois de mars.

La conférence de trois jours sur l'autonomisation des femmes tibétaines - une initiative du Women's Empowerment Desk du ministère de l'Intérieur - a débuté le 21 février, avec une participation enthousiaste de plus de 340 femmes et hommes de tous les milieux sociaux et politiques. La conférence a réuni quatre séances plénières au cours desquelles les participants, ainsi que les membres du comité de rédaction de la Politique d'autonomisation des femmes, ont tenu des discussions actives sur le rôle des femmes dans la gouvernance et le leadership, l'intégration des perspectives sexo-spécifiques dans le processus de développement et la lutte contre la violence sexuelle.

 le Dalaï Lama et Lobsang Sangay au congrès des femmes tibétaines

His Holiness the Dalai Lama with Sikyong Dr Lobsang Sangay, Kalon Sonam Topgyal Khorlatsang of Department of Home and members of the organising committee and speakers of the first ever Tibetan Women's Empowerment Conference at His Holiness' residence on 23 February 2017. Photo/Tenzin Choejor/OHHDL

Sa Sainteté le Dalaï Lama avec Sikyong Dr Lobsang Sangay, Kalon Sonam Topgyal Khorlatsang du Département de la Maison et des membres du comité organisateur et les conférenciers de la toute première Conférence tibétaine d'autonomisation des femmes à la résidence de Sa Sainteté le 23 février 2017. Photo / Tenzin Choejor / OHHDL

 

Le Dalai Lama : la méditation analytique et sa positivité

Central Tibetan  Administration (CTA) 1er février 2017

Le leader spirituel tibétain, le Dalaï Lama qui s'identifie le plus fortement à son rôle de simple moine bouddhiste, a été ordonné à un âge très précoce et son régime quotidien inclut de passer plusieurs heures dans la prière et la méditation. Alors que sa pratique quotidienne peut inclure plusieurs types de méditation, le Dalaï Lama recommande souvent une forme particulière de méditation bouddhiste appelée «méditation analytique» tout comme il l'a fait récemment en s'adressant à la FICCI Ladies Organisation à New Delhi.

"Dans ce type de méditation, dit-il, il faut méditer sur l'information accumulée par l'esprit à partir de diverses sources et utiliser le raisonnement pour le décoder et le déchiffrer. Le raisonnement rend les états positifs de l'esprit et soulage les pensées et les émotions qui mènent à la souffrance et à l'insatisfaction", croit-il.

 La méditation analytique apporte un changement intérieur à travers une investigation et une analyse systématiques conduisant ainsi à une utilisation optimale et appropriée de l'intelligence humaine. Parlant de la violence répandue et de la colère à travers le monde, il a dit qu'il fallait systématiquement enquêter et réfléchir sur les effets destructeurs de la colère.

"La colère a des répercussions majeures sur la santé physique, les relations familiales et la société.  Il faut analyser cela et y réfléchir non seulement une ou deux fois, mais à plusieurs reprises jusqu'à ce qu'il devienne partie de sa compréhension plus profonde," a-t-il ajouté.

"Si l'on réfléchit à la nature destructrice de la colère, cela vous rend immédiatement plus prudent quant à la façon dont la colère pourrait augmenter, conduisant à la destruction et aux dommages collatéraux. En analysant plus en profondeur et en enquêtant systématiquement sur le fait de savoir si répondre à la colère est finalement constructif ou destructeur, vous pourriez obtenir une réponse à savoir si elle va améliorer la situation ou non, et ainsi de suite," explique Dalai Lama.

"Vous pourriez aussi vouloir méditer analytiquement sur la façon dont vous auriez pu contribuer d'une manière ou d'une autre à la situation qui vous a mis en colère. Et tandis que le milieu de la colère, votre tendance est de percevoir la personne qui vous a fait du mal 100%. Mais une analyse plus approfondie vous permettra de réaliser que chaque être humain est composé de caractéristiques positives et négatives et que vous pouvez essayer d'avoir une vision plus réaliste de la personne, diluant ainsi la colère nourrie contre la personne," dit le Dalaï Lama.

La Méditation analytique peut également jouer un rôle dans un domaine de la psychologie qui se concentre sur le développement des états positifs de l'esprit. Selon le Dalaï Lama, "l'utilisation de techniques adaptées du bouddhisme peut aider à cultiver activement des états d'esprit positifs tels que la bonté, la compassion et la tolérance."

 

Le Tibet n'est pas un problème interne de la Chine

La Chine devra s'incliner devant l'opinion publique internationale

Central Tibetan Administration (CTA) - 31 janvier 2017

 Par NSVenkataraman (31 janvier 2017, Chennai, Sri Lanka Guardian)

La Chine a soulevé des objections à propos de la présence de M. Lobsang Sangay, Premier ministre du gouvernement tibétain en exil, lors d'un récent dîner organisé par l'ancien envoyé américain en Inde à New Delhi.

L'objection ci-dessus ne fait que souligner le fait que la Chine est tellement inquiète de la préoccupation croissante dans le monde à l'égard du fait que la Chine est entrée au Tibet par la force armée et a occupé le pays, expulsant plusieurs dizaines de milliers de Tibétains et les obligeant à s'exiler.

Il y a une véritable inquiétude au niveau mondial parmi les habitants de différents pays sur la situation difficile des Tibétains. Une telle préoccupation est la raison pour laquelle le Dalaï Lama, le vénérable leader du Tibet et le Premier ministre du gouvernement tibétain en exil sont accueillis dans de nombreuses régions du monde.

Même après six décennies après l'agression de la Chine et occupant le Tibet par la force, le monde continue d'avoir conscience de l'injustice faite au Tibet par la Chine. L'opinion publique mondiale devient de jour en jour plus acquise à l'idée que le Tibet devrait récupérer sa liberté.

La Chine a déclaré qu'elle s'opposait fermement aux contacts officiels de tout pays avec le Tibet sous quelque forme que ce soit et s'opposerait à toute ingérence de pays dans les questions liées au Tibet, dans ce qu'elle appelle les affaires intérieures de la Chine.

Il est grand temps que la Chine soit fermement informée que le Tibet n'est pas une question interne de la Chine et que le Tibet est un pays indépendant injustement occupé par la Chine dans le cadre de ses plans expansionnistes. La Chine profite maintenant des fruits de son agression au Tibet et la conscience mondiale n'accepte pas cette condition.

Malgré les protestations de la Chine, le Dalaï Lama, le vénérable dirigeant du Tibet continue de jouir d'une popularité énorme dans le monde et est admiré comme un homme de paix, qui a réagi à l'agression chinoise avec un haut niveau de dignité. La récente réception donnée au Dalaï Lama par le gouvernement mongol est une réflexion sur la tendance mondiale émergente en faveur du Tibet et ce scénario en développement a certainement secoué la Chine.

Dans ce contexte, le monde est en train de voir à travers le jeu agressif de la Chine revendiquant l'Arunachal Pradesh, province en Inde, en tant que partie de la Chine, en dehors de sa position agressive et le conflit avec le Japon sur les îles Senkaku et le conflit avec les Phillippines, Brunei et d'autres pays en ce qui concerne la mer de Chine méridionale.

Les intentions expansionnistes de la Chine sont devenues très claires pour la communauté internationale et plusieurs pays d'Asie de l'Est et du Sud-Est se rendent compte que la position agressive de la Chine envers les voisins devrait être soulignée.

Ce qu’il est particulièrement important de noter, c'est que les Tibétains qui vivent en exil dans le monde entier gardent toujours leur moral élevé et jurent par leur patrie. Leur présence à travers le monde rappelle à la conscience mondiale le tort causé au Tibet par la Chine.

L'histoire a montré à maintes reprises que l'agression et les mauvaises actions ne payent pas à long terme. De toute évidence, la Chine prend conscience de ces faits historiques et s'étonne que, malgré sa forte opposition à toute invitation aux dirigeants tibétains partout dans le monde, les dirigeants tibétains soient encore invités dans de nombreux pays. La Chine constate que son pouvoir économique et militaire et la force qui en résulte, ne peuvent pas annuler l'image qu'elle a acquise au fil des ans comme un pays agressif sans valeur pour des relations équitables avec les voisins.

Les Tibétains du monde entier devraient voir l'écriture sur le mur et continuer leur campagne pacifique et vigoureuse exigeant la liberté pour le Tibet et la liberté pour les Tibétains. Le monde regarde le Tibet avec une grande inquiétude et la Chine n'aura pas d'autre alternative que de s'incliner devant l'opinion publique internationale et d'abandonner bientôt son occupation du Tibet.

 

Lobsang Sangay en visite au Japon du 4 au 18 février

Central Tibetan Administration (CTA) - 1er février 2017 - 

Sikyong Dr Lobsang Sangay with the then opposition leader Mr Shinzo Abe during his visit to Japan in April 2012.

Sikyong Dr Lobsang Sangay avec le dirigeant de l'opposition M. Shinzo Abe lors de sa visite au Japon en avril 2012.

TOKYO 31 Janvier 2017 - Le chef politique du Tibet (sikyong) Dr. Lobsang Sangay se rendra au Japon pour donner une série de conférences publiques et engager un dialogue sur les questions concernant le Tibet, en Asie et dans le monde du 4 au 18 Février. Sikyong visitera des zones culturelles et éducatives importantes au Japon au cours de sa visite.

Le Bureau du Tibet au Japon organisera une réception de bienvenue en l'honneur de la visite de sikyong Dr Lobsang Sangay à Tokyo le 11 février avec de distingués invités, y compris des supporters japonais de la cause tibétaine de longue date qui assisteront à l'événement.

Le 12 février, Sikyong rencontrera les membres de la communauté tibétaine et des membres du Bureau du Tibet de Tokyo.  Plus tard dans la soirée, Sikyong prononcera un discours public sur un thème intitulé: «Tragédie au Tibet: Quelle est la voie à suivre».  La conférence est organisée par Super Samgha, un groupe de soutien au Tibet basé au Japon.

Le 13 février, Sikyong engagera un dialogue avec Mme Yoshiko Sakurai, présidente de l'Institut japonais pour Fundamentals nationaux, un think tank. Mme Sakurai est l'éditeur de Peace Harmony et Prosperity Magazine PHP. ”Mme Sakurai, qui prend un vif intérêt dans la question du Tibet, a été décrite par le Japan Times, comme étant au Japon "une journaliste courageuse et responsable."

 Plus tard dans l'après-midi, Sikyong parlera aux journalistes au Club des correspondants étrangers du Japon.

Sikyong visitera Osaka et prononcera un discours public sur la situation actuelle au Tibet, à suivre pour résoudre la question du Tibet et pourquoi le Tibet importe pour l'Asie et le monde. L'événement est organisé par Fire Under the Snow, un groupe de soutien au Tibet.

Le 17 Février, sikyong visitera l'Université Tamagawa à Tokyo. L'université, fondée en 1929, offre sept programmes menant à une maîtrise et quatre programmes conduisant à un doctorat.  L'université travaille à construire une culture humaine riche et harmonieuse en commençant par l'érudition, la morale, les arts, la religion, le corps et la vie quotidienne.

C'est la troisième visite officielle de Sikyong Dr. Lobsang Sangay au Japon. Il s'est rendu au Japon en 2012 et en 2016.

- Rapport déposé par Office of Tibet, Japan -

  

Campagne "Le Tibet au sein des Nations Unies"

  Central Tibetan Administration (CTA) - 31 janvier 2017 - 

Participants for training and meeting. Participants à la formation et à la réunion.

GENEVE - Dans le cadre de la campagne «Le Tibet au sein des Nations Unies - Renforcement de la défense des droits de l'Homme au Tibet», le Département ministériel de l'information et des relations internationales (DIIR) de l'Administration centrale tibétaine a conclu avec succès une réunion de planification stratégique de deux jours dimanche à Genève.

La réunion de planification stratégique, qui a duré deux jours, a rassemblé des experts de l'ONU et du Tibet: 14 représentants de tout le spectre, le DIIR, le Bureau du Tibet, la Campagne internationale pour le Tibet, le Réseau international du Tibet et des experts sur la politique de l'ONU et de la machinerie internationale des droits humains.

La réunion de stratégie a évalué le travail de plaidoyer de l'ONU et a élaboré un plan stratégique sur le profil des violations des droits humains pertinentes au Tibet en utilisant les mécanismes des droits de l'Homme des Nations Unies et les possibilités dans les cinq prochaines années.

Les questions de droits de l'Homme abordées sont les suivantes : Crackdown sur les défenseurs des droits de l'Homme par l'arrestation arbitraire, les peines injustes comme dans le cas de Tulku Tenzin Delek Rinpoche et Tashi Wangchuk, la répression religieuse au Tibet comme dans le cas de démolition et d'expulsion forcée des résidents de Larung Gar, de l'ingérence de l'Etat dans les affaires religieuses, de l'administration des monastères, du cas du Panchen Lama, du système de surveillance et de surveillance, des restrictions de voyage, de la confiscation des passeports et des pratiques discriminatoires dans la délivrance du passeport.

La formation de plaidoyer de l'ONU dirigée par la Coalition de défense des droits de l'homme du Tibet a ciblé 14 participants de Suisse.

 "Cette formation s'est avérée très efficace pour nous habiliter en tant que défenseurs des droits de l'homme et nous éduquer avec un sens de l'objectif et la direction sur la façon de mieux utiliser les mécanismes de l'ONU et ses procédures pour maintenir la question du Tibet sur les droits de l'homme aux Nations Unies", A déclaré Konchok, un participant de Zurich.

- Rapport déposé par l'UE, l'ONU et HR Desk, DIIR -

Participants identifying the UN Human Rights Organs in the training session.

Participants identifiant les organes des droits de l'homme des Nations Unies lors de la session de formation.

 

Polémique autour d’un livre hostile au bouddhisme tibétain

La Croix.com - Claire Lesegretain - 30/01/17 -

Des spécialistes du bouddhisme continuent de dénoncer l’ouvrage « Les dévots du bouddhisme », dans lequel Marion Dapsance s’en prend au maître tibétain Sogyal Rinpoché et plus largement au bouddhisme en tant que tel.

Un livre ne cesse d’ébranler depuis des mois l’univers feutré du bouddhisme français. Publié le 15 septembre, au moment de la venue en France du Dalaï-lama, Les dévots du bouddhisme (éditions Max Milo) reprend, dans une version simplifiée, la thèse d’anthropologie que Marion Dapsance a soutenue en décembre 2013 à l’École pratique des hautes études (EPHE). Sa recherche était consacrée à «L’apprentissage du dharma selon Rigpa » (1), Rigpa étant un réseau international de centres bouddhiques tibétains qui compte, en France, plusieurs milliers d’adhérents.

Après avoir fréquenté pendant deux ans le centre bouddhiste de Levallois-Perret, ainsi que le centre de retraite Lérab Ling à Roqueredonde (Hérault) inauguré en 2008 par le Dalaï-lama, Marion Dapsance dénonçait divers comportements du maître bouddhiste tibétain Sogyal Rinpoché, fondateur du réseau Rigpa : humiliations publiques de ses collaborateurs ; coups assénés à l’aide de son gratte-dos ; colères violentes ; caprices pour exiger, lors de tous ses déplacements, une piscine chauffée, un lit double, une marque de thé spéciale, des repas à base de bœuf, une Mercedes avec chauffeur, une masseuse.

La chercheuse avait complété ses enquêtes de terrain par des entretiens avec des personnes engagées dans le bouddhisme tibétain, notamment Olivier Raurich, qui fut traducteur de Sogyal Rinpoché et directeur de Rigpa France jusqu’en 2015, année où il démissionna de son poste en dénonçant les pratiques du fondateur.

Anciennes rumeurs et accusations infondées

Dès le 16 septembre, l’association Rigpa protestait, par communiqué de presse, contre cette « prétendue enquête menée exclusivement à charge ». Considérant que ce livre « ne fait que relayer d’anciennes rumeurs et accusations infondées, publiées sur Internet et qui émanent toujours des mêmes sources », l’association bouddhiste se disait « choquée par le parti-pris et l’approche partielle, voire partiale » du livre.

« Certes, la personnalité et les comportements de Sogyal Rinpoché sont parfois contestés », explique Éric Rommeluère, enseignant de l’association « Un Zen occidental » et auteur de plusieurs ouvrages sur le bouddhisme. « Mais les accusations portées par Marion Dapsance sont d’une extrême gravité. Si elle a connaissance de faits délictueux ou criminels, elle a le devoir moral de les signaler à la justice française ! » Or, affirme Éric Rommeluère à La Croix« la justice française n’a jamais été saisie d’une plainte à l’encontre de l’association Rigpa ou de Sogyal Rinpoché ».  

Dans le même communiqué, Rigpa s’interrogeait sur « les intérêts réels de l’auteure et de l’éditeur », rappelant que « Marion Dapsance a vu ses études financées par des bienfaiteurs chinois ». Le réseau souligne que les éditions Max Milo avaient déjà publié en 2011, à l’occasion d’une précédente venue du Dalaï-lama en France, Dalaï-lama pas si zen, un ouvrage d’une « rare agressivité » contre le leader spirituel tibétain, l’accusant d’être un agent de la CIA.

Mais ce communiqué n’a pas suffi à faire contre-feux au livre de Marion Dapsance. D’autant que l’auteure a publié plusieurs articles épinglant non seulement Rigpa mais le bouddhisme en tant que tel : en février 2016 dans La Revue des deux mondes ; en septembre 2016 dans Le Nouvel Observateur ; en octobre 2016 dans la revue Esprit.

Une profonde incompréhension du bouddhisme

Plusieurs universitaires et spécialistes du bouddhisme dénoncent ce qu’ils voient comme une campagne de dénigrement. L’universitaire Philippe Cornu, président de l’Institut d’études bouddhiques (IEB), dans la revue Études mongoles et sibériennes, centrasiatiques et tibétaines de décembre, reproche un « ton délibérément agressif et partial et son vocabulaire dépréciatif qui n’a rien de scientifique tant il manque de distances. On ne sent jamais chez elle un respect pour les personnes qu’elle côtoie ni pour les pratiques religieuses du bouddhisme ».

Éric Rommeluère, dans la revue Esprit de décembre 2016, est tout aussi critique à l’égard de la compréhension que la chercheuse a du bouddhisme : « désengagement moral, social et affectif, anti-intellectualisme, culte de l’instant présent, souci quasi exclusif de soi, recherche de la sensation pure, habillage des relations de pouvoir en relations thérapeutiques, distance cynique à l’égard d’un monde qui ne serait qu’illusion ».

Pour ce bouddhiste engagé, il s’agit là d’une profonde incompréhension de ce qu’est le bouddhisme qui « n’invite nullement à se soustraire du monde, mais à se dégager des fonctionnements névrotiques qui nous endommagent. Celui qui s’engage dans ce chemin s’exerce à développer de vertus et à développer des préceptes ».

Claire Lesegretain

 

Le Parti communiste chinois s'inquiète de la montée du bouddhisme

Central Tibetan Administration - 30 janvier 2017

Nouvelles d'autres sites

Par Jayadeva Ranade - Sunday Guardian Live - 28 Janvier 2017 - 

L'Association bouddhiste de Chine a publié une directive appelant à prévenir et à restreindre la propagation «illégale» du bouddhisme tibétain dans la province chinoise du Zhejiang.

Des indications au cours des derniers mois qui laissent entrevoir une certaine nervosité dans certains milieux au sein de la direction du Parti communiste chinois à propos de la propagation incontrôlée du bouddhisme en Chine. De plus, la propagation de l'influence du Dalaï-Lama ailleurs en Chine - à l'extérieur des frontières de la Région dite autonome du Tibet - suscite d'autres efforts pour tenter de réglementer plus strictement les activités des moines bouddhistes tibétains.

Il y a eu une augmentation marquée du nombre de bouddhistes en Chine au cours des 20 dernières années, leur pourcentage dans la population passant de 5% à plus de 18% en 2015. Cette augmentation est attribuable à l'assouplissement des contrôles de la religion par les autorités communistes dans les années 2006/2007. Les bouddhistes en Chine sont maintenant estimés à plus de 300 millions. Le PCC d'environ 88 millions de membres a toujours été sensible à la croissance de toute autre organisation qu'il ne contrôle pas et qu'il considère comme une menace potentielle à son monopole sur le pouvoir. Le Falungong, qui a atteint 100 millions de membres, a été impitoyablement évincé après une campagne nationale soutenue durant dix ans, mouvement dont il ne reste que peu de traces aujourd'hui.

La crainte de la Chine que des personnalités chinoises Han puissantes puissent être influencées par le Dalaï Lama est devenue évidente lorsque, en février 2016, les médias officiels chinois ont critiqué l'acteur continental Hu Jun, la chanteuse de Hong Kong Faye Wong et l'acteur de Hong Kong Tony Leung Chiu-wai, «deux figures principales du groupe du Dalaï Lama» lors d'un événement bouddhiste tibétain en Inde. Le quotidien chinois de langue chinoise de la Chine, Ming Pao, a cité le Tibet et a souligné que de nombreuses stars du cinéma occidental avaient été critiquées pour leur soutien au Dalaï Lama et que les célébrités chinoises auraient dû apprendre la leçon. Malgré ces restrictions, depuis 2014, environ 140-160 Chinois continentaux visitent Dharamsala chaque année et beaucoup cherchent une audience avec le Dalaï Lama.

Peut-être préoccupé par la propagation de l'influence du Dalaï Lama, l'unité provinciale de l'Association bouddhiste officielle de Chine (BAC) a publié en novembre 2016 une directive en six points appelant à la prévention et à la restriction de la propagation "illégale" du bouddhisme tibétain dans la province chinoise du Zhejiang. Le Zhejiang est un centre important de l'éducation et de la formation bouddhistes chinoises et sa population bouddhiste dépasse celle de la plupart des autres provinces chinoises. À la demande du Bureau des affaires religieuses de la province du Zhejiang, l'avis a été adressé à toutes les unités de BAC de la province afin de mettre en œuvre la politique religieuse fondamentale du Parti communiste chinois et d'autres lois et règlements sur les affaires religieuses, l'harmonie religieuse et l'harmonie sociale ". Tout en ne clarifiant pas ces activités "illégales", il interdit aux moines pratiquant le bouddhisme tibétain de visiter la province du Zhejiang pour donner des enseignements, conduire des rituels d'habilitation et mener d'autres cérémonies sans l'approbation du gouvernement. Il stipule que l'approbation est nécessaire pour l'enseignement des textes bouddhistes tibétains et des Écritures ou la tenue d'autres activités connexes dans les centres bouddhistes, les associations bouddhistes ou des universités bouddhistes dans la province.

D'autres personnalités religieuses bouddhistes souhaitant visiter le Zhejiang pour des cérémonies religieuses ou pour travailler comme instructeurs religieux sont également tenues d'obtenir l'autorisation des unités concernées de BAC. Ils doivent également s'inscrire auprès du Département des affaires civiles du Zhejiang. L'Avis détaillé précise en outre que les personnages religieux ont besoin de l'autorisation d'organiser ou de participer à des activités religieuses dans des lieux où les activités religieuses ne sont pas autorisées. Il réaffirme que les rassemblements religieux organisés pour le grand public doivent se tenir sur des lieux religieux légalement enregistrés ou sur des lieux approuvés par le bureau des affaires religieuses concerné du niveau du comté. Un article spécifique dans l'Avis ordonne à toutes les associations bouddhistes de la province de conseiller et de guider les moines du bouddhisme chinois à pratiquer leur foi dans la tradition bouddhiste chinoise.

Fait intéressant, une copie de l'Avis a été adressée séparément à l'Association bouddhiste du Mont Putuo au Zhejiang, l'un des quatre sites de pèlerinage bouddhistes sacrés de la Chine et étroitement lié au bouddhisme tibétain. Les bouddhistes croient que le Mont Putuo abrite Avalokitesvara, le Bouddha de la Compassion.  Le XIVe Dalaï-lama, qui est le chef spirituel du bouddhisme tibétain, est considéré comme l'émanation du Bouddha Avalokitesvara. Le Mont Putuo a une signification supplémentaire car le IXème Panchen Lama a visité ce site en 1925, pour amener le bouddhisme tibétain au public chinois et a enseigné à des milliers de moines bouddhistes chinois et pratiqué des rituels d'habilitation.

Les enseignements Kalachakra (3-14 janvier 2017) à Bodhgaya ont attiré l'attention chinoise.  Pour empêcher les Chinois et les Tibétains d'y assister, les autorités ont cessé de délivrer des visas depuis décembre dernier et ont limité les déplacements au Népal.  La surveillance dans TAR (Région Autonome du Tibet) a été renforcée pour identifier ceux qui pourraient être clandestinement passé à travers ; l'Internet, les téléphones, etc. sont surveillés afin de prévenir la transmission des enseignements Kalachakra. Malgré ces contrôles, comme en 2014, près d'un millier de Tibétains en provenance de Chine et près d'un millier de Chinois de différentes provinces ont participé au Kalachakra cette année avec de nombreux fidèles en quête d'une audience avec le Dalaï Lama.

L'auteur -  Jayadeva Ranade est un ancien secrétaire adjoint au secrétariat du gouvernement de l'Inde et est président du Centre for China Analysis and Strategy.

Kiren Rijiju avec Richard Gere et Lobsang Sangay... 

A Delhi au dîner de l'ambassadeur des Etats-Unis 

Central Tibetan Administration - 28 janvier 2017 - 

Par PTI (Press Trust India) - New Delhi, 28 janvier 2017 -

L'ambassadeur des Etats-Unis en Inde, Richard Verma, a récemment été accueilli pour un dîner dans la capitale auquel ont participé le ministre de l'Union Kiren Rijiju et le premier ministre du gouvernement tibétain en exil Lobsang Sangay, un mouvement qui a soulevé les objections de la Chine. Le dîner a été accueilli par Verma le 15 janvier pour son ami, acteur de Hollywood Richard Gere. A cet événement de haut niveau assistaient également des fonctionnaires de l'Inde et des États-Unis, en plus de quelques dirigeants tibétains.

Kiren Rijiju, ministre d'État aux Affaires intérieures, a écrit au sujet de l'événement du 15 janvier avec une image montrant Lobsang Sangay et Richard Gere entre autres."Ravi de retrouver mon cher ami Richard Gere. Merci à Richard Verma pour un dîner merveilleux et d'une grande tenue en tant qu'Ambassadeur des USA en Inde ; Les deux hommes sont d'excellents amis de l'Inde et ont beaucoup contribué dans de nombreux domaines", a déclaré le ministre.

Réagissant à l'événement, le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré aux journalistes à Pékin: "Aucun pays dans le monde ne reconnaît le soi-disant gouvernement tibétain en exilNous sommes fermement opposés aux contacts officiels de n'importe quel pays avec lui sous n'importe quelle forme et résolument opposés à l'ingérence de tout pays dans les affaires intérieures de la Chine en utilisant des questions liées au Tibet comme une excuse", a déclaré le ministère des Affaires étrangères.  La présence des dirigeants tibétains lors du dîner a attiré l'attention sur la question de la souveraineté du Tibet car la Chine proteste régulièrement contre les visites et les rencontres du leader spirituel tibétain, le Dalai Lama ou de ses représentants, prétextant qu'il s'agit d'ingérence dans ses affaires intérieures.

En octobre de l'année dernière, la Chine avait protesté contre la visite de M. Richard Verma à Tawang dans l'Arunachal Pradesh, que Pékin revendique comme étant le sud du Tibet, déclarant que toute ingérence de Washington dans le différend sino-indien le rendrait "plus compliqué" et "dérangé". Le mois dernier, la Chine a élevé une forte protestation contre la réunion du Dalaï Lama avec le président de l'Union indienne M. Pranab Mukherjee au Rashtrapati Bhavan, le Palais présidentiel à Delhi, à l'occasion d'un sommet de mouvements et de spécialistes se consacrant aux problèmes de l'enfance.

 

DIIR

Pour renforcer la défense des droits de l'homme au Tibet devant les Nations Unies

Central Tibetan Administration - 27 janvier 2017 - Nouvelles éclair -

 

Genève - Le Département de l'Information et des Relations internationales (TIAI) ministère de l'Administration centrale tibétaine entreprend un effort majeur pour renforcer la question de la défense des Droits de l'Homme au Tibet au sein de l'Organisation des Nations Unies, en particulier à l'approche du 34ème Conseil des Droits de l'Homme dès le mois prochain.

  • Une délégation de trois membres du DIIR (information et Relations Internationales), composée du secrétaire Sonam Norbu Dagpo, du secrétaire Dhardon Sharling et de Kalden Tsomo, responsable à l'ONU et aux Droits de l'Homme, ainsi que de la nièce du Tulku Tenzin Delek Rinpoche, Nyima Lhamo, est actuellement à Genève pour y  développer un plaidoyer d'une semaine.

Outre ce lobbying d'une semaine, le Bureau tibétain des Droits de l'Homme et des Nations Unies, en coordination avec le Bureau du Tibet à Genève, convoquera une réunion de planification stratégique des experts de l'ONU pour concevoir un cadre stratégique pour le plaidoyer auprès de cette institution.

"La réunion de stratégie élaborera des plans tangibles pour la défense des Droits de l'Homme du CTA pour le Tibet à l'ONU. Ce sera l'occasion d'explorer les mécanismes de l'ONU et de chercher l'engagement de celle-ci, devant  la situation pressante des Droits de l'Homme au Tibet ", a déclaré Sonam Norbu Dagpo, Secrétaire des relations internationales du DIIR.

La délégation du DIIR soulignera les violations des Droits de l'Homme au Tibet, portant en particulier sur :

  • La Répression religieuse - le cas de Larung Gar - l'extrême surveillance - les restrictions de voyage et la confiscation de passeports,
  • Les Disparitions forcées - le cas de Panchen Lama, Arrestation et condamnation - L'avocat Tashi Wangchuk, la torture et la mort en prison - l'affaire du Tulku Tenzin Delek Rinpoché et les Auto-immolations de protestation contre les politiques répressives de la Chine.

 "Le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU, dont la Chine est membre, est le même organisme que le gouvernement chinois cherche à subvertir. Les membres du DIIR jugent important de tirer parti de cette occasion importante que l'ONU présente pour mettre en évidence les violations des droits de la Chine au Tibet et de pousser les Etats membres à rendre la Chine responsable de ses actes et à respecter ses engagements en tant que membre responsable de la CDH", a déclaré Dhardon Sharling.

 

New Delhi lance les dés sur le Tibet

Central Tibetan Administration - 25 janvier 2017

Nouvelles d'autres sites : Par Harsh V Pant - 25 Jan 2017 - ADN -  

En sacrifiant les intérêts du peuple tibétain, les politiques de la Chine n'ont pas apporté d'avantages à l'Inde

Le refus de la Chine de reconnaître les préoccupations de la sécurité nationale indienne conduit maintenant à un changement graduel mais significatif de la politique indienne par rapport à la question tibétaine. Le gouvernement Modi semble plus ouvert que ses prédécesseurs en réévaluant l'utilité de la carte du Tibet dans la gestion de la Chine. L'Inde est maintenant prête à accueillir ouvertement le Dalaï Lama, le chef spirituel du Tibet qui vit en exil en Inde depuis 1959, lors d'une conférence internationale sur le bouddhisme qui se tiendra à Rajgir-Nalanda, au Bihar, en mars 2017. Et en ignorant les protestations de Pékin. Le Dalaï Lama visitera également l'Etat indien d'Arunachal Pradesh, que la Chine revendique comme faisant partie de son propre territoire.

Au début, le gouvernement Modi était prêt à céder un certain terrain aux sensibilités chinoises sur le Tibet et hésitait à reconnaître ouvertement les interactions officielles avec le Dalaï Lama. Mais le rôle plus public du Dalaï Lama est perçu comme un élément essentiel de la réponse indienne. Le président indien Pranab Mukherjee a rencontré le Dalaï Lama lors de la séance inaugurale du premier sommet des lauréats et leaders pour les enfants qui s'est tenu à la résidence officielle du président à New Delhi en décembre. C'était la première réunion depuis des décennies entre un président indien en service et le Dalaï Lama.

La Chine a fortement réagi à cette réunion, soulignant que New Delhi ne respectait pas l'un des intérêts fondamentaux de Pékin. New Delhi a répliqué en arguant que le Dalaï Lama était un leader spirituel vénéré et que c'était un événement non politique. La Chine a également objecté à propos de la visite prévue du Dalaï-Lama à Arunachal Pradesh cette année, affirmant qu'elle porterait atteinte aux relations bilatérales avec l'Inde et qu'elle constituerait une violation de l'engagement politique sur la question des frontières.

Suite à l'héritage instable du Raj britannique, la question du Tibet continue de troubler les relations sino-indiennes jusqu'à nos jours. Les origines de la guerre sino-indienne de 1962 dans laquelle l'Inde a été vaincue peuvent être attribuées à l'asile fourni au Dalaï Lama après l'annexion du Tibet par la Chine. Les politiques répressives de la Chine dans la Région dite autonome du Tibet (TAR) ont maintenu la question du Tibet non résolue depuis toutes ces années. La Chine a qualifié le Dalai Lama de «loup en vêtements de mouton» et l'a accusé de fomenter le séparatisme dans le TAR. En gardant le Dalaï Lama comme un invité d'honneur, l'Inde continue de provoquer la colère de la Chine.

Il y a un désenchantement croissant devant le comportement chinois à New Delhi. En sacrifiant les intérêts du peuple tibétain, les politiques de la Chine n'ont donné aucun bénéfice à l'Inde et il n'y a pas eu de tranquillité dans l'Himalaya depuis plusieurs décennies. Comme l'agressivité de la Chine augmente, les décideurs politiques indiens ne sont plus contents de jouer selon les règles établies par la Chine. Il y a plus de pression que jamais pour soutenir les droits légitimes du peuple tibétain afin de négocier avec la Chine en position de force.  

Les relations sino-indiennes traversent actuellement une phase de turbulences. Depuis mars 2016, la Chine a bloqué l'action de l'Inde pour mettre une interdiction sur Masood Azhar (chef de Jaish-e-Mohammad basé au Pakistan) et pour qu'il soit déclaré terroriste, devant le comité des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU, malgré l'appui de tous les autres membres du Conseil.

Et en réponse à l'essai en Inde de ses missiles balistiques à longue portée au cours des dernières semaines, la Chine a indiqué qu'elle serait disposée à aider le Pakistan à augmenter la portée de ses missiles nucléaires. L'entrée en fonction à Washington de la nouvelle administration Trump avec son approche distincte d'une ligne dure envers la Chine, risque de se traduire par de nouvelles pressions supplémentaires sur les relations sino-indiennes.

C'est dans cette conjoncture critique que l'Inde veut réintroduire la question du Tibet dans le calcul stratégique sino-indien.  Étant donné les complexités inhérentes à la poursuite de ce processus, il reste à voir jusqu'à quel point le gouvernement Modi ira défier la Chine sur l'un de ses principaux intérêts.

L'auteur est un membre distingué de la Observer Research Foundation à New Delhi et professeur de relations internationales au King's College de Londres.

 

Nouvel ouvrage sur le Tibet de l'écrivaine chinoiseJianglin Li

Central Tibetan Administration - 27 janvier 2017-

Washington DC : Mme Jianglin Li, auteure du livre acclamé par la critique «Tibet in Agony», érudite de l'histoire tibétaine post-1950 et de la diaspora tibétaine, publiera son prochain livre «Chenrezig Reborn : Un compte du Troisième Tibet» le 8 Février à Taiwan. Le livre, écrit en chinois, est le quatrième livre de Jianglin Li sur le Tibet et est publié par Linking Publishing House basé à Taiwan.

Le livre est divisé en trois parties principales, à savoir : a) le voyage à Dharamshala ; b) un hameau dans les rangs Dauladhar ; c) le site sacré au sud de l'Himalaya. Le livre relate les expériences et les perspectives d'une écrivaine chinoise par rapport à Sa Sainteté le Dalaï Lama et des réfugiés tibétains depuis leur fuite vers l'exil depuis 1959 et leurs efforts pour préserver distincte leur culture en exil.

Jianglin Li est une érudite et écrivaine chinoise résidant aux États-Unis. Le dernier livre de Li «Tibet in Agony» a été traduit en anglais et publié par Harvard University Press. Ses autres œuvres sont en cours de traduction en anglais.

Le terme "Troisième Tibet" dans le livre désigne le Tibet représenté par Sa Sainteté le Dalaï Lama et l'Administration centrale tibétaine basée à Dharamshala, par opposition au Tibet avant l'invasion chinoise appelée "Premier Tibet" et le Tibet sous occupation chinoise est appelé "Deuxième Tibet".

- Rapport déposé en tibétain par Kunga Tashi, OOT Washington DC -

 

Parlement européen

Première réunion du groupe d'intérêt du Tibet en 2017

Central Tibetan Administration - 26 janvier 2017 - 

The first Tibet interest group meeting in progress chaired by MEP Mr Thomas Mann.

La première réunion du Groupe d'Intérêt du Tibet en cours, présidée par le député européen Thomas Mann.

BRUXELLES : La première réunion du Groupe d'Intérêt du Tibet en 2017 s'est tenue hier au Parlement européen. La réunion a été présidée par le Président du Groupe d'Intérêt du Tibet (TIG), M. Thomas Mann, et a rassemblé les députés européens Csaba Sógor, László Tőkés, Nathalie Griesbeck et Tunne Kelam ainsi qu'une vingtaine d'assistants parlementaires.

Le point principal de l'ordre du jour était le suivi de la Résolution d'Urgency Larung Gar adoptée par le Parlement européen en décembre.

M. Mann a salué la première réunion TIG de l'année 2017 et a déclaré qu'une large majorité de députés européens avaient voté en faveur de cette résolution, qui a envoyé un signal clair à la Chine.

M. Tőkés, qui a été parmi les initiateurs de la résolution, a déclaré que le sujet est très proche de son cœur, et que les amis du Tibet devraient continuer à lutter contre le régime totalitaire en Chine.

M. Kelam a parlé en détail des activités du Parlement européen sur le Tibet et a souligné que le rôle du PE est d'assurer l'équilibre entre les valeurs et les intérêts économiques et de fixer la condition pour que l'identité tibétaine puisse survivre.

Le Secrétaire Thutop Namgyal et le Sous-Secrétaire Tenzin Rabga du Bureau du Tibet de Bruxelles, ont assisté à la réunion. M. Thutop Namgyal a exprimé sa gratitude aux députés européens pour leur soutien sur la récente résolution. Il a fait une brève note sur la visite d'une semaine de Tashi Phuntsok en France où il a visité l'Assemblée nationale française et a exhorté les législateurs français à adopter une résolution similaire au Parlement français.

Toutes ces réunions en temps voulu faciliteront la mise en œuvre du calendrier des activités au Parlement européen.

- Rapport déposé par Bureau du Tibet, Bruxelles -

 

Sa Sainteté le Dalaï Lama nomme des Nonnes Tibétaines Geshe pour la 1ere fois dans l’Histoire du bouddhisme tibétain début décembre 2016 :

      A Mungdod (au monastère de Drepung)  22 nonnes sont devenues les 1eres dans l’histoire du bouddhisme tibétain, à recevoir le degré de Geshema, le plus haut titre académique dans le bouddhisme tibétain. Ce degré a été donné ce matin par sa Sainteté le Dalaï Lama aux nonnes lors d’une cérémonie donnée au monastère de Drepung à Mungdod, Inde du sud.

      L’attribution du degré de Geshema aux nonnes bouddhistes tibétaines était une ancienne aspiration de SS le Dalaï Lama et refète un tournant (une étape clé), étant donné que ce degré était attribué seulement à des moines hommes précédemment.

        Pendant la cérémonie, le Dalaï Lama a parlé de l’immense contribution de l’éducation à travers l’égalité des sexes dans le monde. SS a aussi mis l’accent sur le besoin dans le cadre des éthiques laïques de faire une éducation moderne plus globale.

Ci- après le texte complet en anglais envoyé par l’Administration Tibéta Centrale (CTA):

His Holiness the Dalai Lama Awards Historic Geshema Degree to Tibetan Buddhist Nuns

MUNDGOD: Twenty Tibetan Buddhist nuns today became the first in the history of Tibetan Buddhism to receive the Geshema degree, the highest academic title in Tibetan Buddhism. The degree was conferred this morning by His Holiness the Dalai Lama to the nuns at a ceremony held at Drepung monastery in Mundgod, South India.                                                                              

The conferment of Geshema degree to Tibetan Buddhist nuns was a longstanding aspiration of His Holiness the Dalai Lama and reflects a historic milestone, as the degree was awarded only to male monks earlier.

At the conferment ceremony, His Holiness the Dalai Lama spoke about the immense contribution of education towards gender equality in the world. His Holiness also emphasised the need for secular ethics to make modern education more holistic.

“Through the power of education, women have been able to rise up to prominent roles including leadership in various societies.  Education has played a big role in the advancement of gender equality and material development. However, when you think about secular ethics like compassion, modern education is still not sufficient,” His Holiness said.

“Science tells us that women are biologically more compassionate. Education should instill compassion. We should focus on secular ethics.  The world needs a uniform outlook at compassion and women are innately inclined to instill compassion,” His Holiness remarked.

His Holiness the Dalai Lama has, earlier at Bangalore, said that the conferment of Geshema degree to Tibetan Buddhist nuns is his contribution to the advancement of Buddha dharma. “The tradition of honoring Geshema degree is a need of the hour as it is purely based on one’s meritorious achievement in the field of Buddhist study.”

Tibetan political leader Sikyong Dr Lobsang Sangay welcomed the conferment of the Geshema degree to Tibetan Buddhist nuns as a step towards gender equality in education. “I heartily congratulate the twenty nuns who are receiving the Geshema degree. This is a result of your hard work and dedication,” he said.

He also expressed his gratitude to His Holiness the Dalai Lama for envisioning this step. “His Holiness the Dalai Lama is instrumental in making possible the historic conferment of Geshema degree to Tibetan Buddhist nuns. We owe him a debt of gratitude.”

He further spoke about the Tibetan administration’s own efforts to advance gender equality through practical policies and trainings.  “Our view on women empowerment is not borne out of competition between men and women.  Our objective is to create the opportunity and capacity for women to showcase their potential based on merit,” he said.

“Women’s leadership is taking prominence in the world. It is time for women to hold the mantle of leadership and this will ensure that the earth will be a more peaceful place on planet,” he added.

The historic decision to confer the Geshema degree to Tibetan Buddhist nuns was announced in 2012 by the Department of Religion and Culture following a meeting of representatives from six major nunneries, Institute of Buddhist Dialectics and the Tibetan nuns project.

Geshema or Geshe when awarded to male monks, is comparable to a doctorate in philosophy. The degree is conferred after at least 21 years of rigorous study of the five main Buddhist texts, combined with a regular session of prayers and recitations.

“I am extremely happy and proud to be one of the first Geshema degree holders in history. I am grateful to His Holiness the Dalai Lama for making it possible for us to attain this degree on this historic occasion,” Namdol Phunstok, a nun from Kopan nunnery, Nepal, and one of the twenty nuns who received the degree, remarked after the ceremony.

 

Signature d’un accord avec le gouvernement Indien  

le 22 décembre 2016:

Le 22 décembre 2016, à Mungdod (Etat de Karnataka), le Dalaï lama et le 1er ministre tibétain ont signé un accord avec l’Inde qui assure la subsistance du camp de Mungdod tout le temps nécessaire avant la libération du Tibet, dans le cas où celle-ci ne se ferait pas dans les années qui viennent.

Pour le moment, cet accord ne concerne que le camp de Mungdod, au sud de l’Inde mais ce contrat est une véritable avancée!

Les résidents tibétains de Mungdod, vont pouvoir construire leurs maisons qui leur appartiennent maintenant officiellement devant la loi indienne, et cultiver “leurs” terres. 

Depuis 4 décennies, Le gouvernement tibétain signe des “baux” avec les autorités indiennes, à renégocier régulièrement en fin de chaque bail pour chaque camp.

Voici le texte original développé en anglais :

Mundgod Tibetan Settlement Becomes First in South India to Sign Lease Agreement

December 22, 2016 MUNDGOD, Karnataka state: A land lease agreement was signed between the government of India represented by Mr S S Nukul, District Commissioner of Karwar, and Mr Karma Dhondup, settlement officer of Doeguling Tibetan settlement, Mundgod, representing the Central Tibetan Relief Committee (CTRC). This agreement, which is in tune with the 15th Kashag’s flagship five-fifty strategy, is the first legalised document regarding land lease to Central Tibetan Relief Committee (CTRC) by Government of India as per law of the land.

The signing of the agreement is significant as it ensures the sustenance of the Tibetan settlement in the long run in case the Tibet issue isn’t resolved despite the best efforts of the Central Tibetan Administration in the next immediate five years. The signing took place in front of His Holiness the Dalai Lama and Sikyong during the 600th founding anniversary of Drepung monastery on 21 December.

Following the signing of the agreement, Sikyong Dr Lobsang Sangay and DC Mr S S Nukul, briefly addressed the Tibetan public in the afternoon regarding the importance of legally registering the land to avoid unforeseen challenges in the future.

Addressing the Tibetan public, Sikyong Dr Lobsang Sangay pointed out the lack of documentation and registration practice prevalent among Tibetans and explained the importance of these legal practices to secure long-term sustenance of Tibetan settlements.

“More than four decades have passed since the Tibetan settlements were established in India. And yet there are hardly any legal documents and registration at the local teshil (administrative) office to prove their lawful existence which could lead to big problems,” Sikyong said.

“A case in point that I can remember happened in Phuntsokling settlement in Odisha during the tenure of the 14th Kashag. Due to lack of proper documentation, a land issue rose up between Tibetans and a local Indian, which blew up and almost resulted in an exchange of blows. However, the Odisha state government provided timely assistance and the matter was resolved,” he recalled.

“The situation is similar in almost all the Tibetan settlements in India. Therefore to avoid such incidents from happening again, successive Kashags have made every endeavor for a definite policy from the Indian government. The efforts finally bore fruition in 2014 with the Tibetan Rehabilitation Policy Act announced by the Central government of India,” he said.

“Since India is a federal state, we are in the process now, of urging the relevant states where Tibetan settlements are based to adopt this policy and set it into implementation. In this regard, Mundgod under Karwar district has become the first settlement in the south to do so. For this we are truly grateful to Mr Nukul for his personal initiative in this achievement,” he noted.

 “This agreement will ensure the sustenance of the Tibetan settlement and at the same time, the Tibetan people will be eligible to avail the various schemes and projects offered by the state and central government,” he said.

Mr S S Nukul, District Commissioner of Karwar under which the Tibetan Settlement of Mundgod falls, said that this agreement has been pending for a long time and that the signing of the agreement will make things easier for the Tibetan residents.

He attributed the success of the lease agreement to the efforts of the Tibetan administration led by Sikyong at the center and Mr Choephel and Karma from the state and district respectively.

“With this land lease agreement, the status of the Tibetan settlement is clear as per law. It also opens up a lot of schemes such as housing and agricultural incentives provided by the state and central government of India, which were till now inaccessible for Tibetans,” he said, promising every assistance as per law to the Tibetan people.

Tibetans, who have long been living a life of relative uncertainty, are now formally recognised by the Indian government as a long term resident with full rights to pursue livelihood in India. Earlier, the status of Tibetans in India was not clear with a lot of loopholes.

Source: http://tibet.net/2016/12/mundgod-tibetan-settlement-becomes-first-in-south-india-to-sign-lease-agreement/#

 

La Chine engage une cyber guerre via Dharamsala. 

24 décembre 2016

 Le 24 décembre, le journal indien New Indian Express explique que la Chine utilise un accès au serveur internet de Dharamsala (du gouvernement tibétain en exil) pour utiliser des logiciels espions, des programmes malveillants, des adresses IP déguisées et cibler ainsi des systèmes informatiques tout autour du monde. Par ce biais, la Chine cherche à s’immiscer entre le CTA (central tibetan administration) et les gouvernements étrangers en infectant les systèmes internet tibétains. (Une étude poussée a été faite par la Munk School of Global Affairs de Toronto sur le sujet).

Ci-après, voici l’article en anglais du journal New Indian Express sur le sujet avec interview du 1er ministre Tibétain, Lobsang Sangay

THE NEW INDIAN EXPRESS:   China wages cyber war via dharamsala  NEW DELHI:  With a view to malign the Central Tibetan Administration (CTA), China is remotely accessing the computer servers in Dharamsala, planting spywares and malwares and disguising the IP address to target computer systems across the globe, said Prime Minister of Central Tibetan Administration Dr Lobsang Sangay.

 

“China is also seeking to drive a wedge between CTA and foreign governments by infecting our computer systems. Efforts are on to secure the servers in Dharamsala which is used by the Chinese as a transit point to launch cyber attacks globally,” Sangay told The Sunday Standard.

He said a major study on malware attacks against Tibetans conducted by Munk School of Global Affairs at the Toronto University reported that the attacks on the servers and computer system of CTA are “highly targeted and have low anti-virus detection”.  

He said some of the cyber attacks are designed to monitor the city’s internet infrastructure. The CTA offices as well as other Tibetans associated with it often receive strange emails purporting to be from friends or associates. Such emails generally contain attachments that can compromise the system when downloaded. In this way the hackers get access to passwords and contact lists.   

Assessments suggest that besides maligning the CTA, the Chinese hackers could be operating out of a larger People’s Liberation Army (PLA) design to identify possible protests by pro-democracy groups in Tibet and pre-empt them. There are close ties between the Tibetan refugees in Dharamsala with their brethren in Tibet Autonomous Region. The pattern of the attacks is shifting as the hackers are also sending malicious power point slides and document files to infect the systems in the Himalayan city.

According to estimates, 80 per cent of the cyber attacks globally originate from China and many of the hacking groups are reported to be linked to PLA.  Intelligence officials say the need of the hour is to develop an indigenous operating systems (OS) for mobile phones and computers as the MS Window-based systems or even the Safari OS used in iPhones and Mac computers could be susceptible to attacks.

“At times, communication takes place between the CTA, government departments and ministries. The hackers could easily target the government systems which are based on either of the operating systems,” the official said, adding an indigenous OS can help check possible cyber attacks on government departments.

Source: http://www.newindianexpress.com/thesundaystandard/2016/dec/24/china-wages-cyber-war-via-dharamsala-1552795.html

 

Le gouvernement français a renoncé à rencontrer le Dalaï-Lama
 
(source: Le Monde, 10/09/2016)
Avec un dialogue interreligieux, une conférence sur le thème  de la responsabilité universelle, une intervention à Langues O ou encore un enseignement sur le moine indienNagarjuna, le programme du dalaï-lama en Frances’annonce chargé. Un vide marque pourtant sa visite :aucune rencontre n’est prévue avec des membres dugouvernement.
C’est que rencontrer la plus haute figure du bouddhisme tibétain, honnie par la Chine, a un coût diplomatique. Parmi les seuls à s’y risquer encore, Barack Obama, couvert par la puissance méricaine. En juin, il a toutefois jugé préférablede le retrouver dans les appartements privés de la Maison Blanche, pas dans le bureau Ovale.
Pour les autres, une rencontre avec Tenzin Gyatso vaut des mois de glaciation diplomatique avec la Chine. Aussi, en avril 2008, le président français d’alors, Nicolas Sarkozy, avait renoncé et seule son épouse l’avait vu lors de son passage en France. « C’est à chacun d’apprécier et de juger.
Personnellement, je pense que c’est une erreur », n’avait pas hésité à lancer le député-maire de Nantes de l’époque, Jean- Marc Ayrault. Il invoquait le « rôle de la France » en se félicitant d’avoir, lui, reçu le chef spirituel tibétain dans sa mairie.
« Visite pastorale » Nicolas Sarkozy avait finalement échangé avec le chef spirituel tibétain en décembre 2008, à Gdansk, mais Paris avait en retour subi les foudres de Pékin et ce fut la dernière
fois que le dalaï-lama vit un président français. Huit ans plus tard, M. Ayrault est à la tête de la diplomatie française et il n’est plus question qu’il reçoive le dalaï-lama. « Il s’agit d’une visite pastorale, qui a une dimension religieuse, c’est la raison pour laquelle il n’y aura pas
d’entretien avec les autorités françaises », dit-on au Quai d’Orsay.
La situation a évolué entre-temps. En 2011, le dalaï-lama renonçait à assumer des fonctions politiques, confiées au « sikyong », un premier ministre élu tous les cinq ans. Les gouvernements qui l’accueillaient auparavant peuvent donc désormais se défendre en expliquant que le dalaï-lama n’est plus un responsable politique. Sans pour autant recevoir au  plus haut niveau l’actuel sikyong, Lobsang Sangay, qui n’a pas l’aura du Prix Nobel de la paix de 1989.
 

Le Dalaï-lama en France : annulation suspecte d'une conférence à

Sciences Po

(source: Ursula Gauthier, l'Obs 11 sept2016)

Pourquoi la grande école française a-t-elle finalement renoncé à recevoir le leader spirituel tibétain lors de sa prochaine visite en France ? Les spécialistes dénoncent des "pressions chinoises". Enquête.

 Le rencontrer, ne pas le rencontrer ? Les visites du dalaï-lama sont un casse-tête diplomatique pour les pays hôtes, la Chine protestant de plus en plus bruyamment chaque fois que le leader spirituel des Tibétains est reçu par un haut responsable. C’est sans doute la raison pour laquelle, lors de sa prochaine visite en France du 12 au 18 septembre, Tenzin Gyatso ne serrera pas la main de François Hollande, ni celle de son "grand ami" Jean-Marc Ayrault.

 Ce que l’on sait moins, c’est que les remontrances chinoises ne pèsent pas seulement sur les dirigeants politiques. Pékin voit d’un mauvais œil la popularité du dalaï-lama auprès du grand public et cherche par tous les moyens à la contrer, n’hésitant pas à exercer des pressions plus ou moins discrètes afin de "décourager" l’organisation de telle ou telle manifestation prévue au programme de ses déplacements.

 Est-ce une mésaventure de ce genre qui est à l’origine de l’annulation soudaine et tardive de la conférence prévue à Sciences Po le 13 septembre prochain ? Les tractations commencent en mars dernier – sous la bénédiction de Robert Badinter. Ravi du succès de sa leçon inaugurale de 2015, l’ancien garde des Sceaux suggère en effet à Sciences Po de confier celle de 2016 au dalaï-lama. Proposition acceptée avec enthousiasme, dans un premier temps. Les aspects pratiques sont fixés et la nouvelle rendue publique. Début juillet, l’AFP mentionne la conférence de Sciences Po en tête des interventions prévues au programme de la visite du dalaï-lama en France.

 Et puis, fin juillet, Sciences Po annule la conférence, discrètement et sans donner de raison. Que s’est-il passé ?

Une simple question de redondance ?

 Interrogée par "l’Obs", la direction de Sciences Po justifie sa décision par un simple "problème de redondance". Un responsable qui demande à ne pas être nommé affirme :

"Le dalaï-lama était pressenti pour inaugurer le programme Emouna que nous lançons la semaine prochaine, une nouvelle formation interreligieuse destinée à une trentaine de ministres du culte. Nous étions très contents de valoriser ainsi notre nouveau programme et nous l’avons même tweeté le 5 juillet. Or, le même type d’événement est programmé au Collège des Bernardins auquel nos trente candidats d’Emouna sont d’ailleurs invités."

 Pas d’annulation donc, aux yeux de Sciences Po, plutôt un "remplacement", un simple arrangement pratique concernant une trentaine d’auditeurs. La direction affirme n’avoir jamais envisagé de confier la leçon inaugurale 2016 au dalaï-lama, ni d’avoir programmé une conférence devant un public beaucoup plus large d’étudiants. Selon elle, les discussions ont porté sur un seul thème : le dialogue interreligieux. A la question : "Y a-t-il eu des pressions de la part de l’ambassade de Chine ?", la réponse est "Non".

 Ces affirmations soulèvent d’emblée des interrogations. Vue la notoriété planétaire du conférencier et la concurrence acharnée que se livrent les plus grandes universités du monde pour le recevoir, on imagine mal que le premier établissement français à avoir décroché un de ses célèbres "public talks" ait décidé, après cinq mois de préparation, d’annuler l’événement à cause d’un contenu redondant. Il est de notoriété publique que le dalaï-lama s’exprime sur une foule de sujets brûlants, et Sciences Po n’avait que l’embarras du choix pour suggérer un thème différent de celui du dialogue interreligieux organisé par le Collège des Bernardins.

Des pressions très courantes

 Pourquoi avoir renoncé à un tel événement ? De source sûre, les représentants tibétains ont été reçus fin mars pour une réunion avec l’état-major de Sciences Po au cours de laquelle une foule de détails ont été réglés : la date de la conférence (le 13 septembre au matin), le lieu (l’amphithéâtre principal de 550 places), la durée (deux heures), le mode de retransmission (web en direct). Il est convenu que le président de Sciences Po, Frédéric Mion, ouvrirait la session, et envisagé que Robert Badinter fasse une brève allocution. Le dalaï-lama devait parler 30 minutes et consacrer le reste de la séance au dialogue avec les étudiants. Il était même prévu qu’après la conférence Sciences Po invite le dalaï-lama et sa suite à déjeuner.

 Restait à préciser le titre exact de la conférence et l’identité du modérateur. La délégation tibétaine avait détaillé le programme des autres interventions à Paris – y compris celle prévue au Collège des Bernardins – et proposé à Sciences Po de choisir un thème parmi ceux qui sont chers au Prix Nobel de la Paix – démocratie, droits de l’homme, harmonie entre les religions, responsabilité universelle, valeurs humaines.

 C’est dans les semaines suivantes que l’enthousiasme de Sciences Po commence à vaciller. Fin mai, la direction suggère innocemment le programme Emouna comme cadre de la rencontre, sans en préciser les limitations. Les Tibétains mettent deux mois à comprendre que Sciences Po a fait en douce une croix sur la grande conférence devant 550 étudiants, et l’a remplacée par une simple causerie avec une trentaine de ministres du culte inscrits à un programme de formation de 18 jours. Finalement, même ce modeste dialogue est annulé, au prétexte qu’il fait doublon avec celui prévu le lendemain au Collège des Bernardins. Et c’est ainsi que l’établissement qui se veut le plus brillant de France passe à côté de ce qui aurait dû être une première prestigieuse.

"C’est un grand succès pour la Chine, commente Robbie Barnett, directeur du programme d’études tibétaines modernes à l’université Columbia. Il est évident que Sciences Po a cédé aux pressions chinoises, et c’est une triste première pour une université de son rang."

 Le tibétologue affirme que les interventions publiques du dalaï-lama dans les établissements les plus célèbres du monde – de Harvard à Cambridge en passant par les grandes fac japonaises ou indiennes – font systématiquement l’objet de manœuvres diverses de la part des diplomates chinois visant à faire annuler l’événement, ou à tout le moins à réduire sa visibilité.

 "Ces pressions peuvent prendre plusieurs formes, explique Barnett : des conversations 'amicales', des mises en garde plus agressives, voire des lettres comminatoires menaçant d’arrêter la coopération avec la Chine. Il n’existe aucune université aujourd’hui qui n’ait créé de liens avec des établissements chinois. Mais je ne connais pas de grande université qui ait cédé à ce chantage. Pour ne parler que de Paris, le dalaï-lama doit faire une conférence aux Langues’O, et malgré les pressions, Langues’O a tenu bon."

"Un cercle vicieux"

 Selon les informations de "L’Obs", la direction de l’Inalco a en effet reçu par deux fois la visite de diplomates chinois qui n’ont pas fait mystère de leur mécontentement. Le portier de l’établissement a lui aussi remarqué que l’affiche annonçant la conférence du 14 septembre suscitait l’irritation de Chinois, qui s’empressaient de la prendre en photo d’un air contrarié. Malgré ses importants programmes de collaboration avec une multitude d’université chinoises, Langues’O maintient la conférence prévue devant un public de 200 personnes. "Nous sommes historiquement les premiers au monde à avoir créé un enseignement de la langue tibétaine, avec Saint-Pétersbourg. Chez nous, le tibétain a commencé en 1842, à peu près en même temps que le chinois, explique la tibétologue Françoise Robin. La présence du dalaï-lama, qui abordera les questions culturelles tibétaines devant nos étudiants, est à nos yeux parfaitement justifiée".

 "Ne nous y trompons pas, explique Robbie Barnett. Ce que veulent les Chinois, c’est au bout du compte que nous nous autocensurions, sur le modèle de ce qui est déjà la règle à l’intérieur de leur pays. Quand nous cédons à leur pression, nous leur montrons que nous sommes prêts à céder encore plus. Et immanquablement, ils augmentent le niveau de leurs exigences et de leurs pressions, un cercle vicieux qui rend la résistance de plus en plus difficile."

 Pour le tibétologue de Columbia, cette surenchère constante des exigences est un classique du mode de négociation de Pékin. La seule solution raisonnable est de tenir tête.

 La leçon vaut évidemment – et avant tout – pour les politiques. De retour en France cinq ans après sa précédente visite, le dalaï-lama suscite toujours autant d’enthousiasme. 8.000 personnes assisteront à ses interventions publiques à Strasbourg. Mais aucun élu français de premier plan n’a accepté de le rencontrer.

 

Résumé des propos du Dalaï Lama aux groupes de soutien au Tibet

lors de la 7eme conférence internationale de Bruxelles du 8 au 10 septembre 2016.

(Source : Notes prises, traduites et résumées par Caroline B- Tibet Nienpo)

Ce siècle devrait être plus serein, avec plus de compassion. On me dit souvent que je fais jeune, haha ! Le secret de ma jeunesse est la paix dans l’esprit, la sérénité.

Je suis bouddhiste, je prie, prie, prie depuis 2000 ou 3000 ans, mais maintenant on doit être dans le mouvement, dans l’action. Pour cela, les facteurs les plus importants sont :

1- la reliance, 2- le respect. Je suis un moine bouddhiste et je suis dans le respect. Les différentes traditions peuvent vivre en harmonie les unes à côté des autres.

Par exemple, à Dharamsala, mes amis Indiens et moi qui suis Tibétain, vivons en harmonie. En Inde, il y a des hindouistes, des musulmans, des chrétiens, des bouddhistes,…Tout le monde vit en harmonie grâce à la conviction du Cœur, de l’Amour, du Partage entre traditions différentes.

Aujourd’hui en Syrie, Lybie, Irak,…tous ont le même Coran, le même concept, mais ils s’entretuent. Il faut essayer de rejoindre la même route, comme en Inde, pour partager, (échanger).

Cela fait 60 ans que le peuple tibétain me fait confiance, depuis 1951, mais maintenant, ce qu’il faut suivre, c’est la démocratie. En 2001, j’ai pris position pour la démocratie, et en 2011, j’ai changé volontairement de direction (en abandonnant ma charge politique) avec sérénité, paix et volonté. Maintenant, je suis totalement engagé dans la préservation de la culture et de la langue tibétaine.

J’enseigne entre autre aux moines, mais ils ne devraient pas accepter mes enseignements dans la dévotion. Je le regrette. Je respecte toutes les religions et l’inspiration de chacun dans telle ou telle religion, mais pas de dévotion !

Depuis 30 ans, je discute avec beaucoup, beaucoup d’amis proches, du bouddhisme : l’Emotion n’appartient pas au Bouddhisme ! Aujourd’hui, beaucoup de problèmes, de troubles ont lieu à cause de trop d’émotions comme la suspicion, la colère, la peur,… Donc, quoi que vous vouliez, priez, priez, priez qui vous voulez, Bouddha, Allah, Jésus, le Ciel,… Mais vous devez travailler. Votre responsabilité est de diminuer la violence et d’apporter la paix par la méditation et le travail sur les émotions.

La violence est l’opposée de l’Amour et de la Compassion. L’exercice, l’entrainement du Génie est la Compassion, l’enseignement à donner au cerveau est: changer les émotions.

La Paix et la Compassion ne sont pas la propriété du Bouddhisme !

La politique est importante, mais le XXI eme siècle doit être :

* La protection de la culture tibétaine, qui appartient à tous, car c’est la science de la Pensée, la Connaissance, et c’est également elle qui permettra de trouver une solution pour le Tibet.

* L’environnement au Tibet car cela concerne l’écosystème du monde entier. Il faut ouvrir la vision de la Chine par une prise de conscience de l’Ecologie au niveau du peuple chinois.

   Réponse de Lobsang Sangay, 1er ministre tibétain, à une question concernant les femmes tibétaines et leur absence de hauts postes dans la communauté tibétaine :

Question posée lors de cette conférence internationale.

C’est vrai, jusques là, les femmes n’avaient que rarement des postes à responsabilité dans la société tibétaine, parce qu’elles faisaient souvent peu d’études, et se consacraient beaucoup à la famille. Mais ceci est en train de changer. L’égalité s’est installée :

    Fin novembre, début décembre 2016, des femmes vont être nommées Geshé par le Dalaï Lama. Ce sera la première fois. C’est le souhait du Dalaï Lama qui travaille à cette égalité.

    De même dans la bureaucratie, maintenant, les femmes font plus d’études que les hommes. Ainsi, pour la nouvelle génération, en post bac, nous avons 51% de filles et 49% de garçons et au niveau des hautes études, 57% sont des filles et 43% des garçons.

                     

 Septième Conférence Internationale des Groupes de Soutien au

Tibet, à Bruxelles du 8 au 10 Septembre 2016 

(Source : Notes prises, traduites et résumées par Caroline B- Tibet Nienpo)  

 

Cette septième conférence était organisée par le Tibet Interest Group du Parlement Européen, en collaboration avec International Campaign for Tibet, Lumière du Tibet, les Amis du Tibet, la Communauté Tibétaine de Belgique, et la contribution du DIIR de l’Administration Centrale Tibétaine.

Il y avait plus de 250 représentants d’ONG venues de 50 pays et de tous les continents, ainsi que des invités de marque !

 Le but de cette conférence était d’utiliser les compétences et perspectives diverses des associations et autres TSG (Tibetan Support Groups) venues du monde entier.

 L’examen de la situation actuelle d’occupation du Tibet, en particulier dans les domaines de la politique, des Droits de l’Homme, de l’environnement, et l’évaluation de l’état de mouvement de liberté au Tibet permet de dessiner des plans pour une action coordonnée.

 Lors de la cérémonie d’ouverture, nous avons eu l’immense plaisir d’écouter Sa Sainteté Le Dalaï Lama, invité d’honneur. Il a exprimé ses trois engagements, compte tenu de son récent désengagement de la vie politique. Il a exprimé son admiration aux 19 courageux avocats, universitaires, activistes des Droits de l’Homme… tous chinois et présents à cette conférence. Ils sont devenus dissidents pour l’Etat chinois et vivent en exil en occident à présent.

 Le Dalaï Lama a également insisté sur le désastre écologique qui est en train de se dérouler au Tibet. Il a souligné que la protection de l’environnement au Tibet n’est pas seulement le fait du Tibet, mais à des répercussions mondiales sur l’écosystème. Il faut ouvrir la conscience de l’écologie au peuple chinois. Il a également indiqué l’importance de la culture tibétaine qui appartient à tous et non pas seulement au peuple tibétain, car elle fait partie de la science de la Pensée, de la Connaissance.

 A Sa Sainteté le Dalaï Lama, se sont joints d’autres invités de qualités tels que des membres du parlement européen comme Thomas Mann, Christian Dan Preda, Jan Peumans, Henri Malosse (ancien président du comité économique et social européen), Csaba Sogor ou Richard Gere (président de l’association International Campaign for Tibet, ICT).

 Claudia Roth, vice présidente du parlement allemand s'est également exprimée. Elle a pris position avec coeur, n’hésitant pas à exprimer clairement ses idées et son engagement pour le Tibet, malgré les pressions reçues par la Chine avant sa venue à la conférence.

 La présence de Sikyong Dr. Lobsang Sangay, Premier ministre Tibétain fut un honneur tout au long de cette réunion de trois jours.

 A lui se sont joints tout au long des conférences, d’anciens prisonniers politiques comme Golog Jigme Rimpoche (échappé des geoles chinoises depuis moins de trois ans), des membres du gouvernement Tibétain comme Kelsang Gyatsen (ancien représentant Spécial de Sa Sainteté le Dalaï Lama en Europe), Thubten Samphel, (directeur Tibet Policy Institute, CTA –central Tibetan Administration), Tempa Gyatsen (Bureau de l’environnement et développement, DIIR),…

 Durant toute la conférence, échanges, témoignages, synthèses de recherches,… ont été partagé par les intervenants de grande qualité.

 Nous avons également, par groupe, travaillé sur 4 thèmes principaux : les Droits de l’Homme, la Politique, l’Environnement et diffusion de l’Information réelle sur le Tibet au peuple chinois.

 A l’intérieur de chaque groupe, des ateliers ont été créé, afin de développer chaque vaste thème en sujets précis. Par exemple, pour les Droits de l’Homme, le Panchen Lama ou la sédentarisation des nomades ont fait l’objet de développement et stratégies possibles précis. D’autres sujets comme Larung Gar ont été développé aussi bien dans l’atelier de travail des Droits de l’Homme que dans celui de l’Environnement,…

 De très bonnes idées que nous n’évoquerons pas ici, vous vous douterez pourquoi, en sont sorties, avec des plans d’actions intéressants et réalisables.

 Actuellement, certains sujets inquiètent particulièrement les autorités tibétaines, TSG de tous pays, universitaires et plus généralement tous ceux qui ont un minimum de conscience, exceptés nos gouvernants !

 Le gouvernement chinois et ses lois de répression des minorités:

 Une nouvelle loi apparue en janvier 2016, déclare que les Tibétains qui s’immolent sont des terroristes, et le Dalaï Lama qui prône l’entente, la non violence, la paix, l’harmonie entre les peuples, un dangereux activiste qui fait l’apogée du terrorisme tibétain.

 Définition du terrorisme (selon le dictionnaire Larousse) :

Ensemble d'actes de violence (attentats, prises d'otages, etc.) commis par une organisation pour créer un climat d'insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à l'égard d'une communauté, d'un pays, d'un système.

 En effet, le gouvernement chinois estime que les tibétains sont des terroristes puisqu’ils utilisent la violence sur leur propre corps… qui appartient au parti communiste de la Chine.  

 Ce serait risible si ce n’était pas dramatique. En effet, sous cette parodie de définition du terrorisme, le gouvernement chinois légalise la répression renforcée contre les tibétains. Ils s’en prennent maintenant aux familles des soi disant terroristes.

International Campaign for Tibet (ICT) a sorti une étude en juin 2016, suite à une table ronde à la Hague : « la nouvelle loi anti terroriste chinoise : implications et dangers pour les Tibétains et les Uyghurs ».

 Autre sujet prioritaire ne concernant pas que le Tibet mais également le Monde entier:

 Le détournement des fleuves naissant sur le plateau du Tibet, mettant en danger la permaflore, l’irrigation des Terres du Tibet et des pays bénéficiant de l’eau des fleuves Jaune, Brahmapoutre, Indus, Mékong…Sont en danger, en addition du Tibet : Laos, Vietnam, Inde, Thaïlande, Bengladesh, Cambodge.

 Le gouvernement chinois établit au Tibet des barrages et des canaux gigantesques (plus de 3000 kms) pour alimenter la Chine. Les villages tibétains composés de maisons et terres agricoles sont détruits sur le passage et les tibétains relogés en sorte de « HLM », les uns sur les autres dans des petits immeubles en bord de route.

 Les sujets catastrophiques concernant le Tibet sont très nombreux. Je n’ai cité que les plus récents. Mais il ne faut pas oublier non plus la destruction de Larung Gar qui a lieu en ce moment,…

 

Entretien du Dalaï Lama au journal Le Monde le 10 sept 2016

« Le sentiment nationaliste est dépassé »

Par Harold Thibault, Dharamsala, envoyé spécial

Le dalaï-lama, qui effectue à partir de lundi une visite en France, a accordé un entretien au « Monde ».

Le chef spirituel tibétain, qui vit en exil en Inde depuis 1959, effectue une visite en France du 12 au 18 septembre. Dans un entretien au Monde, le 14dalaï-lama, âgé de 81 ans, et dénoncé par Pékin comme un dangereux indépendantiste, se dit déçu par le président chinois, Xi Jinping, dont il a connu le père dans les années 1950.

Vous vous apprêtez à visiter une France qui a été frappée par des attentats…

C’est triste. Très, très triste. Il est très difficile de régler ces problèmes dans l’immédiateté. Certains individus passent à des actions extrêmes. Nous devons réfléchir : qu’est-ce qui ne va pas ? Si nous n’identifions pas les causes réelles du problème, il est dur de trouver les solutions adéquates.

Je crois en l’éducation. Il faut inculquer un sens d’unité de l’humanité. La réalité est que l’avenir de chaque continent dépend des autres. « Ma nation, ma nation ! », voilà un concept erroné. Le sentiment nationaliste est dépassé. C’est ce qu’a montré l’Union européenne. Enfin, pour les Britanniques, c’est un peu différent [rires]. J’admire l’union de l’Europe, particulièrement ce qu’ont fait De Gaulle et Adenauer.

Les réponses apportées par nos sociétés sont-elles les bonnes ?

On ne devrait pas parler de « terroriste musulman » ou de « terroriste bouddhiste ». En réalité, dès qu’une personne est impliquée dans des activités terroristes, elle n’est plus musulmane ou bouddhiste. Les musulmans indiens et indonésiens sont pacifiques. En Inde, sunnites, chiites et soufis n’ont pas de problèmes. Il faut un effort de long terme pour promouvoir l’unité de l’humanité, c’est le principal. Ensuite, il faut vivre en harmonie. L’Inde est un exemple. Au cours de plusieurs millénaires, s’y sont développées plusieurs traditions. Zoroastriens, hindous, chrétiens n’y ont pas peur. Ils ont vécu en harmonie des millénaires, pourquoi pas les autres pays ? La religion est une affaire personnelle. Je crois en la sécularité. La séparation de la religion et de l’Etat a été d’un grand apport. Il n’est pas utile que les Français dépensent de l’argent dans davantage de policiers et de militaires. Aussi importante que soit votre perte, elle ne doit pas vous conduire à oublier vos principes.

Vous n’y serez pas reçu par les responsables politiques, qui craignent d’irriter la Chine. Regrettez-vous ce manque de courage politique ?

Non. Je n’aime pas les formalités. Où que j’aille, je dis toujours que je ne suis qu’un être humain parmi d’autres. Quand je rencontre le président des Etats-Unis, ce qui m’intéresse est le côté humain, la personne. Ça, j’aime. S’il y a trop d’emphase sur le côté officiel, je n’apprécie pas et j’ai envie de filer aussi vite que possible. Tandis que si quelqu’un me montre sa vraie nature, j’ai envie de discuter. Et où que j’aille, je ne souhaite pas créer de malaise pour les dirigeants. Donc pas de souci. En fait, le but de mes visites n’est pas de rencontrer des responsables politiques mais le public, les gens. Je n’ai rien à dire aux officiels, je préfère parler du bonheur, des familles heureuses, de communautés heureuses et d’un monde heureux.

Comment jugez-vous la Chine d’aujourd’hui ?

J’ai le sentiment que la période la plus sombre appartient au passé. Il y a aujourd’hui la possibilité d’un avenir meilleur. Un pays de plus d’un milliard de personnes, rongé par la corruption et les écarts de richesses, sans Etat de droit, c’est très triste. Récemment, j’ai vu des Chinois dont l’un m’a dit qu’ici, on connaît la liberté, tandis qu’à Pékin, il y a beaucoup de peur. Sur le long terme, c’est très dommageable pour l’image du Parti communiste chinois [PCC] et pour l’idéologie marxiste et socialiste. La première priorité d’un parti communiste ne devrait-elle pas être le bien-être de la classe ouvrière ?

En 1954, vous aviez rencontré le secrétaire du gouvernement chinois d’alors, Xi Zhongxun, le père de l’actuel président et secrétaire général du PCC, Xi Jinping. Quel souvenir gardez-vous de lui ?

A cette époque, beaucoup d’officiels faisaient son éloge. On le présentait comme un homme efficace et pragmatique, à la manière [du premier ministre d’alors] Zhou Enlai, donc j’avais de l’admiration pour lui. Nous nous sommes rencontrés à plusieurs occasions. Je lui ai offert une montre, qui se trouve toujours dans la famille de Xi Jinping.

N’en espériez-vous pas davantage de Xi Jinping ?

Si. Sa mère, donc l’épouse de Xi Zhongxun, j’en suis assez certain, est bouddhiste. Xi Zhongxun lui-même est plus tard devenu très ami avec le précédent panchen-lama [deuxième plus haute figure du bouddhisme tibétain]. Ces conditions sont particulières.

Certains de mes amis chinois me disaient au début [à son arrivée au pouvoir] qu’ils avaient une perception très positive de Xi Jinping. Mais cela a changé plus récemment. Je ne sais pas, il est possible aussi qu’il soit entouré de partisans de la ligne dure, qu’ils aient une influence négative. Ces mêmes amis me disent qu’après la prochaine réunion du Parti, le 19congrès [à l’automne 2017], il est possible que Xi Jinping suive sa propre opinion avec plus d’aisance. Nous verrons.

Quel intérêt la Chine aurait-elle à accepter un compromis sur le Tibet ?

Pour être pragmatiques, nous ne cherchons pas l’indépendance. Nous demandons tous les droits inscrits dans la Constitution chinoise, qu’elle soit appliquée de suite. Il nous faut la sympathie des Chinois, de leurs bouddhistes, de leurs intellectuels comme c’est déjà le cas avec Liu Xiaobo [Prix Nobel de la paix condamné en 2009 à onze ans de prison]. Le soutien du peuple, au final, est plus important que celui des gouvernements, qui changent de temps à autre. Au fond, je suis optimiste. J’expliquais récemment à d’anciens prisonniers tibétains que dès qu’ils ont l’opportunité de rencontrer des Chinois, il faut leur dire fièrement que si nous sommes séparés historiquement, nous ne pouvons pas pour autant considérer qu’un camp gagne contre l’autre. Non. Ce sont nos voisins, nous avons une relation de proximité. Nous devons penser aux Chinois.

Votre peuple craint ce qu’il adviendra lorsque vous ne serez plus là. Pékin pourrait être tenté de désigner lui-même le prochain dalaï-lama… Les Tibétains ne seraient-ils pas plus apaisés si vous évoquiez dès à présent votre réincarnation ?

D’ici un an ou deux se tiendra une réunion des chefs religieux de la communauté tibétaine. Tous les hauts responsables des différentes traditions du bouddhisme tibétain y seront présents. De temps à autre, on se réunit sur les questions spirituelles et les problèmes tibétains. C’est à cette même occasion que nous avions décidé de discuter de ma réincarnation, lorsque j’aurai autour de 90 ans.

Dès 1969, j’ai dit qu’il reviendrait au peuple tibétain de décider si l’institution du dalaï-lama doit persister ou pas. Pour ce qui est de la politique, depuis 2011 je m’en suis retiré [le dalaï-lama avait abandonné son poste de chef du gouvernement tibétain en exil]. J’ai décidé qu’à l’avenir, le dalaï-lama n’aurait plus de responsabilités politiques. Nous sommes pleinement engagés dans un système démocratique.

Certains ont l’impression que le dalaï-lama est fondamental dans le bouddhisme tibétain. Ce n’est pas le cas. Le bouddhisme a plus de mille ans au Tibet, le dalaï-lama juste cinq cents. Il n’y a pas d’institution du Bouddha, ce sont les enseignements qui portent l’esprit des anciennes figures bouddhistes. Bouddha est mort et il s’est écoulé 2 600 ans depuis, mais ses enseignements sont toujours vivants. Donc l’institution n’est pas importante.

Toutefois, sur le plan émotionnel, les Tibétains ont un attachement à l’institution du dalaï-lama, car c’est une période difficile. Cette institution leur apporte un appui pour garder espoir.

Donc vous apporterez une réponse sur votre réincarnation d’ici un ou deux ans ?

Oui. Il y a également des Mongols qui font part de leurs inquiétudes [les Mongols tout comme les Mandchous avaient adopté le bouddhisme tibétain], et de même dans toute la chaîne himalayenne dans la communauté bouddhiste. Mais comme je l’ai dit depuis 1969, c’est le peuple qui a ce droit de décider. Ce ne sont plus mes affaires. Moi, jusqu’à ma mort, je dois servir autant que je le peux, pas seulement les Tibétains mais l’humanité entière. Je suis un être humain parmi sept milliards. Chacun de nous a la responsabilité de penser à l’humanité, de faire qu’elle soit plus en paix, dans la compassion.

Vous souvenez-vous du sentiment qui vous habitait lorsque vous avez dû fuir le Tibet ?

En 1959, lorsque j’ai quitté Norbulingka [la résidence d’été des dalaïs-lamas à Lhassa], pour être franc, ma préoccupation première était ma propre survie. Cette nuit du 17 mars 1959, quand je suis parti, allais-je ou non voir le jour suivant ? D’un côté de la rivière, il y avait un campement militaire chinois. Je pouvais voir les soldats avec leurs torches juste de l’autre côté, à peut-être 800 mètres. Nous restions dans la pénombre mais soudain, des chevaux sont passés. Allions-nous survivre ? Ce n’est que lorsque j’ai appris que le gouvernement indien était prêt à m’accepter et que nous avons atteint la frontière que je me suis enfin senti en pleine sécurité.

La même peur habite les réfugiés qui quittent des pays en guerre comme la Syrie et doivent fuir jusqu’à l’Europe. Quel message leur adressez-vous ?

Nous, Tibétains, avons quitté notre propre pays, mais chacun d’entre nous veut rentrer sur sa terre. Et c’est ce que je veux partager avec les réfugiés de Syrie, d’Irak et de nombreux autres pays : il faut garder cet esprit. Pour le moment, du fait des circonstances difficiles, du danger pour leurs propres vies, ils doivent s’enfuir. Mais ils ne doivent pas quitter leur pays définitivement, penser qu’ils ne reviendront pas. Ce serait une erreur. Il faut conserver cette détermination à rentrer un jour dans son pays pour le reconstruire.

Le rythme et la tournure que prend la communication politique, par exemple dans la campagne présidentielle américaine, vous agacent-ils ?

On ne peut pas s’en prendre aux politiciens individuellement. Ils viennent d’une société dans laquelle on ne parle pas beaucoup de principes moraux. On parle uniquement d’argent et de pouvoir. Là encore, tout est question d’éducation : il faut y inclure l’éthique morale. Pas parler de dieu ou du paradis mais juste de la manière de créer un monde plus heureux. Si la religion se révèle utile en ce sens, alors très bien, mais si elle n’aide pas, alors non. Pour changer les politiciens, il faut d’abord qu’une génération soit éduquée avec des principes moraux. La société pourra alors se départir de sa culture matérialiste. Avec des valeurs intérieures, les politiciens seront meilleurs. Sinon, les intérêts et la politique interne des partis priment sur l’intérêt national.

 

E-Newsletter du Musée du Tibet à Dhramsala - juillet 2016

(en anglais)

Cliquez sur le lien ci-dessous pour accès à la newsletter

The Tibet Museum Newsletter July 2016

 

Appel le 12 juillet 2016 du Bureau du Tibet de France (les mots Ambassade du Tibet ne peuvent pas être employés, cet Etat n'ayant plus de pays!)

       Traduction de la circulaire :3.Circular in Chinese 3

 Récemment et à l’instigation de quelques personnes mal intentionnées et corrompues, un large groupe de personnes s’est ostensiblement réuni afin de protester contre ce qu’ils qualifient  de destruction environnementale. Leurs manifestations entravent l’exploitation minière de l’or dans la mine de Nag deu. Ils ont également, en collusion avec des forces anti chinoises, propagé des mensonges et de la propagande. Ces incidents ont une influence négative ainsi que de sérieuses conséquences.

En accord avec la loi, les forces de sécurité ont répondu par de sévères mesures de répression et par l’arrestation des meneurs. Un  large groupe de personnes sous l’influence de quelques individus s’est à nouveau réuni près du Monastère. Ceci est une offense majeure ainsi qu’une  violation de la loi.

Je souhaite que chacun d’entre vous prenne le recul nécessaire afin de faire la différence entre le bien et le mal et refuse dorénavant de participer à ces manifestations illégales. Ceux qui ne respecteront  pas  cet ordre prendront leur responsabilité quant aux conséquences de leurs actes.

Canton d'Amchok  3 juin 2016 

Circulaire porte le sceau de ville de l 'Amchok,

Sceau du Gouvernement populaire de Amchok,
comté de Sangchu

Translation of the circular:

Recently under the instigation of a few evil and corrupt people, a group of masses have illegally gathered to ostensibly protest against what they refer to as destruction of environment. Their protests have hindered gold mining at Nag Deu mine. They have also, in collusion with anti-China forces, indulged in lies and propaganda. These incidents have caused negative influence and serious consequences.

In accordance with the law, the security forces have launched a crackdown and arrested the ringleaders of this protest. Right now, again a group of masses, under the influence of a few individuals, have gathered near the monastery. This is a serious offence and violation of the law.

It is hoped that all of you, with clarity of mind, will be able to distinguish right from wrong and desist from participating in such illegal demonstrations. Those who fail to abide by this order must take full responsibility for any consequences that accrue from it.

Amchok Town Government

3 June 2016

[Circular bears the seal of Amchok Town Government,

Seal of People’s Government of Amchok Township,

Sangchu County]

Cher(e) Ami(e),

Je vous écris afin d’attirer votre attention sur les activités minières actuellement en cours à Gong-ngon Lari, une montagne tibétaine sacrée dans la ville d’Amchok, comté de Sangchu à Kanlho dans le Nord Est du Tibet inclus dans la province chinoise du Gansu. Gong-ngon Lari est une des montagnes sacrées de l’Amchok et les habitants tibétains de ce lieu croient qu’elle est le lieu d’habitation de leur déité protectrice.

Pendant des années, ces Tibétains ont mené de nombreuses manifestations pacifiques (30 actions répertoriées) ainsi que deux immolations concernant Tsering Dhondup et Kunchok Tsering ainsi que de nombreuses pétitions transmises aux autorités locales afin que cesse l’exploitation minière sur ce site sacré mais sans résultat aucun. La situation à Amchok est allée de mal en pis.

Au début de ce mois, des milliers de Tibétains venus des huit villages environnants et placés sous la juridiction d’Amchok ont organisé des manifestations pacifiques sur le site afin d’en obtenir la cessation. Ils sont venus munis de copies de la Constitution chinoise et les ont agitées en direction de la police appelant à la protection du site comme garantie par la Constitution concernant la protection environnementale.

Au lieu de cela, les autorités chinoises ont brutalement interdit ces manifestations pacifiques, ont battu et arrêté les manifestants dont certains sont maintenus en détention. En plus de cela, le gouvernement chinois a émis une circulaire dénonçant ces manifestations comme manipulées par « quelques personnes mal intentionnées en collusion avec des forces anti -Chinoises » et menacé ceux-ci de graves conséquences s'ils n’obéissaient aux ordres. (Ci-joint la copie de la circulaire en Chinois et en Anglais)

Je requiers donc une action immédiate de votre part afin de résoudre la situation troublée dans cette région. Puissiez-vous faire appel au gouvernement chinois afin qu’il respecte ses propres lois environnementales, les Droits de l’Homme qui sont universels, respecte et préserve la religion et la culture tibétaine quant au développement de leur projet au Tibet.

Secretary

Bureau du Tibet

84 Boulevard, Adolphe Pinard

75014 PARIS

 

Info 25 juin 2016: La Chine délivre un arrêté de démolition pour la plus importante ville religieuse du monde au Tibet

 
Vue de Larung Gar
                                                      Vue de Larung Gar
Les autorités chinoises ont annoncé la destruction de milliers de demeures monastiques et l’expulsion de moines, moniales et pratiquants laïques à l’Institut bouddhiste de Larung Gar, haut lieu du bouddhisme tibétain dans le Comté de Sertar (Seda, en chinois), dans la Préfecture autonome tibétaine de Kardze (Ghanzi, en chinois), de la Province du Sichuan, à l’est du Tibet.
Un document en huit points, publié par les autorités chinoises, définit une à une les étapes  pour la démolition des lieux d’hébergement de milliers de moines, moniales et pratiquants laïques, de manière à réduire le nombre des résidents et à atteindre la limite de 5 000 fixée par le Gouvernement. Le document fait référence aux décisions prises lors du Sixième Forum de travail sur le Tibet, et de la Deuxième Conférence nationale  sur la religion. Il stipule que l’arrêté de démolition vise à une règlementation et à une gestion adaptées de l’Institut bouddhiste de Larung Gar. Ce sont essentiellement les services préfectoraux,  dirigés pour la plupart par des Chinois Han, qui se verraient chargés d’exécuter l’arrêté de démolition.  En 2001, les autorités chinoises ont déjà mis en œuvre  une répression similaire contre Larung Gar. Ils ont procédé à la destruction de milliers de logements et à l’expulsion des membres de la communauté monastique et des pratiquants laïques. Cela avait représenté un tel choc pour certains qu’ils en étaient morts ou s’ étaient suicidés, tandis  que d’autres sont devenus mentalement fragiles. Khenpo Jigme Phuntsok, fondateur charismatique de l’Institut bouddhiste de Larung Gar est, par la suite, mort dans des circonstances mystérieuse, dans un hôpital gouvernemental chinois à Chengdu.
Le récent arrêté de démolition de quatre pages exige des services concernés –y compris les organismes administratifs et de gestion de Larung Gar- qu’ils réduisent le nombre de résidents à 5 000 d’ici le 30 septembre 2017.  L’arrêté exige, de plus, que le nombre de logements démolis soit égal au nombre de religieux ou de laïcs expulsés, et de s’assurer que les deux nombres soient strictement comparés et justifiés. Le document  exige une séparation claire entre les religieux et les laïcs d’une part et entre le monastère et l’institut d’autre part, de même que la mise en place d’une gestion sociale et de services sociaux au sein même de la communauté de Larung Gar.

UN ORDONNANCE DE DÉMOLITION EN SEPT POINTS

Le document liste sept points et détaille la mise en œuvre de l’arrêté de démolition. Arrêté qui  concerne les sections (ling) et unités (tsomchung) ainsi que la direction et le personnel de Larung Gar. Les sections religieuses comprennent non seulement les sections des moines et des moniales,  mais également des sections séparées pour les laïcs et les non-Tibétains, comme par exemple les Chinois.  Les sections sont en outre divisées en centaines d’unités, religieuses ou laïques. Le premier point du document donne des instructions détaillées sur la manière d’orienter les positions et l’idéologie des religieux aussi bien que des laïcs.  A cet égard, l’ordonnance  précise que moines et moniales devront être informés des décisions prises au Sixième forum de travail sur le Tibet et à  la Deuxième conférence de travail sur la religion, et que devront être abordées les raisons pour lesquelles ces changements sont exigés du Monastère, la manière dont ils doivent être menés,  et aussi  la façon de mettre en place les lois gouvernementales relatives à ces changements, afin que les activités religieuses à  l’extérieur du Monastère puissent être gérées et régulées.
Cela se passera en trois étapes :
1 – Les membres du Comité Permanent de Larung Gar, et autres moines et moniales supérieurs devront être contactés personnellement et recevoir les instructions. Tous ceux en charge de la discipline dans chacune des sections monastiques, ainsi que les responsables de l’ensemble des 18 bureaux devront être rassemblés et recevoir les instructions. Les responsables des 324 unités devront être séparés en différentes catégories et recevoir les instructions. Ce travail devra être achevé pour le 15 juin 2016.
2 – Toutes les sections et toutes les unités devront recevoir les instructions, et moines et moniales devront signer des lettres par lesquelles ils s’engagent à pratiquer leur religion conformément à la loi. Les moines et moniales devront promouvoir le matériel d’éducation officiel, telles les vidéos et les banderoles. En bref, la priorité absolue devra être le travail de promotion de la loi. Ce qui devra être accompli avant le 31 juillet 2016.
3 – Des campagnes officielles d’éducation devront avoir lieu tous les mois dans les monastères. Ces campagnes devront être réalisées pour le 31 octobre 2016. Ces campagnes seront menées par Jangchup (Xiang Qu ?), Xiang Luo, Dan Nei Kai et Zhang Ping Sen. Ce travail est confié au Département préfectoral de la propagande, au Département préfectoral du Front Uni du Travail, au Bureau préfectoral des affaires religieuses, au Bureau préfectoral de la loi et de la justice et au Gouvernement du comté de Sertar.
Le deuxième point de l’ordonnance de démolition concerne la collecte d’informations détaillées et la réalisation d’enquêtes sur les résidents des sections religieuses – pratiquants laïques, moines, moniales, personnes âgées et celles souffrant d’un handicap physique. Les informations collectées serviront à répertorier chacune des habitations des résidents, en se basant sur sa localisation spécifique et sa population en vue d’une enquête approfondie. Ce travail devra être terminé pour le 31 juillet 2016. Il est confié à Li Jiang, Zhang Ping Sen et Shui Wen. Sont chargés de ce travail : le Bureau préfectoral de la Sécurité publique, le Département préfectoral des Affaires civiles, le Département préfectoral de la Sécurité intérieure, et le Gouvernement du Comté de Sertar.
Le troisième point de l’arrêté de démolition fournit des instructions quant à la réduction du nombre de pratiquants laïques et religieux. En 2016, 2 200 résidents seront contraints de partir, parmi lesquels 1 029 pratiquants laïques qui devront quitter le monastère. Un total de 1 200 moines et moniales seront expulsés. Parmi eux 600 devront être originaires d’autres provinces. En 2016, la population totale devra être réduite à 5 000 individus. Si ces objectifs ne sont pas atteints au 30 septembre 2017, d’autres expulsions suivront. Les autorités supérieures devront être informées du nom des résidents expulsés en 2016 pour le 15 juin 2016, et, après vérifications appropriées, de celui de l’ensemble des 5 000 personnes pour le 15 juin 2016. L’expulsion de 1 200 résidents devra être achevée pour le 30 octobre 2016. La population de Larung Gar devra avoir été réduite à 5 000 d’ici le 30 septembre 2017. Elle ne devra pas compter plus de 1 000 personnes originaires d’autres provinces. Ce travail incombe à  Zhang Ping Sen, Dan Nei Kai et Cui Yi Peng, et au Département préfectoral du Front Uni du Travail, au Bureau des Affaires religieuses, au Département préfectoral de l’éducation, au Bureau de la Sécurité intérieure, au Département préfectoral des affaires civiles, et au Gouvernement du comté de Sertar.
Dans le quatrième point, l’ordonnance détaille les projets de démolition de 1 500 résidences monastiques au 30 octobre 2016. Ce nombre inclut les habitations de ceux expulsés depuis 2013 et les nouvelles habitations construites illégalement à leur place, les habitations de ceux partis vivre dans des foyers pour personnes âgées, et de celles parties vivre dans des maisons d’accueil pour moniales. Ce travail incombe à Zhang Yong Dong et Ajie Bei Zhui, et au Département préfectoral du Front Uni du Travail, au Bureau préfectoral aux Affaires religieuses et de nationalité, au Bureau de la Sécurité intérieure, au Bureau préfectoral du Développement de l’Habitat dans les villages, au Département préfectoral aux Affaires civiles, et au Gouvernement du Comté de Sertar.
Le cinquième point prévoit l’installation de caméras de surveillance d’ici au 31 août 2016 pour réguler les visiteurs. La tâche a été confiée à Zhang Ping Sen et Shui Wen, ainsi qu’au Bureau préfectoral de la Sécurité intérieure et au Gouvernement du Comté de Sertar.
Le sixième point de l’arrêté de démolition requiert la séparation entre les pratiquants laïques et les religieux, avec pour conséquence de mettre les pratiquants laïques sous la surveillance et le contrôle directs des autorités gouvernementales. D’ici au 31 juillet 2016, les maisons construites entre la zone des religieux et celle des pratiquants laïques, soit une bande de 30 mètres, seront démolies.  D’ici au 30 septembre 2016, des murs seront érigés entre les deux communautés. Le style et la conception des habitations occupées par les pratiquants laïques seront modifiés. Il sera créé un Bureau gouvernemental en charge des pratiquants laïques. Cette tâche est confiée à Zhang Ping Sen et Xi Wu, ainsi qu’au Département préfectoral de la Construction de logements dans les villages, au Département préfectoral des Ressources nationales, au Bureau préfectoral des Affaires civiles et au Gouvernement du comté de Sertar.
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Légende photo : Des photos ayant circulé sur les réseaux sociaux montrent l’avancement du démantèlement des logements avant l’arrivée à Larung Gar des équipes de démolition du Gouvernement.
Le dernier point de l’arrêté de démolition concerne la séparation entre l’Institut de Larung Gar et le Monastère de Larung Gar. Parmi les 5 000 personnes autorisées à rester, il sera fait une distinction claire entre les étudiants du Monastère et ceux de l’Institut. Leurs noms respectifs seront enregistrés et répertoriés séparément. Parmi les 5 000 résidents, il y aura 3 500 moines et moniales, les autres étant étudiants à l’Institut. Il sera établi un comité de gestion du monastère constitué de représentants du Gouvernement et de moines qui gèreront les affaires du Monastère. Le contenu des enseignements ne pourra être que purement religieux dans les Monastères, et  purement laïque à l’Institut. L’Institut sera administré comme n’importe quelle autre école gouvernementale. La date limite a été fixée au 31 août 2016.  La tâche en incombe à Li Chen Ming, Jangchup (Xiang Qu ?), Dan Li Kei, et Zhang Ping Sen en relation avec le Département préfectoral du Front Uni pour le Travail, le Bureau préfectoral des Affaires religieuses, le Bureau préfectoral de la Sécurité intérieure, le Bureau préfectoral pour le Développement de l’Habitat dans les villages, et le Gouvernement du Comté de Sertar.
En conclusion, l’arrêté stipule qu’un compte rendu des activités liées aux travaux de démolition à Larung Gar devra être fait auprès du Gouvernement du Comté de Sertar et du Comité spécialement appointé à cet effet.

LA RÉPRESSION MASSIVE DE 2001

C’est le charismatique Maître bouddhiste tibétain, Khenpo Jigme Phuntsok, immensément populaire,  qui fonda Larung Gar en 1980, avec la volonté d’en faire un Centre d’études bouddhistes non sectaire. En 1987, le 10ème Panchen Lama bénit l’Institut et lui donna son nom actuel  de Sertar Larung Gar Ngarig Nangten Lobling. Sous Khenpo Jigme Phuntsok, Larung Gar se développa pour devenir une oasis spirituelle pour plus de 8 000 moines, moniales et étudiants laïques  jusqu’à la répression de 2001. Larung Gar ressemble davantage à un campement religieux, un gar, qu’à une institution monastique. Gar dont les origines remontent au Tibet du 14ème siècle quand les communautés nomades de pratiquants religieux et laïques se formaient au Bouddhisme sous la conduite de Maîtres bouddhistes charismatiques et hautement réalisés. Ces campements religieux diffèrent des institutions monastiques bouddhistes traditionnelles en ce qu’il n’est fait aucune distinction entre moines et praticiens laïques ou  hommes et femmes. Des campements religieux comme Larung Gar et Yachen Gar en particulier, ont attiré des milliers de pratiquants à travers le globe, y compris des bouddhistes chinois. Au fil des ans, Larung Gar est devenu l’un des plus importants centres pour la promotion de la préservation du bouddhisme tibétain et de la culture tibétaine.
Plus de 20 000 religieux et pratiquants laïques vivent en permanence à Larung Gar, et pour des occasions particulières, le site peut accueillir jusqu’à 40 000 adeptes. L’ordonnance de démolition prévoit de limiter le nombre total de résidents permanents à 5 000, condamnant ainsi les 75% restants à l’expulsion et à la démolition de leur logement. La répression qui touche actuellement Larung Gar ne vise pas seulement à limiter le nombre de résidents ; c’est une tentative de créer des divisions entre religieux et laïques, et d’usurper le pouvoir et l’autorité des lamas et des supérieurs des différentes sections religieuses. Ce qui permettrait aux autorités chinoises d’établir un contrôle direct sur Larung Gar, de surveiller les activités des résidents et d’imposer des restrictions notamment en ce qui concerne les pratiquants venus d’autres régions du Tibet.
En raison de leur système d’inscription moins organisé que celui des institutions monastiques traditionnelles, les gar ont échappé pendant un certain temps à un contrôle direct du Gouvernement, ou à des intrusions de la part des autorités d’Etat en charge de l’éducation politique. Mais un changement s’est opéré en 2001, date à laquelle le Gouvernement chinois a lancé une répression d’ampleur marquée par l’expulsion de 8 000 religieux et laïcs, dont 1 500 pratiquants étrangers venus de Chine, de Taïwan, de Hong Kong et de Corée. Plus de 500 policiers en arme et personnel militaire ont démoli 1 874 habitations de religieux et 2 000 cabanes de méditation. En avril 2002, le TCHRD (Centre Tibétain pour les Droits de l’Homme et la Démocratie) a diffusé une vidéo de 10 minutes montrant les destructions massives à l’Institut. La vidéo a été réalisée à partir de séquences filmées sorties clandestinement du Tibet par d’anciens résidents de l’Institut. En 2001, Khenpo Jigme Phuntsok a été contraint d’arrêter son enseignement à l’Institut et a été emmené dans un hôpital militaire du Comté de Barkham soi-disant pour y subir des traitements. On a interdit à Rigzin, son médecin personnel, de lui rendre visite à l’hôpital. Le 6 janvier 2004, Khenpo Jigme Phuntsok est mort dans un hôpital de la ville de Chengdu.  Il aurait dû subir une opération cardiaque le 29 décembre 2003 dans ce même hôpital.

L’ARRÊTÉ DE DÉMOLITION VISANT YACHEN GAR.

Des images et des vidéos récentes qui ont circulé sur les réseaux sociaux prouvent également qu’un arrêté de destruction similaire a été délivré pour Yachen Gar, situé dans le comté de Pelyul (en chinois, Baiyu) dans la Préfecture autonome du Tibet de Kardze. On y voit des moines et des moniales démontant par avance leur habitation pour sauver leurs effets personnels des équipes de démolition du Gouvernement. En 2001, Yachen Gar a dû faire face à des destructions partielles tout comme Larung Gar.
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Légende photo : Photos récentes de logements détruits par les résidents eux-mêmes avant l’arrivée des équipes de démolition à Yachen Gar.
Non seulement l’Article 36 de la Constitution chinoise garantit la liberté en matière de croyance religieuse, mais il interdit à tout organisme d’état, organisation publique ou individu d’obliger les citoyens à croire ou non en une quelconque religion, ou à discriminer les citoyens qui croient ou non en une quelconque religion. L’annonce par la Chine de cette deuxième vague de répression sur Larung Gar fait, une fois encore, de cette disposition constitutionnelle, une coquille vide.
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                                                     Légende photo : Vue de Yachen Gar

BOUDDHISME TIBÉTAIN ET SPÉCIFICITÉS CHINOISES.

La politique de base du Parti Communiste Chinois en matière de religion rend difficile, voire impossible, l’application des dispositions constitutionnelles. En 1993, lors de la Conférence nationale de travail du Front Uni et en 2001 lors de la Conférence nationale sur les Affaires religieuses, le Président de l’époque Jiang Zemin avait émis trois directives faisant autorité et qui résument l’approche de l’Etat à parti unique concernant la religion :
1) Mise en œuvre de la politique du Parti relative à la religion ;
2) Renforcement du contrôle des Affaires religieuses  en accord avec la loi ;
3) Orientation de la religion pour une compatibilité avec le socialisme.
A la Deuxième conférence nationale de travail sur la religion qui s’est tenue en avril 2016, le président Xi Jinping a réitéré la même approche de la politique religieuse et insisté sur le fait que « les groupes religieux doivent adhérer à la politique du PCC, et soutenir le système socialiste et le socialisme à la chinoise. »
Le Centre Tibétain pour les Droits de l’Homme et la Démocratie lance un appel à la communauté internationale, notamment aux Nations Unies, aux Gouvernements, à la société civile –groupes et individus- pour lancer des actions afin de faire pression sur le Gouvernement pour qu’il abroge l’arrêté de démolition, et ainsi empêcher que l’Institut bouddhiste de Larung Gar ne soit l’objet de nouvelles destructions.
En mai de cette année, à l’occasion de Saga Dawa (la fête bouddhiste du Vesak), le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon a souligné le rôle du Bouddhisme dans la résolution des questions urgentes auxquelles l’humanité est confrontée, notamment les violations des droits de l’homme et les conflits violents.  » L’égalité fondamentale entre tous les peuples, le devoir impératif de rechercher la justice, et l’interdépendance entre  la vie et l’environnement ne sont pas uniquement des concepts abstraits réservés aux débats entre intellectuels ; ce sont des directives vivantes permettant aux bouddhistes et aux autres d’avancer sur la voie d’un avenir meilleur, » a-t-il affirmé
 
Dans l’Everest, changement climatique et tourisme malmènent les ressources en eau

 La Pyramide de Lobuche apparaît enfin, nichée entre deux éboulis. Tout autour, un cirque de hauts sommets enneigés. Installée à 5079 mètres d’altitude dans le Khumbu, la haute région de l’Everest, cette construction est le plus haut laboratoire au monde, qu’on ne rejoint qu’après dix jours demarche. Autour du bâtiment paré d’une centaine de panneaux solaires est installé un jardin de pluviomètre, anémomètre, table à neige, sonde à température et humidité. Depuis les années 90, on mesure ici tout ce qui permet de comprendre le climat himalayen et ses changements. Car, aussi haut soitil, le toit du monde n’est pas épargné par le coup de chaud de la planète.

Les petits glaciers voués à disparaître

A quelques centaines de mètres de la Pyramide, l’immense langue de glace qui descend de l’Everest, le  glacier  Khumbu, ne resplendit plus d’un blanc limpide. Il est recouvert de rochers noirs: la glace, ici, ne se renouvelle plus assez. En 2015, des chercheurs ont compté qu’au rythme actuel du réchauffement (+ 5 à 8°C d’ici à 2100), au moins 70% des 410 km2 glaciers de la région pourraient disparaître avant la fin du siècle. Les plus touchés seront les petits glaciers, situés sous les 5800 à 6000m. Privée d’une partie de ces glaces, dont la fonte alimente normalement les cours d’eau, l’Asie du Sud qui s’étale aux pieds de l’Everest seratelle bientôt à sec? “Rien n’est simple dans l’Himalaya”, commence Pierre Chevalier, un des scientifiques de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) en visite à la Pyramide et participant au projet “Preshine”, qui étudie les pressions sur les ressources en eau et en sols de l’Himalaya népalais. “On pense souvent que les glaces himalayennes sont le château d’eau de l’Asie. Ce n’est pas vrai partout. Dans la région de l’Everest, les glaciers et la neige ne fournissent que 10% de l’eau des rivières des bassins du Gange et du Brahmapoutre, qui sont principalement nourris par les pluies de mousson. Dans l’ouest himalayen et le Karakorum, la situation est différente: le plateau tibétain, qui a une très grande capacité de stockage de l’eau sous forme de neige, procure jusqu’à 60% de l’eau des rivières du bassin de l’Indus.” En d’autres termes, les glaces de l’Everest et de ses proches voisins fondent, certes, mais cela ne joue pas dramatiquement sur la en eau à l’échelle de l’Asie du Sud.

La mousson à contretemps

Localement, c’est une autre histoire. “Depuis 2002, nous voyons beaucoup de changements”, raconte Lhakpa Sherpa, un habitant de Pheriche, un des plus hauts villages du Khumbu. “Nous avions auparavant régulièrement jusqu’à 1,8mètre de neige, désormais il n’en tombe pas plus de 20 cm. Nous avons par contre beaucoup plus de pluies.” L’automne passé, le jeune homme se réjouissait plutôt de ces évolutions: dans ces contrées aux conditions climatiques extrêmes, des températures plus clémentes se sont pas pour déplaire, d’autant plus qu’elles permettent de prolonger la saison de culture de la pomme de terre, seul aliment à pousser à cette altitude. Six mois plus tard, la donne a changé. Les quantités de neige tombées au cours de l’hiver ont été ridicules et les ruisseaux, demême que la principale rivière descendant le Khumbu, la Dudh Koshi, manquent cruellement d’eau. Depuis dix ans, le changement climatique a aussi détraqué les pluies de la mousson, qui n’arrivent plus “au bon moment”, donnant du fil à retordre aux villages de moyenne montagne vivant de la production de céréales, de légumes et de foin pour les animaux.

Le tourisme, autre menace

La possibilité d’une pénurie en eau inquiète, en particulier en pleine saison de trek. “La pression touristique est énorme sur les ressources en eau de la région. Les touristes prennent des douches et consomment de l’énergie produite par des microcentrales. Il faut aussi produire de la nourriture et développer pour eux des cultures nouvelles et gourmandes en eau, parfois sous serre”, indique François Delclaux, hydrologue de l’IRD etmembre du projet “Preshine”. Avec ses collègues, le chercheur l’affirme: dans le Khumbu, le changement climatique est une chose, mais le tourisme pèse autant, si ce n’est plus, sur les ressources en eau. “Les populations locales ne pourront pas faire grandchose contre les changements induits par l’évolution du climat, mais ils peuvent toujours faire des choix d’aménagement du territoire judicieux pour répondre à l’impact du tourisme”, commente le chercheur. Sans compter qu’un bien plus grand bouleversement attend la région: l’arrivée prochaine d’une route à Kharikhola, un village installé en aval de la vallée et par lequel chemine encore aujourd’hui à dos de porteurs une grande quantité de biens destinés au Khumbu.

Le Tibet, un troisième pôle en souffrance

Survoler la chaîne himalayenne a quelque chose de magique et de troublant à la fois. Approcher le puissant Kangchenjunga et ses 8586 mètres, observer le triangle sommital de l’Everest toisant la planète restent indéfiniment gravés dans la mémoire. 

“Himalaya signifie en sanskrit ‘réceptacle des neiges'. La littérature classique indienne célébra la blancheur marmoréenne de ces sommets, les plus élevés au monde”, rappelle l’indianiste Sofia Stril Rever. “Mille ans après, les bardes tibétains ont eux aussi chanté les cimes immaculées.” Mais découvrir des versants de montagnes légendaires devenus grisâtres laisse aujourd’hui aussi un goût amer. Il faut monter toujours plus haut pour trouver la neige qui, se repliant, cède du terrain à la terre et à la roche. Dans son livre consacré à la “nouvelle réalité” planétaire du changement climatique (*), le Dalaï Lama relaie le témoignage de nomades tibétains qui “ont vu les montagnes se métamorphoser sous leurs yeux”. “Les dépôts des fumées industrielles de l’Inde et de la Chine aggravent les effets du réchauffement. Elles ont tendance à se déposer à la surface des glaces himalayennes, les faisant fondre plus vite que partout ailleurs.” Comme l’affirme le glaciologue chinois Kang Shichang à l’hebdomadaire “Nature”, “les glaciers sont en train d’être virtuellement décapités par le réchauffement”.Les chiffres sont cruels. Pas moins de 82% des glaciers du Tibet ont reculé ces cinquante dernières années; les deux tiers devraient avoir disparu d’ici à 2050. Le danger se révèle d’autant plus prégnant que des lacs sont contenus par des barrages naturels de glace qui, le jour où elle cède sous l’effet de la chaleur ou d’une activité sismique, provoque de terribles inondations dans les vallées. Celle de Punakha, au Bhoutan, en a fait les frais pas plus tard que l’été dernier. Et la semaine passée, des soldats népalais ont entamé des travaux de drainage du lac d’Imja Tsho près de l’Everest, pour éviter la menace d’un débordement qui mettrait des milliers de vies en péril jusqu’aux plaines du Sud.

Un troisième pôle

Le haut plateau tibétain se trouve aux premières loges, celles d’où l’on sent le mieux le monde se réchauffer – comme en Arctique et en Antarctique. Ces cinquante dernières années, la température y a augmenté de 1,3°C, une hausse trois fois plus importante que dans les autres régions du monde. Avec ses 46 000 glaciers, il abrite le troisième stock de glace et la plus abondante source d’eau douce de la planète. De ce “troisième pôle” jaillissent les plus grands fleuves asiatiques, du Mékong au Brahmapoutre. De la santé environnementale du plateau tibétain dépendent le bienêtre, la prospérité et le développement du milliard de personnes vivant en aval des fleuves qui dévalent du Toit du monde vers la Chine et l’Asie du Sud. Le DalaïLama s’en est particulièrement ému: “Cette question n’est ni politique ni religieuse. Elle met en danger la survie de l’humanité tout entière (*).” L’inquiétude vient également du permafrost qui souffre dangereusement du réchauffement lui aussi, sa fonte risquant de libérer dans l’atmosphère des millions de tonnes de carbone et de méthane emprisonnés dans la glace. Or il recouvre les deux tiers du plateau tibétain. L’agence Xinhua, relayant la conclusion de scientifiques chinois l’an dernier, estimait que 81% de ce sol gelé – ou pergélisol – auraient disparu d’ici à la fin de ce siècle. La fonte du “troisième pôle” est, qui plus est, accélérée par la déforestation, les plans d’urbanisation, la désertification des prairies consécutive à la sédentarisation forcée des nomades. Un rapport du Programme de développement des Nations unies, datant de 2007, indiquait que les pâturages du Tibet se transformaient en désert à la vitesse de 2330 km2 par an. Le développement d’infrastructures, comme la ligne de chemin de fer reliant Pékin à Lhassa et peut-être un jour à Katmandou, de l’autre côté de  l’Himalaya, pose également question. Un ingénieur a révélé l’an dernier, dans “China Daily”, l’existence d’un projet de percement d’un tunnel sous l’Everest pour relier les deux villes himalayennes. On préférera toujours le voir d’en haut.

de Sabine Verhest- La Libre Belgique- 11 et 12 juin  2016

(*) Le DalaïLama & Sofia StrilRever, “Nouvelle réalité. L’âge de la responsabilité universelle”, Les Arènes, Paris, 2016.

 

Tibet: Lobsang Sangay réélu chef du gouvernement

Paris Match | Publié le 28/04/2016 à 08h21

AFP La Rédaction

 Lobsang Sangay a été réélu chef du gouvernement du Tibet.Kevin Lamarque / Reuters

Lobsang Sangay a été réélu chef du gouvernement des Tibétains en exil avec 57% des voix lors du second tour.

Les Tibétains en exil ont réélu Lobsang Sangay comme chef de leur gouvernement, cinq ans après l'abandon par le Dalaï Lama de la vie politique pour tenter de promouvoir la démocratie et assurer sa succession.

Lobsang Sangay, un ancien universitaire de 48 ans, chef de l'exécutif sortant, a obtenu 57% des voix lors du second tour qui s'est déroulé le mois dernier, selon les résultats publiés mercredi par la commission électorale.

Le chef de l'exécutif basé dans la ville indienne de Dharamsala était parvenu à ce poste en 2011, lorsque le Dalaï Lama avait renoncé à tout rôle politique.

Après la proclamation du résultat, il a promis de poursuivre le "combat pour la liberté" du peuple tibétain jusqu'à ce qu'il obtienne une véritable autonomie.

"Nous continuerons aussi longtemps qu'il le faudra afin que les libertés fondamentales soient rétablies au Tibet, jusqu'à ce qu'une autonomie véritable soit accordée au peuple tibétain à l'intérieur du Tibet", a-t-il déclaré à la presse.

Environ 90.000 Tibétains exilés dans 13 pays, de l'Australie aux Etats-Unis, s'étaient enregistrés pour voter en faveur de leur Sikyong ou leader politique.

Lobsang Sangay était donné comme le favori.

Accusés par Pékin d'être des séparatistes militant pour l'indépendance

En revanche, il a fait moins bien que son rival Penpa Tsering, 49 ans, à la circonscription de Dharamsala, siège du gouvernement en exil et où certains électeurs lui reprochaient de n'en avoir pas fait assez au cours de son premier mandat.

Sur le plan politique, il n'y a pas grand chose qui séparait les deux candidats. Comme le Dalaï Lama, ils plaident pour une plus grande autonomie de la région tibétaine au sein de la Chine, plutôt que pour l'indépendance de la région.

Ils n'en demeurent pas moins accusés par Pékin d'être des séparatistes militant pour une indépendance pure et simple.

Des milliers de Tibétains ont fui leur région d'origine depuis que la Chine y a envoyé des troupes en 1951, et nombre d'entre eux vivent en Inde.

La cause tibétaine, un temps très en vogue dans le monde entier, s'essouffle depuis quelques années, alors que de nombreux pays hésitent à se brouiller avec la Chine, devenue une puissance économique incontournable. 

Aux yeux de nombreux observateurs, la Chine attend le décès du Dalaï Lama, convaincue que le mouvement pour les droits des Tibétains ne survivra pas à la disparition du moine et prix Nobel de la paix de 80 ans.

 

Mort du militant chinois des Droits de l'Homme Harry Wu

 BFM TV 27 Avril 2016 http://www.bfmtv.com/international/mort-du-militant-chinois-des-droits-de-l-homme-harry-wu-970119.htmlLe militant chinois des droits de l'homme Harry Wu, qui fit campagne contre le système des camps de travail forcé en Chine après avoir lui-même été prisonnier politique du régime maoïste, est mort à l'âge de 79 ans, a annoncé sa fondation. Né en 1937, il est décédé mardi alors qu'il était en vacances avec des amis au Honduras, a rapporté la Laogai Research Foundation dans un communiqué.Harry Wu avait créé cette organisation en 1992 pour étudier le "laogai", les camps de travail forcé chinois créés par Mao Tsé-Toung, et considérés comme l'équivalent du goulag soviétique. Il avait été condamné à 19 ans de détention alors qu'il était encore étudiant à l'université, pour avoir critiqué l'écrasement par l'URSS - alors alliée de la Chine - de l'insurrection en Hongrie en 1956. Libéré en 1979, Harry Wu s'est ensuite rendu aux Etats-Unis en 1985 "avec seulement 40 dollars en poche", selon sa fondation, et fait campagne contre le laogai, notamment devant le Congrès américain. En 1995, devenu entretemps citoyen américain, il est arrêté en Chine et accusé de "vol de secrets d'Etat" en raison de ses recherches sur les droits de l'homme. Il est condamné à 15 ans de prison mais est rapidement expulsé vers les Etats-Unis.Auteur de nombreux livres, il a aussi créé le musée du laogai à Washington, en 2008, dédié aux victimes. Ces dernières années, la Chine a mené des réformes pénales, mais la fondation de Harry Wu assure que "la structure fondamentale du système du laogai reste intacte". Harry Wu avait également étendu sa lutte à d'autres violations des droits de l'homme, comme le prélèvement forcé d'organes et la politique de limitation des naissances en Chine. La presse chinoise n'évoque qu'à de rares reprises Harry Wu et n'a, sans surprise, pas fait état mercredi de sa mort.

 

Dissolution du Groupe "Schugdhen" Anti Dalaï Lama 

Reuters, 12 March 2016

Le groupe bouddhiste qui menait une campagne mondiale de harcèlement contre le Dalai Lama a annulé ses démonstrations et s’est dissout, selon une déclaration sur son site web.

L’annonce est survenue après que des investigations de Reuters ont révélé en Décembre que les dirigeants du Parti Communiste Chinois sont derrière la secte religieuse bouddhiste et derrière les  manifestations qui ont affronté le Dalaï Lama dans presque chaque pays qu’il visite. Reuters a trouvé que la secte est devenue un  instrument clef de la campagne chinoise pour discréditer le dirigeant spirituel tibétain.

Les directeurs de la communauté  Internationale Shugden  (ISC) ont decidé d’“arrêter complètement d’organiser des  manifestations contre le Dalai Lama,” a dit la déclaration sur le site web du groupe Buddhiste. Depuis le 10 Mars, l’ISC et ses sites web se dissoudraient, a ajouté la déclaration, sans donner aucune explication.

Le message non daté était de  Len Foley, un porte-parole de l’ ISC. Le numéro de téléphone de Foley listé antérieurement sur du matériel publicitaire est maintenant déconnecté.

Nicholas Pitts, un porte-parole de l’ISC basé à Hong Kong n’a pas répondu à une demande de commentaire.

Le Dalai Lama a dit qu’il était conscient de la  décision de l’ISC de se dissoudre. “Je ne sais pas,” a-t-il dit, quand on lui a demandé qui était derrière cette annonce du groupe.
“Votre article était quelque chose de complet, une sorte de présentation globale, il a été très utile,” a-t-il ajouté, se référant aux investigations de Reuters.

Le chef spirituel tibétain a parlé à un reporter de Reuters en marge d’un briefing avec les médias aujourd’hui à Genève. *

Plus de cinq décennies après qu’il se soit enfui en exil en Inde, suite à l’échec d’un soulèvement contre la règle chinoise, le Dalaï Lama exerce encore  une autorité religieuse considérable sur la plupart des 6 millions de Tibétains vivant à l’intérieur des frontières chinoises. Cela rend Pékin furieux, qui le dénonce systématiquement comme séparatiste, l’accusant de vouloir séparer le Tibet de la Chine.

Aux États-Unis, l’ISC est enregistrée comme une association caritative en Californie. Depuis 2014, ses porte-parole ont dit qu’ils sont responsables de l’organisation des manifestations mais ont nié tout lien avec Pékin ou le Parti Communiste Chinois ( PCC).
Les manifestants sont membres d’une secte qui rend un culte à Dorje Shugden, une déité du bouddhisme tibétain. Le Dalaï Lama dissuade de pratiquer ce culte, mettant en garde ses disciples du fait que cette déité est un esprit nuisible. Les adeptes de Dorje Shugden accusent le Prix Nobel de la Paix âgé de 80 ans de les persécuter et de diviser le bouddhisme tibétain. « J’ai moi aussi pratiqué ce culte » a dit le Dalaï Lama, se référant à cette déité, « par ignorance ». Mais il a fini par réaliser que cette déité était « très négative, très nuisible » a-t-il dit.

Des manifestants occidentaux.

Cela a été une dispute religieuse obscure, interne, mais elle a été exportée en occident.

Les manifestants ont suivi le Dalaï Lama le long de sa tournée de conférences dans les villes d’Amérique du nord, d’Europe et d’Australie.

La plupart des manifestants ont été des recrues occidentales. Ils se sont ligués avec un plus petit groupe d’adeptes tibétains et ont chanté des slogans en battant du tambour, et ont parfois interrompu les discours et les enseignements du Dalaï Lama. Ils accusent le Dalaï Lama d’être un fanatique et un imposteur.

Les plus récents engagements du Dalaï Lama se sont déroulés en grande partie sans manifestations. Il y a eu une petite démonstration plus tôt cette semaine pendant sa visite à Madison, Wisconsin, selon des personnes de l’entourage du chef spirituel tibétain.
Pendant que plusieurs centaines se rassemblaient aujourd’hui avec des tambours et des drapeaux tibétains en face du bâtiment des Nations Unies à Genève pour écouter le Dalaï Lama, il n’y avait aucun signe de manifestations contre le chef spirituel tibétain.

Sonam Rinchen, un Tibétain basé aux États Unis qui avait été porte-parole pour l’ISC pendant les manifestations  l’année dernière, a dit qu’il n’était pas au courant des raisons que le groupe avait de renoncer à ses démonstrations.

Rinchen, qui nie avoir des liens avec la Chine, a dit qu’il était indécis quant au fait de savoir s’il allait continuer à manifester. Lui et quelques adeptes de Shugden prétendent que l’appel du Dalaï Lama pour ne pas vouer un culte à la déité a entraîné de l’ostracisme contre les adeptes et leurs familles au Tibet et à l’étranger. Reuters n’a pas pu confirmer cette affirmation.

« Les gens qui souffrent vraiment sont des réfugiés tibétains et les Tibétains de l’intérieur du Tibet » a dit Rinchen.

Le Dalaï Lama a dit à Genève qu’il était de son devoir d’expliquer pourquoi il a arrêté de vouer un culte à la déité Dordje Shugden. « Que les gens m’écoutent ou non, libre à eux » a-t-il dit.

Des membres de International Shugden Community manifestent  contre le Dalai Lama, qu’ils  accusent d’intolérance religieuse  au travers d’une rue, sur le site du National Prayer Breakfast au Hilton  Washington Hilton, en février 2015.

16/03 : Le groupe Anti-Dalai Lama se dissout après l’exposition du rôle de la Chine. 

(Central Tibetan Administration)

 

Chine-Etats-Unis: Genève, au cœur du choc des valeurs

 
Après le passage du Dalaï-Lama à Genève, Pékin évoque une offensive majeure des Occidentaux
Publié mardi 15 mars 2016 à 06:35.
 
La riposte de Pékin est tombée au cours du week-end. La venue du dalaï-lama à Genève en marge d’une session de l’ONU sur les droits de l’Homme est une provocation comparable à l’attribution du Prix Nobel de la paix au leader tibétain en 1989, estime le pouvoir chinois. Quant à la déclaration de douze pays emmenés par les Etats-Unis, jeudi dernier au Palais des Nations, qui faisaient part de leur inquiétude face au recul des droits de l’Homme en Chine, elle est considérée comme l’«une des offensives collectives les plus importantes contre la Chine».
 
Après des années de relatif silence de la communauté internationale sur l’état des libertés en Chine, cette question va-t-elle redevenir une pomme de discorde? Une chose semble claire: depuis quelques mois Washington affiche son intention d’en faire une priorité dans sa relation avec Pékin. Pour les activistes de la société civile chinoise, cela peut s’expliquer de diverses manières. Sans doute y a-t-il une part de calcul politique de l’administration américaine dans le fait de recourir à cette arme. Mais la raison principale est à chercher en Chine, un pays où la répression politique n’avait plus connu de tel niveau depuis les lendemains du massacre de la place Tiananmen, en 1989.
 
Recul des libertés
Jeudi dernier, l’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Keith Harper, lisait une déclaration dans le cadre du Conseil des droits de l’Homme listant de nombreux reculs des libertés en Chine (arrestations d’avocats, disparition de personnes, confessions télévisées, arbitraire des forces de l’ordre) co-sponsorisée par onze Etats (Allemagne, Japon, Canada, Australie, Royaume-Uni, Pays-Bas, Belgique et pays scandinaves). Dans la foulée, l’ambassadeur de Chine, Fu Cong, dénonçait la politique des deux poids deux mesures d’un pays qui avait créé des prisons comme Guantanamo et dont «les soldats continuaient à tuer et à violer sur sol étranger dans l’illégalité internationale». Les ONG n’en applaudissaient pas moins un «geste fort» des Occidentaux, inédits depuis 2008 et la répression d’un soulèvement tibétain par les forces chinoise.
 
Le lendemain, vendredi, le dalaï-lama s’exprimait à la Maison de la paix en compagnie de deux autres prix Nobel de la paix sur le rôle de la société civile sous la supervision de l’adjointe du haut-commissaire de l’ONU pour les droits de l’Homme, Kate Gilmore. Le chef spirituel s’adressait ensuite à une foule de Tibétains devant le siège genevois de l’ONU. C’en était trop pour Pékin. Le porte-parole du Ministère chinois des affaires étrangères, Hong Lei, protestait dimanche contre une violation de la charte de l’ONU qui garantit la souveraineté des Etats. Dans le même temps, Zhu Weiqun, le responsable des affaires ethniques et religieuses de la Conférence consultative du peuple – qui se réunit en ce moment même à Pékin – s’en prenait à une attitude occidentale jugée agressive qui rappelle 1989. Pour sa part, le quotidien nationaliste Global Times, contrôlé par le Parti communiste, dénonçait dans un éditorial l'«offensive massive» des Occidentaux aux noms de valeurs universelles inopérantes en Chine.
 
«Une nouvelle dynamique»
«Il y a tout à coup une nouvelle dynamique, se réjouit Padma Dolma, directrice européenne de l’Association des étudiants pour un Tibet libre. Peut-être que les Occidentaux comprennent enfin qu’il est inutile de vouloir négocier avec la Chine sans faire pression.» Plusieurs initiatives américaines récentes visant la Chine ne peuvent être le fruit du hasard, estime la militante: une représentante du Département d’Etat américain était récemment à Dharamsala, le siège du gouvernement tibétain en exil; deux sénateurs américains ayant récemment visité Lhassa appellent la Chine à s’ouvrir; des membres du Congrès demandent à renommer une rue proche de l’ambassade de Chine à Washington du nom du célèbre dissident chinois emprisonné Liu Xiaobo. Et en avril, veut croire la militante, le président Barack Obama rencontrera le dalaï-lama pour un déjeuner de la prière qui pourrait être médiatisé, contrairement à ce qui s’est fait l’an dernier.
 
On s’illusionne si l’on croit que l’on va faire changer le régime avec des dialogues sur les droits de l’Homme.
 
L’avocat chinois Teng Biao, en exil depuis deux ans aux Etats-Unis, se félicite également d’un message enfin clair envoyé à Pékin. «On s’illusionne si l’on croit que l’on va faire changer le régime avec des dialogues sur les droits de l’Homme. Le pouvoir chinois ne comprend que les rapports de force. La réalité est que la répression ne cesse d’augmenter en Chine depuis l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir.» Directrice d’une ONG de défense des droits de l’homme, Renée Xia, souligne le danger pour les militants chinois de faire le déplacement de Genève où ils sont espionnés. «Il y a deux ans mourrait Cao Shunli, rappelle-t-elle. Elle avait été arrêtée à l’aéroport de Pékin au moment d’embarquer pour Genève. Quelques mois plus tard elle décédait en prison.»

 

 Déclaration de Sikyong Lobsang Sangay (Premier ministre tibétain) à l'occasion du 57 eme l'anniversaire du soulèvement National Tibétain le 10 Mars 1959

Nous commémorons aujourd'hui le 57ème anniversaire du soulèvement pacifique de 1959 contre l'invasion chinoise et l'occupation du Tibet. En cette occasion, mes collègues du gouvernement et moi-même voudrions rendre hommage et prier pour tous ces braves hommes et femmes qui ont donné leur vie pour la juste cause du Tibet. Nous voulons exprimer notre solidarité à tous ceux qui continuent à souffrir de la répression sous le régime chinois. Cela dure depuis maintenant des décennies et le Tibet est toujours sous contrôle chinois. Les Tibétains ont réussi à maintenir leur identité et leurs valeurs culturelles en dépit de conditions de vie extrêmement difficiles. Les nouvelles générations, s'inspirant des sacrifices accomplis par leurs aînés, ont pris la responsabilité de se battre pour la cause tibétaine. Le courage et la conviction de nos frères au Tibet méritent nos louanges et notre admiration. Le gouvernement chinois répète indéfiniment que le bonheur et la prospérité règnent dans ce nouveau Tibet mais la vérité est toute autre. Dans tous les lieux habités par des Tibétains, ceux-ci sont privés de droits fondamentaux et sont maintenus sous stricte surveillance. Ceci est encore plus probant si l’on prend en compte les interdictions de voyage et de déplacements imposés aux Tibétains. Je me tiens devant vous afin de vous informer que la situation au Tibet est sinistre. Le peuple tibétain continue d’être privé de ses droits fondamentaux et quiconque fait référence à la liberté de culte est souvent condamné sous prétexte politique et puni de façon très dure. La possession même d'une image de Sa Sainteté le Dalaï-Lama est passible d'arrestation et de peine de prison. Les dépositaires de la culture bouddhiste sont étroitement surveillés, moines et nonnes risquent l'expulsion de leur monastère pour « non-dénonciation » de leur chef spirituel. En ce moment, les Tibétains vivants dans la « Région Autonome du Tibet » ainsi que ceux des autres régions sont soumis à un durcissement de la situation. Cette réalité est corroborée par les organisations humanitaires. Le rapport de la « Freedom House » en 2016 a inscrit le Tibet comme le second pays du monde en matière de privation de liberté. Quant à Human Rights Watch, il rapporte qu'un programme d'intense surveillance est appliqué à tous les villages au Tibet. Le Parlement européen, dans son rapport sur les relations UE-Chine de décembre 2015, a clairement exprimé son inquiétude quant au manque de liberté de culte et de liberté de déplacement au Tibet. Le peuple tibétain dans son ensemble vit donc dans la peur et l'insécurité. Ces derniers temps, le traitement des minorités nationales par les autorités chinoises, y compris le peuple tibétain, souffrent de désintérêt et d'aliénation. L'action des Chinois en ce qui concerne la possession et la direction de l'hôtel de Rebkong (ch Tongren) dans la Province du Quinghai rencontre une forte opposition et des protestations quand il bannit les employés qui parlent tibétain. Le 22 décembre 2015, un dirigeant ethnique reconnu a exprimé son inquiétude quant à la prédominance de la discrimination lors d'un meeting durant lequel il a fait référence au fait que certaines personnes aux racines ethniques souffraient de discrimination et même de rejet dans certains services. Il a rapporté que ces problèmes en généraient d'autres, sociaux ceux-là, ainsi que de fortes réactions politiques dans les régions « ethniques ». Comme la politique du gouvernement chinois en général, les remarques de certains dirigeants, notamment comme ceux qui ont qualifié un groupe ethnique dans son ensemble de « séparatistes », ont les mêmes effets. De telles remarques ont soulevé de vives réactions de la part d'universitaires et d'intellectuels qui y ont répondu par des écrits virulents. Les environnementalistes et les scientifiques ont reconnu l'importance du plateau tibétain comme le troisième réservoir de glace et la source de dix des fleuves qui alimentent les pays environnants. Il faut répéter que le prélèvement forcené des ressources naturelles du Tibet, sa déforestation implacable, la construction de barrages, le retrait des glaciers etc ont sans aucun doute causé des dommages irréparables à son environnement qui, à son tour, affecte tout l'environnement du continent asiatique. Constatant l'impérieuse nécessité de protéger l'environnement du Tibet, nous avons constamment soulevé ce problème lors de conférences internationales sur les changements climatiques. L'année dernière, l'Administration Centrale Tibétaine a présenté, lors de la COP21 à Paris, un réquisitoire accompagné d'un plan en 10 points, expliquant en quoi le plateau tibétain concernait le monde entier et appelé le gouvernement chinois et la communauté internationale à prendre des mesures immédiates afin de le protéger. Nous, le Kashag (cabinet des ministres) de l'Administration Centrale Tibétaine, pensons que le long conflit au Tibet et sa résolution ne peuvent être obtenus que dans un face-à-face entre les représentants de Sa Sainteté le Dalaï-lama et le gouvernement chinois. Nous confirmons être toujours en accord total avec la Voie Médiane qui demande une réelle autonomie pour le peuple tibétain. Cette Voie Médiane ne demande en aucun cas la séparation du Tibet d’avec la Chine. En fait, notre position est claire et connue des autorités chinoises concernées. Espérons que les dirigeants à Pékin reconnaîtront cette approche au lieu de la déformer et qu’ils feront un pas pour engager le dialogue avec les représentants de Sa Sainteté le Dalaï Lama. À ce sujet, le Président Barak Obama, lors d'une conférence de presse conjointe avec le Président Xi Jinping à Rose Garden le 25 Septembre 2015, a dit : « Nous continuons d’encourager les autorités chinoises à préserver l'identité culturelle et religieuse du peuple tibétain et à entrer en relation avec le Dalaï Lama ou ses représentants. La préoccupation et le soutien du gouvernement Américain ont été amplement démontrés par les visites à la communauté tibétaine en Inde de Mme Sarah Sewall, coordinatrice spéciale pour les questions tibétaines et sous-secrétaire à la sécurité civile, à la démocratie et aux Droits de l'Homme du Département d'État. Le Kashag remercie profondément les États-Unis de son soutien et de sa solidarité car il apporte espoir et courage au peuple tibétain. La Chine revendique le droit d'identifier la réincarnation du chef spirituel tibétain. C’est un mensonge flagrant car elle est basée sur une histoire falsifiée. Le pouvoir et l'autorité aptes à décider de la réincarnation du Bouddha de Compassion, protecteur du Tibet et sauveur incarné dans un corps humain est l'apanage du seul Dalaï-lama. Personne d'autre que lui n'en a le droit. Concernant la reconnaissance de la réincarnation, Sa Sainteté le Dalaï-lama a clairement indiqué la marche à suivre dans sa déclaration du 24 Septembre 2011 : « Quand j'atteindrai 90 ans, je consulterai des grands lamas (maîtres) de la tradition bouddhiste tibétaine, le peuple tibétain et d'autres personnes concernées qui suivent la voie du bouddhisme tibétain. Nous déciderons alors si l'institution des Dalaï-lamas doit continuer ou pas sur ces bases. S’il est décidé que la réincarnation du Dalaï-lama doit continuer et qu'un XVème Dalaï Lama est nécessaire, la responsabilité en incombera au personnel du Dalaï Lama de la fondation Gaden Phodrang. Ils devront consulter les chefs de la tradition bouddhiste tibétaine ainsi que les protecteurs du Dharma qui ont prêté serment et sont inséparables de la lignée des Dalaï Lamas. Ils devront chercher conseil auprès de ces derniers et mener les procédures de recherche et de reconnaissance en accord avec la tradition passée. Je laisserai des instructions claires à ce sujet. Gardez à l'esprit que, hormis la réincarnation reconnue par cette démarche légitime, aucune réincarnation ou acceptation ne doit être donnée à un candidat choisi pour des raisons politiques par qui que ce soit, y compris la RPC ». Nous avons vraiment été transportés de joie de voir le profond respect, la révérence et l'enthousiasme avec lesquels les Tibétains de l'intérieur et de l'extérieur du Tibet, les amis et sympathisants dans le monde entier ont célébré les 80 ans de Sa Sainteté le Dalaï Lama. Le plus récent et le plus important des événements à eu lieu à Delhi en présence de l’ancien Premier Ministre, le Dr. Manmohan Singh, l'ancien député Premier Ministre Shri L. J. Advani, les anciens ministres Dr. Karan Singh, Dr. P. Chidambaram et d'autres éminentes personnalités représentants le peuple indien. À cette occasion, le Dr. Manmohan Singh a fait référence au Dalaï Lama en l'appelant avec révérence « le don de Dieu au monde ». Les actions multiples ou les réalisations de Sa Sainteté le grand XIVème Dalaï Lama ne sont pas mentionnées car elles sont connues du monde entier. Cependant, à une période où le bouddhisme traverse une période difficile, les fidèles soutiens et les pratiquants du bouddhisme devraient être pleins de reconnaissance pour la précieuse occasion qui leur est donnée de recevoir l'enseignement des 18 grandes étapes du chemin vers l’éveil (lamrim), enseignement prodigué de façon méticuleuse et efficace par Sa Sainteté le Dalaï Lama ces dernières années. Un tel exploit est sans précédent dans toute l'histoire du Tibet et qui doit y être gravé en lettres d'or. Nous sommes heureux de partager avec vous l’excellente nouvelle du retour prochain de Sa Sainteté le Dalaï Lama à Dharamsala après avoir suivi un traitement médical avec succès aux États-Unis. Après la transmission du pouvoir politique et administrative aux élus, le 14ème Kashag, dirigé par moi-même, arrive à son terme. Des efforts concrets ont été formulés afin d’accroître la sensibilisation internationale et soutien pour le Tibet, d’apporter des améliorations dans l'éducation des enfants tibétains et à la stabilité des camps de réfugiés, entre autres. La décision de décerner le « Geshema Degree » aux nonnes est une décision historique. Nous avons assisté à une réaction extraordinaire lors de notre appel pour aider les victimes du séisme au Népal, qui mérite la reconnaissance et l’appréciation. Le Kashag voudrait remercier et exprimer sa profonde reconnaissance à Sa Sainteté le Dalaï Lama pour ses inestimables paroles de sagesse et ses conseils avisés. Nous remercions également de tout notre cœur le peuple tibétain de l'intérieur et de l'extérieur du Tibet qui, à de nombreuses reprises nous a exprimé son soutien. Le peuple tibétain en exil suit le chemin de la démocratie et a montré un intérêt constant et activement participé à la procédure électorale. Bientôt se tiendra le dernier tour de l'élection du Sikyong ainsi que des membres du Parlement tibétain en exil. Les électeurs sont donc encouragés à participer à cette élection de façon à exercer leurs droits démocratiques, comme spécifié dans la « charte des Tibétains en exil ». Le Kashag voudrait à cette occasion pour rappeler la bonté des dirigeants des diverses nations qui chérissent la justice, les parlementaires, les intellectuels, les universitaires, les organisations des Droits de l'Homme et les groupes de soutiens au Tibet, qui sont restés fermes dans leur soutien au peuple tibétain. Nous nous souviendrons notamment toujours de la bonté et du soutien incessants du peuple et du gouvernement de la République de l’Inde et les gouvernements d’Etats qui nous ont aidés à préserver et promouvoir notre religion et notre culture, tout en se préoccupant du bien-être de notre peuple en exil. Nous offrons notre profonde gratitude à tous ceux-là. Finalement, nous prions pour la longue vie et la santé de notre estimé dirigeant Sa Sainteté le Dalaï Lama. Puissent tous ses vœux être exaucés. Puissions-nous parvenir à une immédiate résolution du problème tibétain et surtout, puissent les Tibétains à l'intérieur du Tibet et en dehors se réunir rapidement.

SIKYONGNote : C’est une traduction de la déclaration en Tibétain. Veuillez traiter la version tibétaine comme définitive et faisant autorité 

 Le Dalaï Lama parle de la Compassion en médecine

Mayo Clinic, Rochester MN, États-Unis, le 29 Février 2016
 Le ciel était clair, mais la brise fraîche lorsque Sa Sainteté le Dalaï Lama est sorti de sa voiture pour pénétrer dans la petite chapelle à la clinique Mayo après le déjeuner. Bon nombre des 500 personnes qui avaient gagné par loterie les sièges se sont  tournées alors qu'il marchait en souriant dans l'allée, les mains jointes en guise de salutation. Le président et chef de la direction de la Mayo Clinic, John Noseworthy, était là pour le présenter et l'inviter à parler de Compassion. Quand il a eu terminé, Sa Sainteté a insisté pour qu'il reste à côté de lui.  L'entretien a été diffusé sur l'intranet et webdiffusion de la clinique dans le monde entier.
 «Frères et sœurs, c'est un grand honneur d'avoir cette occasion de parler à tous ceux qui font une contribution positive aux travaux de la clinique, a commencé Sa Sainteté.  "Vous traitez des centaines de milliers de personnes qui viennent avec l'espoir et vous accomplissez leurs espoirs.  Prendre soin de ceux qui sont dans la douleur physique et mentale est un défi.  Je suis un vieux patient et cette fois, j'ai passé plus d'un mois ici, au cours duquel les médecins, les infirmières et les techniciens ont tous été très gentils. Outre l'exercice de vos compétences professionnelles, vous avez été bienveillants, soucieux et sympathiques. C'est un honneur pour moi de vous parler aujourd'hui. "
 Il a fait remarquer que la foi religieuse a longtemps été une source de réconfort et de soutien pour les personnes confrontées à des difficultés. La foi apporte de l'espoir et de l'optimisme, même aux mourants.  Il a ajouté qu'il n'a pas beaucoup de temps pour les formalités et que, puisque nous sommes tous les mêmes en tant qu'êtres humains, nous avons besoin de penser à nous comme frères et sœurs.
"Les différences entre nous, telles la race, la nationalité, la foi, ou que nous soyons riches ou pauvres, instruits ou ignorants, sont secondaires à notre essence de base en tant qu'êtres humains. Lorsque nous insistons sur ces différences, cela provoque tout simplement des problèmes entre nous. À un niveau fondamental, nous sommes les mêmes. Si nous devions mettre l'accent sur cette similitude de base parmi les 7 milliards d'êtres humains vivants aujourd'hui, ça réduirait bon nombre des problèmes entre nous.  Voilà pourquoi je salue les gens à qui je parle comme des «frères et sœurs».
«Si je pense que je suis différent de vous, que je suis de l'Asie, que je suis un moine bouddhiste, un Tibétain, ou même que je suis Sa Sainteté le Dalaï Lama, il se crée une barrière entre nous derrière laquelle je me trouve seul. Quand je pense à moi comme à un être humain, comme vous tous dans le public, il n'y a pas de barrière entre nous. Se souvenant que tous les 7 milliards d'entre nous appartiennent à une seule famille humaine est très importante dans le monde d'aujourd'hui. C'est dire comment nous pouvons assurer l'harmonie entre l'humanité.  Mais nous devons faire un effort pour éduquer les gens sur cette réalité.
«Face à un patient ayant besoin d'aide, ceux qui fournissent des soins dans cet hôpital ne demandent pas d'où ils viennent ou ce qu'ils croient, vous examinez quel est leur problème et comment vous pouvez les aider et les traiter. Si nous pouvions appliquer une telle attitude ouverte dans toutes nos relations, tout le monde en bénéficierait. La compassion est de montrer les soins et le souci des autres.  Quand vous faites cela, vous bénéficiez de sympathie de la famille et des amis du patient aussi. 
"Maintenant, je voudrais avoir un peu plus d'interaction avec vous et répondre à certaines de vos questions. Je me réjouis de vos commentaires ou même de vos critiques parce que je crois qu'en répondant à ces défis, nous apprenons ".
 Cathy Wurzer, animatrice de télévision, a pris la chaise à côté de Sa Sainteté pour transmettre les questions.  Elle a commencé par demander comment augmenter le respect des autres.  Sa Sainteté a répondu que nous sommes tous pétris de la même manière, dans l'utérus.  Un enfant nouveau-né et la mère sont naturellement attirés les uns aux autres.  Ceci est la même chose pour nous tous. Nous sommes également tous les mêmes à vouloir vivre une vie heureuse. C'est sur une telle base que nous pouvons traiter mutuellement avec respect.
 Il a dit qu'il y a des moments où vous pourriez être en colère contre quelqu'un et vous sentir hostile à son égard. Mais il y a probablement de nombreuses causes de votre colère et vous avez peut-être contribué à certaines d'entre elles.  Il a mentionné les conseils du thérapeute cognitif Aaron Beck : lorsque vous êtes en colère et que la personne que vous êtes semble complètement négative à vous-même, vous avez besoin de vous rappeler que 90% de ce sentiment est votre propre projection. Ça change. Il a dit que beaucoup de nos émotions destructrices sont mélangées avec exagération.  En tant qu'êtres humains, nous avons un cerveau merveilleux qui nous permet d'envisager les choses sous des angles différents et qui peut être un moyen de traiter des émotions comme la colère.
 Interrogé sur la façon de répondre aux personnes qui ont du mal à accepter leur maladie, Sa Sainteté a conseillé de les laisser se calmer, exprimer leur préoccupation pour eux, en montrant un visage souriant, les laissant se sentir confiant pour ce que vous allez faire, ce que vous pouvez pour prendre soin d'eux. Il a recommandé de leur faire savoir la réalité de leur condition, comment ils sont gravement malades.
A une question sur la façon dont les soignants ont à faire face devant l'impuissance à ne pouvoir faire plus pour leurs patients, Sa Sainteté a dit:
"Soyez aussi gentils que vous le pouvez.  L'affichage de la bonté est un moyen important de garder la personne mourante dans la bonne humeur. Beaucoup d'entre nous croient que d'avoir un état d'esprit positif, optimiste au moment de la mort est important pour notre prochaine vie. Les chrétiens devraient se souvenir de Dieu et se sentir confiants d'aller au ciel. Tomber dans le désespoir et la dépression n'est d'aucune aide ".
 Il a poursuivi en disant que nos émotions perturbatrices sont généralement liées à l'ignorance de ne pas comprendre la réalité. Pour remédier à cela, il est utile d'apprendre comment nos esprits et nos émotions travaillent, puis faire face aux situations difficiles sera plus facile.
 Interrogé pour savoir si pour être compatissant, il est nécessaire de croire en un Dieu personnel, Sa Sainteté a répondu qu'il comprenait que pour les croyants, chaque vie est créée par Dieu, que Dieu est infinie compassion et que les enfants de Dieu, chacun de nous, a une étincelle de compassion en son sein. Les non-croyants peuvent ne pas tenir compte de l'amour et de la compassion comme de qualités tout simplement religieuses, mais comme des valeurs humaines fondamentales.
 «Sans amour entre nous, comment les familles et les communautés peuvent être heureuses?  Nous sommes des animaux sociaux et ce qui nous rassemble est l'amour. Personne ne peut survivre tout seul, nous dépendons les uns des autres. Si vous croyez en la religion ou non, comme un être humain, le bonheur est lié à votre état d'esprit non seulement à vos différentes expériences sensorielles, ce que vous voyez, entendre, goûter et toucher ".
Notant que, même au milieu de toutes les installations confortables que vous pourriez souhaiter, il est possible d'être malheureux, alors que beaucoup d'entre les pauvres sont heureux et contents néanmoins, Sa Sainteté a raconté l'histoire d'un moine, rencontré à Barcelone.  Il avait passé cinq ans en ermite dans les montagnes, vivant sur un peu plus que le pain et le thé. Quand il l'a rencontré, Sa Sainteté l'a interrogé à propos de sa pratique et le moine lui a dit qu'il avait médité sur l'amour. Et quand il l'a fait, il y avait une étincelle dans ses yeux, le vrai bonheur et la satisfaction. Sa Sainteté a conclu que ce dont nous avons vraiment besoin est d'utiliser notre intelligence pour développer la paix intérieure.
Interrogé sur le rapport entre cela et la technologie, il a déclaré que la technologie est merveilleuse, mais cela dépend de la façon dont nous l'utilisons. Il a fait allusion à ce qui peut aussi être tiré de la science et de la philosophie. Interrogé sur la façon de garder le moral face à l'angoisse et la souffrance, Sa Sainteté a fait remarquer que les émotions qui contribuent à la paix intérieure sont constructives. Il a dit qu'il y a deux sortes de compassion. On a une préoccupation pour ceux que nous connaissons, mais une autre de portée plus vaste en reconnaissant que chacun de nous est un être humain et a pour objectif que tous les êtres humains doivent être heureux. Il a cité les preuves scientifiques que les nourrissons, avant même qu'ils ne parlent, montrent une préférence pour des exemples de comportements utiles et se détournent des illustrations de mal. La conclusion est que la nature humaine de base est positive et gentille. Par conséquent cultiver cordialité et compassion est quelque chose que nous pouvons tous faire. 
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  • parasol-bouddhisme

    La précieuse ombrelle

    Chatra ou rinchen dug est signe de dignité royale et protège de tous les maux.

  • symboles-bouddhistes-poissons

    Les deux poissons d'or

    Matsya ou sergyna, insigne du maître indien de l'univers expriment ici la libération spirituelle : il figurent les êtres sauvés de l'océan des souffrances de l'existence terrestre.

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    Le vase ou coupe aux trésors

    Kalasha ou bumpa, contient les joyaux spirituels et peut faire office de récipient lustral, considérée comme le nectar de l'immortalité.

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    La fleur de lotus

    Padma ou péma, symbolise la pureté originelle ; elle est d'ailleurs, sous diverses couleurs et formes un attribut privilégié des bouddhas et bodhisattvas.

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    La conque blanche

    Sankha ou dundkar, d'autant plus prisée si sa spirale s'enroule à droite, figure la parole qui proclame la gloire des Eveillés et porte parfois le nom de trompette de victoire.

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    Le noeud sans fin

    Srivasta ou palbe, est témoignage d'amour et d'éternité représentant la vie infinie.

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    La grande bannière

    Dhvaja ou gyaltsen, est en fait un drapeau enroulé qui atteste la puissance de l'enseignement bouddhiste ou la Victoire de la Bonne Loi.

  • symbole-bouddhisme-roue-dharma 2

    La roue d'or

    Chakra ou khorlo, est naturellement celle de l'enseignement (dharla) à pratiquer assidûment pour accéder à l'éveil. Elle représente l'unité de toutes choses et demeure le symbole par excellence de la doctrine.